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30.08.2016

Fessenheim, récit d'un arrêt raté par un pouvoir irrésolu

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L’Etat va verser 400 millions d’euros à EDF en compensation de l’arrêt des réacteurs de Fessenheim. Arrêt qui de fait est reporté aux calendes grecques. Ce nouvel épisode est l’occasion de revenir sur la saga d’une fermeture promise mais qui n’a jamais pu être mise en œuvre depuis 4 ans.

La fermeture de la centrale nucléaire Fessenheim fut un temps un engagement du candidat hollande[i]. Un engagement qui ne résista pas plus à l’épreuve du pouvoir que les autres. Le président normal dès son investiture refuse de décider et repousse de fait aux calendes grecques la mise à l’arrêt définitif de la plus vieille centrale nucléaire française en activité[ii]. Ce sujet épineux n’est pas étranger au limogeage de trois ministres de l’environnement qui pèsent décidément bien moins que les intérêts industriels très présents à l’Elysée.

Très tôt les nucléocrates de toute obédience prennent conscience des réticences présidentielles et en profitent pour compliquer un peu plus encore le problème. Ainsi le résolu Henri Proglio conditionne la fermeture de Fessenheim au versement d’une « indemnisation[iii] ». Dans la mesure où l’Autorité de sûreté nucléaire ne s’est pas opposée à la prolongation de la durée d’exploitation des deux réacteurs[iv], l’opérateur énergétique de l’Etat exige une contrepartie à une décision présentée sans cesse comme « un cadeau aux écolos ». Et ce cher monsieur Proglio laisse entendre que cela pourrait coûter quelques 2 Mds € pour compenser un hypothétique « manque à gagner »[v].

La manœuvre est habile. Il s’agit pour le lobby nucléaire de décaler le débat sur l’opportunité de l’arrêt des vieilles chaudières alsaciennes en laissant penser qu’elles seraient sûres. Les questions énergétiques et environnementales[vi] passent au second plan pour laisser la place à un débat byzantin sur la valeur de la centrale, sa rentabilité et les revenus que son exploitant peut en tirer[vii]. Les arguments les plus grossiers circulent alors. « Interrogé par L'Expansion.com, l'économiste spécialiste du nucléaire, Jean-Marie Chevalier estime qu'il faut assumer l'héritage du nucléaire. Cette annonce du gouvernement est purement politique mais concrètement la fermeture de la centrale nucléaire aurait un coût élevé qui est difficile à chiffrer pour le moment puisque cette situation est inédite. Fessenheim est une centrale nucléaire qui marche et l'arrêter serait aberrant et antiéconomique. Cela correspondrait à une destruction de valeurs qui va fragiliser la région Est de la France ainsi que les relations avec les partenaires étrangers, explique l'économiste[viii]. »

La petite ritournelle est reprise sans arrêt : fermer Fessenheim couterait plusieurs milliards d’euros à l’Etat. Le plus étonnant dans tout-ça est que le sort des salariés de la centrale et de la foultitude de sous-traitants passe au second plan. L’urgence pour les amis de l’atome est de servir les intérêts du capital et plus particulièrement des entreprises qui ont investi aux côtés d’EDF dans la centrale. La reconversion du site de la centrale et les carrières des agents qui y travaillent n’intéressent guère le sérail nucléo-capitaliste parisien. L’important pour eux est de bloquer les procédures réglementaires qui pourraient permettre un arrêt avant la fin du mandat[ix].

Début 2013, les choses sont bien mal barrées. L’argument comptable a joué à merveille. Ni Bercy ni l’Elysée ne veulent froisser les intérêts financiers à l’heure où les finances publiques ne sont pas au mieux. D’aucuns comprennent que l’arrêt n’est pas prêt d’avoir lieu. Et c’est bien évidemment Pierre-Franck Chevet qui met les pieds dans le plat en déclarant que la fermeture ne pourra être effective avant cinq années au vu de la lourdeur de la procédure nécessaire à une mise à l’arrêt définitif de deux installations nucléaires de base[x].

Tout n’est pas perdu cependant. Une solution peut permettre de contourner les procédures en vigueur. Pour cela faut-il encore changer la loi. Or à ce moment précis la Loi de transition énergétique est en cours de rédaction. Et c’est une terrible bataille qui commence alors entre les partisans de la transition énergétique et le lobby nucléaire. On put croire un temps que c’était gagné quand Francis Rol-Tanguy annonce en mai 2013 que la fermeture de Fessenheim figurera dans la Loi de transition[xi]. Mais c’était sans compter sur la résolution de la nucléocratie d’Etat[xii]. En quelques mois le travail considérable mené par Denis Baupin, Delphine Batho et quelques autres est rayé d’un trait de plume. La ministre de l’écologie est débarquée sans préavis et la Loi vidée de sa substance[xiii]. En septembre 2013 la bataille est perdue comme l’explique Corinne Lepage[xiv].

Francis Rol-Tanguy doit bien se rendre à l’évidence : la fermeture de Fessenheim est compromise et risque de ne pas avoir d’ici la fin du mandat de François Hollande[xv]. Il faut dire que pour EDF, il est hors de question de se priver de cette installation. Les travaux ont commencé sur le réacteur n°1 en avril[xvi] alors que la prolongation de la durée d’exploitation du réacteur n°2 est à son tour validée par l’Autorité de sûreté[xvii]. Fessenheim poursuit envers et contre tout son activité quelles que soient les innombrables défaillances que connaît le site et l’intermittence de la production de ces réacteurs dont l’obsolescence est avérée.

La communication de Hollande ne change pas pour autant. Lors de la deuxième conférence environnementale, le 20 septembre 2013, le président rétière son engagement de fermer la centrale à la fin 2016. Déclaration au mieux formelle qui permet une fois encore au président normal d’occulter ses réelles intentions. Non seulement la Loi de transition promise pour la première année du quinquennat est reportée une fois de plus[xviii]. Mais on voit poindre un nouvel argument des plus manipulatoires. Atomic Hollande conditionne l’arrêt de Fessenheim au démarrage du réacteur EPR[xix]. Ultime succès pour Henri Proglio. EDF pourra encore compter pour longtemps sur la vieille centrale alsacienne au vu des difficultés à finir l’impossible chantier de Flamanville[xx].

Le nouveau délégué interministériel chargé de la fermeture de Fessenheim, Jean-Michel Malerba, qui succède à Rol-Tanguy début 2014, ne désarme pas. Dans une interview aux Dernières nouvelles d’Alsace. « Jusqu'ici, une fermeture ne peut être décidée que par l'Autorité de sûreté nucléaire pour des motifs de sécurité ou par l'exploitant pour des raisons économiques, rappelle-t-il, « mais un troisième motif de fermeture pourrait être la politique énergétique, à l'initiative de l'Etat », ajoute-t-il, précisant par ailleurs que la « réduction de la part du nucléaire à 50 % à l'horizon 2025 relève » de la politique énergétique du gouvernement[xxi]. Le travail réalisé lorsque Delphine Batho était au ministère ne serait donc pas perdu…


FESSENHEIM

Les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur les couts du nucléaire conçue et initiée par Denis Baupin relance ou plutôt renouvelle le débat autour de la fermeture de Fessenheim. Le rapport final publiée en juin 2014[xxii]. Insiste sur la reconversion du site et l’accompagnement du territoire :

« Il n’est pas trop tard pour construire un projet de reconversion ambitieux et cohérent, qui traiterait de l’emploi, des ressources des collectivités locales, de la sécurité et de la qualité de l’approvisionnement électrique, du soutien au logement, etc. Il n’est pas trop tard pour convaincre que l’avenir de Fessenheim pourra se lire très bientôt au-delà de sa centrale. De la capacité de l’État à se mobiliser avec les acteurs locaux pour réussir cette mutation dépendra en grande partie sa crédibilité à faire de la transition énergétique un chantier tourné vers l’avenir. C’est pourquoi la commission d’enquête appelle à renforcer très significativement le dialogue et les moyens mis en œuvre sur le terrain[xxiii]. »

Peu de chose est dit en revanche sur l’indemnisation. La commission d’enquête se contente de noter la demande « historique » d’Henri Proglio qualifiant le problème « d’épineux ». François Brottes et Denis Baupin considèrent qu’une issue pourra être trouvée dans l’intérêt de tous :

« L’aboutissement d’une solution négociée et contractuelle « sur la base d’un projet, entre l’État, EDF et les élus locaux », annoncée devant la commission d’enquête par Mme Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, offrirait une issue plus constructive[xxiv]. »

La position des parlementaires est claire : s’il doit y avoir indemnisation ce devra être fait au profit des intérêts locaux et des salariés.

Le propos est suffisamment solide pour convaincre même au sein de la filière nucléaire. Pour beaucoup en effet l’arrêt de Fessenheim est une opportunité qui permettrait d’expérimenter les techniques de démantèlement sur des réacteurs de grande dimension et donc permettre l’affirmation d’un secteur français dédié alors que Britanniques[xxv] et Allemands[xxvi] disposent déjà d’une expérience solide. Il faut dire que le marché et alléchant et attire toutes les convoitises[xxvii]. Rien d’étonnant à ce que certains considèrent qu’il ne faut pas passer à côté de ce défi technologique et économique plutôt que de tenter de prolonger l’exploitation d’installations obsolètes[xxviii]. Et donc autant commencer par Fessenheim histoire de faire oublier les ratés de Brennilis[xxix].

Mais tout cela est sans compter l’intransigeance des plus résolus serviteurs de l’atome. Persuadés de l’infaillibilité nucléaire française, il n’est pas question pour eux que Fessenheim ferme ni même que la part du nucléaire dans le mixe électrique français recule. Tout comme Proglio en 2012, ils s’emparent de l’argument économique pour expliquer qu’une « sortie du tout nucléaire », aussi modeste soit-elle, serait hors de prix. Marc Goua (PS) et Hervé Mariton (LR) publient un rapport parlementaire pour expliquer tout cela à la veille des débats sur la loi de transition énergétique[xxx].

« Le rapport examine, par hypothèse, les conséquences financières et économiques de la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim, seule annoncée au cours de cette législature. Il convient néanmoins de souligner que cette fermeture n’est pas prévue par le projet de loi, qui laisse à l’exploitant la responsabilité du choix des réacteurs à fermer.

Les conséquences économiques et financières d’une telle fermeture anticipée peuvent être évaluées à 5 milliards d’euros. Ce montant inclut non seulement l’indemnisation de l’exploitant, mais aussi les impacts sur le territoire, sur l’emploi, sur les finances des collectivités locales concernées, sur le réseau électrique, sur la balance commerciale, et sur l’image de l’industrie nucléaire.

L’essentiel du coût pour l’État serait lié à la nécessité d’indemniser l’exploitant du manque à gagner constitué par la perte de chance certaine de pouvoir poursuivre l’exploitation de la centrale jusqu’en 2040.

En droit, la perte de chance est évaluée et chiffrée sous la forme d’un pourcentage qui représente un degré de probabilité. La perte de chance d’obtenir l’autorisation d’exploiter la centrale de Fessenheim jusqu’en 2040 a été évaluée par les rapporteurs à 85 % dans le cas d’une prolongation de la durée d’exploitation jusqu’à 60 ans. Ce chiffrage assez haut paraît hautement crédible quand on sait que les centrales américaines, de même conception, ont d’ores et déjà obtenu l’autorisation d’être exploitées durant soixante années.

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Scénario médian des rapporteurs : une indemnité d’environ 4 milliards d’euros sur la base des hypothèses d’une exploitation pendant 60 ans et d’une chance d’obtenir l’autorisation d’exploiter estimée à 85 %[xxxi]. »

Nos deux complices habitués à travailler ensemble dès qu’il s’agit de promouvoir les intérêts de la filière nucléaire[xxxii] n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Le chiffrage envisagé par Henri Proglio en 2012 est doublé.

Les réactions ne se font pas attendre. Des « calculs farfelus » et un « chantage » destinés à peser sur les décisions, a dénoncé la ministre de l'écologie et de l'énergie, Ségolène Royal. Denis Baupin quant à lui estime qu'une indemnisation n'a pas lieu d'être. « En outre, même s'il y avait indemnisation, EDF appartient à 85 % à l'Etat... », rappelle-t-il[xxxiii].

Pour autant le coup porté par Goua et Mariton fait mouche. Derrière la question de l’indemnisation se cache celle des modalités de l’arrêt des réacteurs alsaciens et plus globalement de la possibilité même d’une « décision politique de sortie du nucléaire »[xxxiv]. La gêne de la ministre est perceptible. Au vu du projet de loi, l’Etat ne dispose d’aucuns moyens pour contraindre l’exploitant à mettre à l’arrêt tel ou tel réacteur afin de rester dans le limites des 63.2 GWe proposé par le texte pour limiter la puissance nucléaire installée.

« Si la gouvernance d'EDF a une proposition plus judicieuse que celle de fermer Fessenheim, je regarderai cette proposition puisque c'est comme ça qu'on gère intelligemment les choses, en dehors de toute idéologie", a assuré Ségolène Royal. « Bien évidemment, ma préférence va vers la fermeture de réacteurs sur un site où il y a plus de deux réacteurs parce que ça évite la fermeture complète d'un site industriel", a-t-elle ajouté[xxxv]. »

La fermeture n’est plus qu’une hypothèse… en dépit des engagements réitérés du locataire de l’Elysée[xxxvi]. Indemnisation ou pas, les carottes sont cuites. Fessenheim ne fermera pas avant la fin du quinquennat. Non seulement le délai est trop court pour instruire une demande de mise à l’arrêt définitif en bonne et due forme mais l’accumulation de retards à Flamanville bloque tout… à croire qu’EDF le fait exprès[xxxvii].

Une fois encore apparaît au grand jour l’incapacité à décider du pouvoir Hollandien. Le gouvernement divisé sur la question du nucléaire est dans l’incapacité d’exercer l’autorité dont il est le dépositaire sur un opérateur énergétique qui se croit tout permis. L’Etat peine à devenir stratège et se contente d’arbitrer au grès des circonstances entre des injonctions contradictoires. Et comme par hasard à ce jeu-là c’est toujours EDF qui gagne à la fin[xxxviii] !

Fin 2014, le sort de la centrale semble scellé. Sa fermeture est exclue de la Loi de transition et l’intervention du lobby nucléaire tétanise l’Elysée. L’arrivée au sénat de la Loi ne fait que fragiliser un peu plus « l’hypothèse Fessenheim[xxxix] » alors qu’EDF annonce le report en 2017 du démarrage de l’EPR[xl]. Les choses sont évidemment plus compliquées qu’il n’y parait. Si le gouvernement est embarrassé par la fermeture de Fessenheim, des choses se font dans la plus grande discrétion. Ainsi s’opère une réforme discrète des procédures de mise à l’arrêt définitif des installations nucléaires de base qui dissocie l’arrêt proprement dit du démantèlement[xli] (publiée récemment[xlii]). Jean-Michel Malerba l’a bien compris et se permet d’avertir l’énergéticien chéri de l’Elysée. « EDF devra lancer comme prévu en 2015 la procédure de fermeture d'une centrale nucléaire en France malgré le report de la mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), a déclaré le 19 novembre à Reuters Jean-Michel Malerba[xliii]. »

Jean-Bernard Lévy ne l’entend bien évidemment pas de la sorte et s’en tient aux déclarations de la ministre de l’environnement[xliv]. Auditionné mercredi 14 janvier 2015 par la commission des affaires économiques du Sénat, il déclare envisager l’arrêt d’autres installations. « Le Gouvernement nous a demandé d'étudier des alternatives à la fermeture de Fessenheim le moment venu. Nous y travaillons, mais il est encore trop tôt pour entrer dans les détails[xlv]. » Somme toute les jeux sont ouverts. EDF devra fermer deux CP0, reste à savoir lesquels. Et ce n’est qu’un début puisque la ministre de l’énergie annonce haut et fort qu’elle est favorable à la construction de nouveaux réacteurs[xlvi]. Curieuse manière de mener la transition énergétique…

En mars 2015, face à la bronca des sénateurs qui s’ingénient à détricoter la loi de transition[xlvii], François Hollande réaffirme son engagement de campagne. « Nous sommes depuis plusieurs mois engagés dans ce processus qui prend du temps et qui doit respecter toutes les procédures et l'incident qui s'est produit ne change rien à ce qui était l'objectif du plafonnement de la production d'électricité d'origine nucléaire », a ajouté le Président de la République[xlviii]. Contre toute attente, Ségolène Royal s’empresse de nuancer la parole présidentielle. « La fermeture de la plus ancienne centrale française se fera lorsque l’EPR de Flamanville (Manche) sera ouvert[xlix]. » L'entourage du président de la République est obligé de démentir : « Nous n'avons pas changé de ligne », affirme celui-ci, selon des propos rapportés par Libération. Ségolène Royal revient sur ses propos et publie sur Twitter le message suivant : « La fermeture de Fessenheim n'est pas reportée, elle doit être organisée dans le cadre de la nouvelle loi. Il n'y a aucun sujet de polémique[l]. » Veine polémique qui cache mal l’incapacité du pouvoir à mettre en œuvre une politique cohérente et résolue. En tout cas une chose est sûre : Fessenheim sera fermée sans que personne ne puisse dire ni quand ni comment… même à la cheffe du Département des transports et de l’énergie de la Confédération helvétique[li].

C’est finalement la ligne Royal qui l’emporte. En cohérence avec la Loi de transition énergétique promulguée fin août, François Hollande est contraint d’admettre que l’arrêt de Fessenheim aura lieu au cours du prochain quinquennat[lii].

« La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) sera-t-elle fermée d'ici à la fin 2016, comme vous vous y étiez engagé pendant la campagne présidentielle ?

En 2016, non, car la construction de l'EPR de Flamanville (Manche) a pris beaucoup de retard (sa livraison est prévue pour 2018, NDLR). Mais ce qui importe, c'est d'engager toutes les procédures pour fermer Fessenheim. Nous le faisons. On pourra dire alors que c'est irréversible. »

2018 s’affirme donc comme la nouvelle date officielle de la mise à l’arrêt définitif de la centrale alsacienne

« Comme je l’ai dit hier [mardi], à partir du moment où deux nouveaux réacteurs vont ouvrir, deux vieux réacteurs devront fermer à l’échéance butoir de 2018, ce qui veut bien dire qu’il faudra dès l’année prochaine [2016] engager ce processus en respect des personnes, en respect des territoires ». « Ce sera irréversible d’ici la fin du quinquennat, bien évidemment.[liii] »

A l’issue du Conseil des Ministres, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, répète en substance la même chose :

« L’objectif du gouvernement est que cette centrale soit fermée. Un décret sera pris dès le début de l’année prochaine pour engager le processus de fermeture » et celui-ci sera « irréversible ». « L’objectif, c’est de tenir l’engagement qui a été pris de fermer la centrale de Fessenheim. » FESSENHEIM_3       

La fermeture de Fessenheim se fera « au plus tard en 2018 », mais EDF devra dire dès 2016 comment elle va s’y

prendre, a ajouté la ministre de l’écologie à la sortie du conseil des ministres. « Donc les engagements présidentiels seront tenus », a-t-elle ajouté.

2015 aura donc été une nouvelle année blanche. Rien n’a été mis en œuvre pour concrétiser une promesse de campagne. Le seul réel acquis est que les autres solutions envisagées un temps par EDF sont écartées. « Fessenheim est la seule hypothèse qui est sur la table, il y a même un délégué interministériel qui travaille à la mutation du territoire », déclare Ségolène Royal sur LCI le 13 septembre 2015[liv]. Mais personne ne peut dire comment le gouvernement compte s’y prendre la mise à l’arrêt définitif promise depuis si longtemps[lv]. Certains parlent d’un décret[lvi], d’autres évoquent une simple suspension de l’autorisation de fonctionnement. Le flou n’a jamais été aussi grand.

En tout cas à cette date Ségolène Royal écarte complétement la possibilité d’une indemnisation d’EDF[lvii]. Tout semble enfin se passer comme annoncé… en 2012. Dans un courrier adressé à Jean-Bernard Lévy en date du 22 février 2016, la Ministre de l’environnement se montre très ferme :

« Je vous invite à me faire part des différentes étapes préparatoires à cette demande d’abrogation [de l’autorisation d’exploiter les deux réacteurs du site de Fessenheim] et des moyens que vous mettez en œuvre pour tenir l’échéance de juin 2016 mentionnée dans mon courrier du 15 octobre 2015.

La loi n’ayant pas exclu que vous puissiez demander réparation des conséquences de l’application du plafonnement institué par l’article L.311-5-5 du code de l’énergie sur le fondement du principe constitutionnel d’égalité de tous devant les charges publiques, il vous revient de m’en faire, le cas échéant, la demande. Je vous rappelle que conformément à la jurisprudence du Conseil d’Etat relative à la responsabilité de l’Etat du fait des lois, seul un préjudice certain, anormalement grave et spécial est susceptible d’ouvrir droit à réparation. »

La parole est forte et le propos très clair. Mais en France, l’Etat n’a que le pouvoir que les intérêts économiques veulent bien lui prêter. La bataille repart de plus belle. D’aucuns s’ingénient à bloquer une fois encore la fermeture de Fessenheim ou tout du moins à faire en sorte qu’elle ne puisse avoir lieu avant la fin du quinquennat du président normal.

Un fois encore les coups portent. La ministre de l’environnement doit « mettre de l’eau dans son vin ». Dans un courrier du 4 mai 2016, la Ministre admet qu’une indemnisation est envisageable même si elle met tout en œuvre pour en limiter le montant :

« Par conséquent, en l’état des éléments dont je dispose, le montant de l’indemnité devrait être de l’ordre de 80 à 100 M€, dévolus à l’anticipation des accompagnements sociaux pour les personnels, sachant qu’il n’y aura, bien évidemment, aucun licenciement. »

Les réactions ne se font pas attendre. A EDF on feint l’indignation. « Les responsables d’EDF n’en sont pas encore revenus. « C’est sidérant », dit l’un. « Surréaliste », juge un autre. « Apocalyptique », s’étrangle un troisième[lviii]. » Un bras de fer qui va durer plusieurs mois commence entre le Boulevard Saint-Germain, Bercy[lix] et l’Avenue de Wagram. Comme l’explique justement le journal Le Monde, « Il s’agit bien sûr d’un point de départ, fixé volontairement très bas par l’Etat, qui agit ici non comme actionnaire majoritaire d’EDF, mais en tant que puissance publique, soucieuse de ne pas creuser le déficit budgétaire. Il montre cependant que la négociation tout juste commencée sera dure. »

EDF utilise toujours la même ficelle : l’abus d’arguments comptable permet de bloquer la mise à l’arrêt et donc d’obtenir quelques délais de plus[lx]. De fait, le dépôt de la demande d’abrogation de l’autorisation d’exploitation, prévue initialement en juin, est reportée à décembre 2016. Le lobby nucléaire ne recule finalement devant rien pour conserver une installation dont la rentabilité est inversement proportionnelle au nombre des défaillances et incidents qui surviennent ici[lxi]. Défaillances et incidents qui ne rassurent guère les pays riverains de la centrale[lxii] et qui mieux que tout long discours que le nucléaire vieillit mal. Fessenheim est en définitive la plus intermittente des centrales nucléaires au monde. Mais c’est un symbole pour lequel beaucoup sont prêt à se battre. Une décision politique d’arrêt d’un réacteur nucléaire est inacceptable pour ces gens-là.

Pour EDF il n’est pas question d’initier l’arrêt de l’installation vétuste et dangereuse avant que la question des compensations soit réglée[lxiii]. Peu importe si cela va à l’encontre d’une décision du Conseil constitutionnelle en date du 13 août 2015[lxiv], le lobby nucléaire fort de ses soutiens politiques exerce une pression énorme sur un ministère de l’environnement encore une fois isolé. Au-delà de toute rationalité économique et financière[lxv], la nucléocratie entend faire payer au prix fort une reprise en main du parc nucléaire _ aussi modeste soit-elle _ par le pouvoir politique[lxvi].

Ségolène Royal tente de faire bonne figure[lxvii] mais de fait elle a perdu la bataille. A l'occasion du Conseil d'administration d'EDF qui s'est tenu jeudi 28 juillet, Jean-Bernard Lévy, annonce que les discussions avec l'Etat concernant l'indemnisation liée à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim progressent :

« Le montant de l'indemnisation sera composé d'une part fixe initiale liée à l'anticipation des coûts de fermeture : dépenses de reconversion du personnel, de démantèlement, de taxe INB (Installation Nucléaire de Base) et de post-exploitation. Une seconde part variable donnant lieu le cas échéant à des versements ultérieurs, complètera le tout afin de refléter le manque à gagner pour EDF jusqu'en 2041. Celui-ci serait déterminé en fonction des prix de marché et de la production constatée du parc du palier 900 MW d'EDF hormis Fessenheim.[lxviii] »

Et le PDG de l’opérateur énergétique de l’Etat précise que le comité central d’entreprise (CCE) rendra un un avis le 14 septembre prochain sur la fermeture de la centrale. A croire que ce monsieur a oublié que le réacteur n°2 est d’ores et déjà l’objet d’un arrêt réglementaire en raison d’une anomalie détectée sur un générateur de vapeur présentant une irrégularité de fabrication[lxix]…

Chacun connaît la suite. Le dernier épisode du feuilleton de Fessenheim a eu lieu la semaine dernière quand on apprend que le montant des indemnisations atteindrait 400 millions d’euros[lxx]. Un porte-parole du ministère de l'Energie a en effet confirmé le mercredi 24 août 2016 le principe d’une indemnisation en deux phases et indiqué que la première étape s'élèverait à 100 millions d'euros, selon un article du Télégramme[lxxi]. La ministre de l’environnement n’est pas formellement désavouée mais au final le montant versé à l’opérateur énergétique sera quatre fois supérieur à ce qu’elle envisageait au printemps.

Le lobby nucléaire même s’il « laisse persifler ses langues de serpent[lxxii] » peut s’estimer satisfait. Huit mois avant l’élection présidentielle, il a pu une fois encore faire reculer un pouvoir faible, divisé et irrésolu. Par un jeu savant d’influence et de pressions politiques, la nucléocratie française a magistralement réduit le gouvernement à l’inaction. Si l’indemnisation concédée est loin des calculs fantaisistes de Goua et Mariton[lxxiii], l’essentiel est gagné[lxxiv] : Fessenheim, même « en panne », peut conserver son autorisation d’exploitation... et cela encore pour de longs mois.

On comprend mieux ainsi la timidité du gouvernement concernant la programmation pluriannuelle de l’énergie instituée par la Loi de transition[lxxv]. Dans l’incapacité d’obtenir l’arrêt ne serait-ce que d’une seule centrale, le gouvernement n’a pas endosser une autorité qu’il ne réussit pas à exercer[lxxvi].

Somme toute l’expérience de Fessenheim loin d’amener le gouvernement à mettre en œuvre une politique énergétique digne de ce nom l’a tétanisé un peu plus encore. Les décisions importantes sont repoussées au prochain quinquennat[lxxvii]. Ultime exemple de la gouvernance désabusée d’un président qui n’a jamais été à la hauteur des espérances de ceux et celles qui ont voté pour lui en 2012.

La filière nucléaire est décidément un navire à la dérive dont personne n’ose prendre la barre. Aurait-on oublié qu’il fonce vers la catastrophe ? qu’à chaque instant les réacteurs déversent leurs poissons dans l’environnement au péril de la santé publique ?

Il est encore temps de réagir. L’arrêt immédiat de Fessenheim, des autres réacteurs, de l’EPR, de Cigéo est possible si tant est que chacun se mobilise

Tou(te)s à Flamanville les 1er et 2 octobre 2016

Guillaume BLAVETTE


Source : https://blogs.mediapart.fr/guillaume-blavette/blog/300816/fessenheim-recit-dun-arret-rate-par-un-pouvoir-irresolu

 


 

Fessenheim: accord trouvé entre l'Etat et EDF, une fermeture en 2018 ?

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Un accord a été trouvé, ce mercredi, entre le gouvernement et EDF concernant l'indemnisation du groupe à propos de l'arrêt des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim. L'indemnisation comprendra un premier versement de 100 millions d'euros.

Se dirige-t-on vers la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire de France? L'Etat et EDF, qui exploite la centrale, sont parvenus à un accord ce mercredi sur l'indemnisation qui sera versée à l'électricien pour la fermeture définitive de Fessenheim (Haut-Rhin). Cette annonce ouvre désormais la voie à la suite du processus de fermeture, qui est prévue en 2018.  

Cet accord "prévoit une indemnisation par étapes, après une première de 100 millions d'euros et des étapes ultérieures en fonction de plusieurs paramètres, dont le prix de l'énergie", dans les années suivant la fermeture, a fait savoir un porte-parole du ministère de l'Energie. Avant d'enclencher le processus de fermeture, EDF souhaitait trouver un accord avec le gouvernement concernant son indemnisation. 

Une indemnisation totale de 400 millions?

Engagement de campagne de François Hollande, le président avait confirmé en avril la fermeture de la centrale, lors de la conférence environnementale. La loi de transition énergétique qui plafonne la capacité de production nucléaire en France, doit assurer l'entrée en service du réacteur EPR de Flamanville (Manche), prévue fin 2018, en parallèle de la fermeture de Fessenheim.  

Selon l'agence Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, EDF pourrait au final recevoir au moins 400 millions d'euros. Un montant que le ministère de l'Energie n'a pas confirmé. Début mai, l'Etat, actionnaire à près de 85% d'EDF, avait d'abord proposé une indemnisation de l'ordre de 80 à 100 millions d'euros en contrepartie de la fermeture anticipée de la centrale.  

L'accord sera présenté au comité central d'entreprise d'EDF, prévu le 14 septembre, et qui devra rendre un avis, puis d'ici la fin de l'année au conseil d'administration du groupe pour autoriser le président d'EDF Jean-Bernard Lévy à le signer. Le gouvernement devra ensuite prendre un décret entérinant la décision de fermeture.  

Source : LEXPRESS.fr publié le 24/08/2016

 


Cazeneuve précise les contours de la Fondation pour l’islam de France

Le gouvernement doit s’illustrer, lundi 29 août, dans ce qu’il nomme l’élaboration d’un « islam de France ». Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, va procéder à une série de « consultations » auprès de membres du Conseil français du culte musulman (CFCM) mais aussi de « personnalités de la société civile » et de parlementaires, alors que la polémique sur le « burkini » a monopolisé le débat politique ces dernières semaines.

 

 

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La mise sur pied, d’ici au mois de novembre, de deux institutions sera au cœur de ces discussions : une Fondation pour l’islam de France, à visée culturelle, et une secon

 

de à visée cultuelle. L’idée d’une Fondation des œuvres de l’islam remonte à 2005 et avait été lancée par l’ancien premier ministre Dominique de Villepin ; elle était restée lettre morte.

Lire aussi :   Chevènement mandaté pour « relancer l’islam de France »

« Cette journée constitue une nouvelle étape (...) pour réussir la construction d’un islam de France dans le respect des valeurs de la République », a redit M. Cazeneuve dans un entretien, lundi, au journal La Croix. En juin 2015, le ministère de l’intérieur avait annoncé une réflexion sur une nouvelle structure lors de la première réunion de l’instance de dialogue avec l’islam.

Budget de plusieurs millions

La première fondation, qui doit être présidée par l’ancien ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement, « a vocation à soutenir des projets, dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’engagement des jeunes, a détaillé M. Cazeneuve. Elle pourra prendre en charge la formation profane des imams, le développement de la recherche en islamologie, être un acteur d’une meilleure connaissance de l’islam à travers ses productions littéraires et artistiques ».

Elle a été pensée sur le modèle de fondations d’utilité publique déjà existantes comme celle du judaïsme français, du protestantisme ou encore la fondation Notre-Dame, qui ont des budgets de plusieurs dizaines de millions d’euros.

La Fondation pour l’islam de France va, elle, partir sur une base plus modeste. Des entreprises privées ainsi que des personnes physiques désireuses d’opportunités de défiscalisation ont vocation a être approchées. En attendant, l’Etat abondera à son capital à hauteur d’environ un million d’euros, précise l’entourage de Bernard Cazeneuve. De même, la dotation non employée d’un million d’euros faite par l’industriel Serge Dassaut à l’ancienne structure de M. de Villepin lui sera transférée.

Lire aussi :   Islam en France : « La question du financement des lieux de culte est accessoire »

Un directeur général sera nommé aux côtés de M. Chevènement. « Il ou elle sera musulman », précise Anouar Kbibech, président du CFCM. Le choix de Jean-Pierre Chevènement, 77 ans et non musulman, a suscité une incompréhension, redoublée lorsque, dans un entretien au Parisien, le 15 août, et en pleine polémique sur le burkini, M. Chevènement a invité les musulmans à « la discrétion » dans l’espace public « dans cette période difficile ».

« Tout sera mal perçu, quoi que je dise dans un sens ou dans un autre, a dit l’intéressé dans un entretien à l’Agence France-Presse dimanche 28 août. Il n’y a que des coups à prendre, aucun bénéfice personnel à escompter. Mais en même temps, cette mission est nécessaire : faire un islam de France, c’est une cause nationale qui devrait réunir la gauche et la droite. »

Le succès de l’initiative actuelle dépend des fonds récoltés mais aussi de la crédibilité dont elle jouiera aux yeux des Français musulmans, pour beaucoup réfractaires à l’image d’un islam piloté par les autorités publiques ou les Etats d’origine. « Il y a un mouvement qui a vocation à monter en puissance et à devenir légitime et attractif », souhaite un conseiller du ministre de l’intérieur. « Cette nouvelle structure sera le pont entre la République et les musulmans de France », vise M. Cazeneuve.

« Elites de salon »

Pas sûr que le casting de la place Beauvau honore cette ambitieuse promesse. Le conseil d’administration de la nouvelle institution comptera onze membres dont trois représentants des ministères de l’intérieur, de la culture et de l’éducation nationale, le président du CFCM, deux membres d’un « comité des donateurs » et cinq personnalités qualifiées. Il s’agit, en plus de Jean-Pierre Chevènement, de l’islamologue réformateur Ghaleb Bencheikh, de l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, du recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, et de la cadre supérieure Najoua Arduini-Elatfani, qui a présidé le Club XXIe siècle, un lobby agrégeant des personnalités issues de la « diversité ».

« C’est un peu les mêmes élites de salon qui gravitent autour du ministère de l’intérieur depuis des années et qui sont dans du politiquement correct, critique ainsi Sihem Zine, militante et présidente de l’association Action droit des musulmans. Le ministère a peur de sa jeunesse. Il préfère s’entourer de personnes qui parlent le même langage de peur d’être froissé par des idées différentes ».

Lire aussi :   Chevènement partagé entre « liberté » de porter le « burkini » et « nécessité d’ordre public »

Adossée à cette fondation, une autre structure doit être mise sur pied, sans que l’Etat soit cette fois partie prenante, pour financer la construction ou la réfection de lieux de culte et la formation théologique des imams. Actuellement, près de 15% des financements de mosquées en France proviennent de l’étranger, d’après le ministère de l’intérieur. La future association cultuelle ne recevra pas de fonds de l’étranger, souhaite la place Beauvau. « On s’oriente vers un financement exclusivement français qui viendra à la fois de mécènes et qui pourra gérer la collecte de la redevance halal sur laquelle on avance », détaille M. Kbibech. Cette redevance sera « une contribution – volontaire et négociée – des acteurs de la filière halal », précise M. Cazeneuve à La Croix.

Des diplômes universitaires d’islamologie

Par ailleurs, si le gouvernement n’a pas le droit de s’immiscer dans la formation théologique des cadres religieux, il compte bien remédier au fait que la majorité de ceux qui officient en France sont formés à l’étranger. Des diplômes universitaires d’islamologie centrés sur la langue, la littérature et l’histoire, sont en germe, qui seraient proposés en partenariat avec les rares instituts privés de formation des imams sur le territoire, tels que celui de la grande mosquée de Paris ou celui de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). « Il faut organiser cette offre », précise l’entourage de Bernard Cazeneuve qui a demandé au secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, Thierry Mandon, de constituer un groupe de travail qui rendra un rapport  « avant le mois de décembre ». « On est au maximum de ce que l’Etat peut et doit faire pour davantage de formation d’imams en France ».

Lire aussi :   Financement du culte musulman : l’Elysée ne veut pas revenir sur la loi de 1905

Interrogé sur les conséquences de la décision du Conseil d’Etat qui, vendredi 26 août, a cassé un arrêté antiburkini, et tandis que la droite appelle à l’adoption d’une loi, le ministre de l’intérieur a rappelé dans La Croix que le gouvernement « refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace et de nature à susciter des antagonismes et d’irréparables tensions ».

Julia Pascual – Le Monde - 29.08.2016

 

 


 

22.08.2016

 

Poésies de Monike Maitte

 

MONIQUE_MAITTE

Habiter
Le seuil de ma solitude est à mes pieds,
Tournant le dos à la folie du jour,
Je vais habiter le monde.
angoisse
Un jour est passé.
Le soleil reste pudique, le ciel en palette de gris.
Mon coeur arrimé à un fétu de paille légère est prêt à s'envoler.
j'habite
Ce matin j'habite enfin quelque part.
Une solitude rassurante dans une foule noire, un carré de lumière.
L'utopie
La poésie efface toutes les ecchymoses
Quelles soient apparentes ou captives
Mais, elle dévoile aussi la vie en utopie, 
des jours qui naissent en larmes.



 

RENTREE MILITANTE : Signez la pétition

baroso

Pétition pour des mesures fortes et exemplaires contre José Manuel Barroso qui déshonore la fonction publique européenne et l'Union européenne dans son ensemble
PAS EN NOTRE NOM!
 Nous sommes un collectif d'employés des institutions européennes, tenus par leur devoir de réserve, qui vient de se créer car nous sommes de plus en plus préoccupés par la dégradation de l'image du projet européen au sein de nos familles, amis, voisins et chez tous les citoyens que nous croisons partout en Europe.
Nous avons appris le vendredi 8 juillet 2016, quelques jours après le vote en faveur du Brexit au Royaume Uni, que l’ancien Président de la Commission européenne, José Manuel DuraoBarroso, va bientôt rejoindre le siège londonien de la banque d’affaires Goldman Sachs, « comme Président « non exécutif » et conseiller »[1] afin de l'aider à limiter les effets négatifs du « Brexit ».
Cette décision d’aller travailler pour l’une des banques les plus impliquées dans la crise des subprimes qui a entrainé la crise financière de 2007-2008, la pire depuis la crise de 1929, mais aussi une banque très impliquée dans la crise grecque, un pays dont elle a aidé à dissimuler le déficit avant de spéculer, en 2009-2010, contre la dette grecque dont elle connaissait évidemment l’insoutenabilité, est un nouvel exemple de « pantouflage » irresponsable, très préjudiciable aux institutions communautaires et, bien que pas illégal, moralement malhonnête.
Elle est irresponsable car elle alimente un contexte qui n'est plus seulement eurosceptique mais désormais europhobe, où certains représentants politiques pourtant issus de la majorité au Parlement européen en viennent à remettre en cause l’existence même de la Commission européenne et de la méthode communautaire qui, de crises en avancées, a pourtant permis la construction l’Union européenne depuis le Traité de Rome.
Elle est préjudiciable aux institutions communautaires dans ce contexte délicat de gestion de multiples crises imbriquées les unes aux autres : crise migratoire, crise déclenchée par vote sur le referendum du Brexit, crise économique persistante, crise de vision de l'Europe que nous voulons. C’est, au pire moment, un symbole désastreux pour l'Union et une aubaine pour les europhobes qu'un ancien président de Commission soit assimilé à la finance débridée et sans valeurs éthiques qu’incarne Goldman Sachs.
Elle est moralement malhonnête, en ce qu’elle est contraire à l’honneur et à la probité de la fonction publique européenne censée défendre l’intérêt général européen. Tout ancien membre est tenu de respecter ses devoirs d'honnêteté et de délicatesse visés à l'article 245 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), même à l'expiration de la période de dix-huit mois après la cessation des fonctions. D'autant plus MonsieurBarroso, ancien Président, a été deux fois désigné par les chefs d’Etats et de gouvernements, ainsi que par le Parlement européen.
Pour toutes ces raisons nous appelons tous les citoyens européens à saisir par la présente pétition les plus hautes instances communautaires européennes, plus précisément le Conseil de l'Union européenne et le Collège de la Commission européenne, les deux habilités à saisir la Cour de Justice européenne selon l'article 245 du TFUE, afin de :
  • Ne pas se limiter à constater que Monsieur Barroso a quitté ses fonctions il y a plus de 18 mois ;

  • Faire examiner dans le détail et de manière transparente le respect par Monsieur Barroso de ses devoirs d´honnêteté et de délicatesse vis-à-vis de l'Union européenne ;

  • Prendre en conséquence des sanctions fortes et exemplaires contre José Manuel Barroso, telles que :

  1. La suspension de ses indemnités de retraite en tant qu’ancien Président de la Commission européenne pendant le temps de son emploi chez Goldman Sachs et au-delà,

  2. La suspension de tous ses titres honorifiques éventuels liés aux institutions européennes ;

  • Renforcer les règles d'éthiques et de lutte contre le pantouflage applicables aux anciens Membres de la Commission, en proportion du préjudice que leur comportement futur peut faire peser sur la fonction publique européenne et l'Union européenne, c'est à dire avec des règles plus strictes pour les anciens Présidents ou Vice-Présidents que pour les simples anciens Commissaires.

Cette pétition sera remise aux Présidents des trois institutions européennes : la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne, ainsi qu'aux représentants du personnel des institutions européennes.
Comme nous appelons tous les citoyens européens à signer et partager cette pétition, nous appelons par ailleurs tous les employés des institutions européennes qui partagent nos préoccupations, quel que soit leur statut, à nous faire savoir qu'ils soutiennent cette pétition (l'identité des employés restera strictement anonyme), et le cas échéant à rejoindre notre collectif dont l'identité des membres restera aussi strictement anonyme en nous contactant à  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  afin de lancer de nouvelles actions visant à faciliter la réconciliation entre l'Union européenne et ses citoyens.  
Bruxelles le 11 juillet 2016,
Un collectif spontané d'employés des institutions européennes
Cette pétition sera remise avant la fin september 2016 à
La Commission Européenne
Son Président Jean-Claude Juncker
Conseil de l'Union Européenne
Son Président Donald Tusk
Parlement Européen
Son Président Martin Schulz
signez_la_petition


17.08.2016

 

FÉERIE NOCTURNE AU JARDIN
Jusqu'au 21 août 2016 (du jeudi au dimanche + lundi 15/08)
Animations de 20h à 23h30


wesserling

Une promenade féerique et poétique dans les jardins de lumières
Quand la féerie des nuits d’été s’invite à Wesserling, les jardins s’illuminent et les sens s’éveillent dans un parc où tout devient magie. Cette année, nous vous invitons pour un extraordinaire voyage autour du monde dans les Jardins de Jules Verne!
Découvrez un monde surprenant où le temps s’est arrêté et où les histoires fantastiques sont à l’image des personnages qui les racontent !

Les jardins illuminés dès la nuit tombée
Les jardins du Parc de Wesserling vont se parer de leurs plus beaux atours tout au long des 13 soirées féeriques:   lampes tempête, bougies, mise en lumière des jardins... une occasion unique de (re) partir pour un «Voyage extraordinaire dans les Jardins de Jules Verne, dans une ambiance magique et colorée...
Une mise en lumière, douce et poétique à la fois.

Thème 2016 « Féerie nocturne: voyage extraordinaire autour du Monde »
Une rédactrice en chef du Wesserling Express  accueille les visiteurs à l’entrée des Jardins. L’aventure peut alors commencer... Passeport en main, ils deviennent ses nouveaux journalistes en reportage autour du monde! Mais attention à ne pas prendre cette mission à la légère, ils devront lui fournir la preuve de leur passage dans les différents pays traversés et les différents moyens de transport utilisés ! Lors de leur expéditions, ils rencontreront des personnages délurés et fantastiques: un aiguilleur de train, une Calamity Jane, une princesse indienne ou encore un capitaine vaporiste! Des personnages hauts en couleurs sur un parcours semé d’embuches!

Le Mécamobilus Théâtre présente son spectacle “ Le tour du monde en 80 jours...ou presque! ”
Rencontre surprenante avec des mécanos assistés d’une fouine... qui racontent le voyage extraordinaire de Philas Fogg et de ses compagnons de route, le tout dans une ambiance « vapeur et boulon, écrous et rivets ».
Spectacle sur machine déambulatoire et transformable avec comédiennes et marionnettes !

Tartes flambées et bretzels à partir de 19H00


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TARIFS A PARTIR DE 18H30
Adulte: 7,00€ / Tarif réduit: 6,00€ / Enfant de 6 à 18 ans: 3,50€ / Pass famille: 20,00€


TARIFS JOURNÉE + FÉERIE NOCTURNE
Adulte: 10,50€ / Tarif réduit: 9,00€ / Enfant de 6 à 18 ans: 5,00€ / Pass famille: 26,00€


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PARC DE WESSERLING - ECOMUSEE TEXTILE
Rue du Parc, 68470 HUSSEREN WESSERLING
  03 89 38 28 08 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.



14.08.2016

Victoire de la Loi Biodiversité
La Loi "Biodiversité" est une victoire pour la biodiversité des semences cultivées : les variétés du domaine public enfin libérées du carcan du "catalogue officiel"
 
Hier soir, mercredi 20 juillet, l'Assemblée nationale a définitivement voté la loi "pour la reconquête de la biodiversité", après deux années de procédure législative et de nombreux revirements dans le contenu des dispositions législatives.
biodiversit_semences
En tout état de cause, la loi donne une véritable bouffée d'oxygène à la biodiversité cultivée, par le biais d'un article 4 qui a lui-même connu de nombreuses vicissitudes, et qui est finalement devenu l'article 11 de la loi :   
 
Article 11 : 
Le code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :
 
1° L'article L. 661-8 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
 
"La cession, la fourniture ou le transfert, réalisé à titre gratuit ou, s'il est réalisé par une association régie par la loi du 1er janvier 1901 relative au contrat d'association, à titre onéreux de semences ou de matériels de reproduction des végétaux d'espèces cultivées de variétés appartenant au domaine public à des utilisateurs finaux non professionnels ne visant pas une exploitation commerciale de la variété n'est pas soumis aux dispositions du présent article, à l'exception des règles sanitaires relatives à la sélection et à la production." 
 
Cela signifie que toutes les associations Loi 1901 pourront désormais donner, échanger et vendre des semences de variétés du domaine public *, qu'elles soient inscrites ou non inscrites au "catalogue officiel", à des jardiniers amateurs. Seules les exigences sanitaires de la réglementation sur le commerce des semences resteront applicables.
 
De nombreuses associations vont pouvoir bénéficier de ces dispositions et les petites entreprises qui ne pourraient jouir de cette dérogation seront amenées à créer des associations pour distribuer des variétés "hors catalogue". 
 
Les jardiniers vont désormais avoir accès à une gamme très étendue de graines, aux goûts, aux formes et aux couleurs bien plus diversifiées qu'auparavant. Il faut espérer que cette biodiversité se répandra très vite dans tous les potagers de France et d'ailleurs. 
 
Pour mémoire, ces dispositions nouvelles interviennent dans un contexte d'érosion galopante de la biodiversité agricole. En un siècle seulement, 90% des variétés traditionnellement utilisées par les paysans à l'échelle de la planète ont déjà disparu de nos champs et de nos assiettes, selon la FAO. 
 
Pour cette avancée remarquable de notre droit, il faut rendre hommage au courage et à l'engagement de Mme Geneviève Gaillard, Mme Barbara Pompili, Mme Delphine Batho, Mme Laurence Abeille, M. Jérôme Bignon, Mme Evelyne Didier, Mme Marie-Christine Blandin, M. Joël Labbé, M. François Grosdidier, sans le soutien politique desquels rien n'aurait été possible à l'Assemblée nationale et au Sénat. 
 
Certes, un travail reste à faire, à l'échelle européenne cette fois, pour que les agriculteurs puissent également avoir accès à une grande diversité de ressources génétiques - et nous y travaillons ardemment -, mais, avec la loi "biodiversité" française, c'est une première brèche qui vient de s'ouvrir dans la législation sur le commerce des semences, dont il convient résolument de se réjouir.
 
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* Les variétés "appartenant au domaine public" sont toutes les variétés d'espèces cultivées qui ne sont pas protégées par un régime de propriété intellectuelle (certificat d'obtention végétale ou brevet).
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Blanche Magarinos-Rey
Avocat

Source : wwww.intelligenceverte.org


08.08.2016

 

Loi Travail: ce qui attend les salariés. Rachida El Azzouzi et Mathilde Goanec

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Après cinq mois de contestation sociale et un troisième recours au 49-3, la loi sur le travail a été définitivement adoptée jeudi 21 juillet. Malgré plusieurs concessions, le gouvernement n’a pas reculé sur l’essentiel.

Allers, retours, la loi sur le travail a changé plusieurs fois de visage, et même de nom. Elle a été définitivement adoptée le 21 juillet 2016. Le gros des modifications remonte cependant à l’aube du débat parlementaire : le pré-projet, concocté par la ministre du travail Myriam El Khomri sous la houlette de Matignon, est une première fois raboté face à la pression conjointe des syndicats et de la société civile (voir l’ensemble de nos papiers sur la mobilisation dans notre dossier sur la loi Travail).

La commission des affaires sociales de l’Assemblée, théâtre d’un affrontement “droite-gauche”, mais surtout “gauche-gauche”, a ensuite évacué du texte d’autres dispositions très polémiques. Sans jamais toutefois toucher à son cœur, l’inversion de la hiérarchie des normes, ni à certaines de ses marges, comme le licenciement économique, les accords offensifs, la médecine du travail ou encore le référendum d’entreprise.

Source : http://alternatifs81.fr/

 


 

Idée de lecture : "L'immigration aux frontières du patrimoine"

Édité par Noël Barbe & Marina Chauliac

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En dépit du flou qui l'entoure, utiliser le terme de mémoire s'agissant de l’immigration semble aujourd’hui aller de soi. Qu’en est-il du patrimoine de l’immigration ? Le patrimoine apparaît-il quand la mémoire sort de l’espace privé pour entrer dans le domaine public ? Est-il une forme cristallisée et institutionnalisée de la mémoire ? Est-il soluble dans la mémoire ? Au-delà d’une indispensable clarification des termes, s’interroger sur l’articulation mémoire, patrimoine et immigration nécessite d’en comprendre les enjeux dans le débat public. La patrimonialisation ne peut être regardée indépendamment ni des attentes et des luttes pour la reconnaissance des immigrés, ni de son usage par les pouvoirs publics comme instrument de pacification.

Des enquêtes menées dans le sud-ouest de la France, dans le Centre, en Lorraine, en Franche-Comté ou encore à Paris et à Nanterre analysent le regard des acteurs de la mémoire de l’immigration (associations, artistes, chercheurs…), questionnant les rôles et les stratégies développées par chacun et bousculant nos cadres d’interprétation.

Éditions de la Maison des sciences de l'homme, Paris, 144 p. Livre broché - 18,00 €

Source : http://www.editions-msh.fr

 


 

"Aux portes de l’enfer : les oubliés du périph"

Travaillant sur la pauvreté en France depuis plus de 20 ans, j’observe, depuis 2011-2012, une multiplication de petits et plus grands campements de fortune autour de l'axe routier le plus fréquenté d’Europe : le Périphérique parisien enroule ses 35 km et 28 portes autour de la capitale.
J’ai commencé à travailler sur ce sujet à la fin 2014. Il m’a fallu parcourir des kilomètres sur les abords du périphérique avec le bruit, la pollution le danger des voitures, les longues marches le long des bretelles d'accès, les passages souterrains, scruter les moindres recoins. A force de persévérance, j’ai pu rencontrer des habitants sur plusieurs campements. Certains ont accepté ma présence, mais il a fallu beaucoup de temps pour expliquer ma démarche et faire accepter ensuite l’appareil photo. Les personnes rencontrées craignent avant tout d’être délogées de leurs cachettes, de perdre la « tranquillité » qu’elles disent avoir trouvée. Dévoiler leur emplacement et témoigner leur quotidien relèvent pour elles d’une réelle prise de risque. Souvent en rupture avec tout système ou prise en charge sociale depuis de longues années, elles pensent qu’elles ont plus à perdre qu’à gagner en se livrant à des tiers.
J’ai choisi de vous montrer certains campements, ceux qui ont accepté mon boîtier. J’ai fait une sorte de tour du monde, rencontré toutes les nationalités. Ces populations, très méfiantes et en situation d’extrême précarité, survivent de petits boulots et font la mendicité. A l’écart de la société, elles connaissent la débrouille pour tout système. C’est une zone de non-droit, abandonnée de tous. Ceux qui restent à la porte d’une des plus belle capitales du monde, dans cette zone fugacement aperçue par les automobilistes et largement ignorée des pouvoirs publics, sont les oubliés de Paris.

Soutiens
Catherine Fontana, psychanalyste
Nathalie Guillery et Marina Jean (aide à l'écriture)
La Fondation Abbé Pierre
Morgane Bechennec, Jérôme Pecout et Christophe Louis

Diane Grimonet collabore aux ASH depuis plusieurs années
www.dianegrimonet.com

Source : http://www.ash.tm.fr/

Pour visualiser l'exposition cliquez sur l'image ci-dessous :

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01.08.2016

Idée de lecture : "Les traversées migratoires dans l'Algérie contemporaine", de Salim Chena

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Les migrations internationales occupent une place de plus en plus importante dans l’espace public ; pourtant, les expériences vécues par les migrants restent traitées sur le mode de la dramatisation, voire du misérabilisme, ou alors selon des critères sécuritaires qui relèvent de la raison d’État ou de sentiments xénophobes. Les figures qui se dégagent de ces représentations font des exilés soit des victimes, soit des menaces. En revenant sur les conditions des migrations irrégulières vers et à partir de l’Algérie, cet ouvrage vise à rendre aux exilés l’expérience de l’exil.

Soutenu par des enquêtes ethnographiques menées auprès de migrants subsahariens et d’émigrants algériens, l’auteur cherche à rendre compte des mobilités humaines traversant l’Algérie contemporaine. Ces migrations se déroulent aux marges de la société algérienne : soit elles y placent les exilés subsahariens, soit les exilés algériens en proviennent. Ces marges donnent à voir les modalités par lesquelles se constituent les filières migratoires – faites de routes, de carrefours et d’impasses –, les formes d’institutionnalisation des réseaux, l’économie informelle de ces mobilités ou encore les carrières des migrants et des demandeurs d’asile.

Habiter, travailler, coordonner les passages, contourner les frontières, organiser la survie, assurer la solidarité représentent les principales tâches réalisées par les communautés étudiées. Le Maroc (Rabat, Oujda) et surtout l’Algérie (Alger, Annaba, Oran, Maghnia, Tamanrasset) sont le théâtre de ces migrations. C’est depuis la perspective des discours, des récits, des anecdotes des exilés que se construit cet ouvrage. Les traversées des migrants et des demandeurs d’asile subsahariens, croisées avec celles des émigrants algériens, permettent de pénétrer le monde et l’imaginaire des exilés. Loin de n’être que des « passagers clandestins », les exilés contribuent aux économies, aux cultures et aux sociétés qu’ils découvrent.

Source : https://lectures.revues.org/21003

 

Salim Chena, Les traversées migratoires dans l'Algérie contemporaine. Africains subsahariens et Algériens vers l'exil, Paris, Karthala, 2016, 244 p., Préface de Catherine Withol de Weden, postface de Aissa Kadri, ISBN : 9782811115715.

24 euros dans toutes les bonnes boulangeries.




Le jeu coopératif, idéal pour les vacances

Les jeux de société cultivent la plupart du temps notre rapport à la compétition. Certains, d’autres jeux au succès grandissant cultivent l’entraide entre les joueurs. Enquête ludique et sélection de cinq jeux collaboratifs pour petits et grands. À pratiquer sans modération !

Youpi ! C’est les vacances, pour Reporterre. Les chaussures de randonnée sont prêtes pour les ballades dans les Cévennes. Le maillot et la serviette bien pliés au fond du sac pour se prélasser le long de la piscine en cas de coup de chaud. On s’apprête à tuer le temps aussi : la liste de bouquins faciles à dévorer s’allonge continuellement. Et, secrètement, on rêve de pouvoir enfin lire les revues hautement intellectuelles que l’on n’assume pas d’apporter à la rédaction.

Avec tout ça, il reste bien un peu de place pour emporter des jeux dans nos valises. L’occasion de s’essayer — enfin — aux jeux coopératifs. Mais, au fait, c’est quoi un jeu coopératif ?

« C’est un jeu dans lequel on s’entraide pour atteindre un objectif commun, ensemble. Les autres joueurs deviennent des partenaires et non pas des adversaires », répond Chloé Di Cintio, responsable de l’association enVies en Jeux créée en 2008 et qui porte le site internet www.jeux-cooperatifs.com.


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Guillaume Lenoble, le fondateur de Belugames, jouant au célèbre jeu du Verger.


À la différence du jeu compétitif, tout le monde gagne ou perd ensemble. Excellent outil éducatif, le jeu coopératif n’est pas pour autant réservé aux enfants. « Depuis peu, le jeu coopératif entre en force dans le monde des adultes, car on l’a sorti des carcans éducatifs. Grâce à des jeux comme Hanabi, par exemple, qui a eu beaucoup de succès, ou encore Andor ou Mysterium. ». Même son de cloche pour Guillaume Lenoble, qui a fondé Belugames en mars 2016 après une campagne réussie de financement participatif : « Au Festival de Cannes des jeux, en 2016, le salon de référence du domaine, deux des trois jeux primés étaient des jeux coopératifs. Une belle reconnaissance de la qualité de ces jeux d’un type nouveau, même si les ventes restent encore marginales. » Les jeux coopératifs comptent pour environ 5 % du marché aujourd’hui, mais la tendance est à la hausse : « Certains éditeurs essaient d’avoir 15 %, voire plus, de jeux coopératifs dans leurs références », précise Guillaume, qui a quitté son poste au sein d’une grande société de management pour monter sa propre entreprise.

Plus de choix désormais, et surtout des jeux accessibles à tous, grands comme petits, qui permettent de changer notre rapport à la compétition. « Sans le savoir, nous sommes formatés pour la compétition. Dès le plus jeune jeune âge, dès l’école, on nous met dans des classes de niveaux. Cela devient un automatisme », dit Guillaume Lenoble.

« La compétition n’est pas forcément mauvaise, mais aujourd’hui on lui a donné un monopole. Le monde est en train de mourir de la compétition », estime Chloé Di Cintio. En cela le jeu coopératif peut aider. « C’est une vitrine de la coopération. Chez enVies en Jeux, on considère que c’est une métaphore d’une société plus humaniste, moins violente. »

À mettre dans vos valises

Alors, avant de partir en vacances, nous vous conseillons 5 jeux coopératifs à mettre dans vos valises sans qu’ils prennent trop de place.

Hanabi
C’est le grand classique des jeux coopératifs et parfait pour prendre l’apéro. Le but est de construire ensemble un feu d’artifice, avec la particularité que vous ne voyez pas vos cartes. C’est un jeu qui demande de la mémoire, de l’empathie et qui permet une belle marge progression.

Mini-Verger
La version mini d’un best-seller des jeux pour enfants qui fête ses 30 ans. Le corbeau va-t-il manger ou non tous les fruits dans l’arbre ? Tension, stress, les petits adorent ce jeu de plateau.

Storycubes
Lancez les dés et vous-mêmes dans une histoire rocambolesque à plusieurs conteurs. L’une des références dans les jeux de créations d’histoire, qui permet de mélanger facilement adultes et enfants, y compris lors des voyages en train ou en voiture. Dans le même style, il existe également Comment j’ai adopté un gnou ?

Acrobatino
Entre le jeu de société et de plein air, c’est l’un des seuls jeux qui avantagent les enfants puisqu’il demande... de la souplesse. Tirez deux cartes et elles vous indiqueront quelle partie du corps doit toucher l’autre. Prévoyez donc de l’espace pour vos petits bouts de chou.

Kreo
Envie de vous prendre pour des dieux ? Collaborez à la création d’une planète viable pour démontrer votre puissance à votre père, Ouranos. Pour cela, il vous faudra anticiper comment jouent les autres : intuition, déduction et confiance sont les maîtres mots. Parfait pour les plus de 10 ans et si vous voulez prendre un peu plus le temps de jouer. Après tout ce sont les vacances !

Vous pouvez retrouver tous ces jeux sur Belugames et www.jeux-cooperatifs.com. Pour plus de critiques d’utilisateurs de jeux, rendez-vous sur www.trictrac.net

Source : Reporterre.net, article de Marc Sautelet

 


 

25.07.2016

Les travailleurs saisonniers subissent l’enfer de l’agriculture industrielle

La Drôme, premier département bio de France, est également un des plus gros pourvoyeurs d’emplois saisonniers agricoles. De la cueillette des cerises au ramassage des abricots en passant par les vendanges dans les prestigieux vignobles, cela représente des milliers de saisonniers chaque année. Parmi eux, on compte toujours plus de travailleurs migrants, venus compléter leurs revenus en France ou fuyant la précarité de leur pays. Une fois dans les exploitations, la réalité est rude : sous-rémunération, logement insalubre, racisme ambiant, exposition aux pesticides… Les conditions de vie et de travail de ces saisonniers soulèvent de nombreuses questions sur le modèle agricole, les politiques migratoires, le salariat agricole ou l’information des consommateurs.

La Drôme, comme de nombreux bassins agricoles, se tourne désormais vers les équipes de travailleurs détachés, mises à disposition par des entreprises internationales de prestation de service. Ces sortes de boites d’intérim étrangères « prêtent » des saisonniers pour la durée souhaitée. Une flexibilité inespérée pour les agriculteurs, qui ont souvent besoin de quelques travailleurs sur une courte période et préfèrent ne pas avoir à se charger des contrats et des autres lourdeurs administratives. Certaines entreprises ont même leur propre compagnie de transport et des liens avec le pays d’origine afin de garantir la fidélité des détachés (bourses scolaires…). Soumises aux charges du pays d’envoi, elles se doivent toutefois de respecter un « noyau dur du droit français » : Smic horaire, droit syndical, temps de travail, prise en charge des coûts liés au détachement… En réalité, les saisonniers sont peu informés de ces droits, parlent rarement français et se retrouvent isolés dans les champs. Les fraudes sont alors nombreuses : les bulletins de paie ne reflètent pas la rémunération réelle, le nombre d’heures invérifiable viole souvent les conventions et les prestataires multiplient les prélèvements de frais (nourriture…).

Les saisonniers migrants dans l’agriculture sont invisibles 

Pour l’agriculteur, l’intérêt est double : il ne se charge pas du recrutement et son lot d’inconvénients et dispose d’une main d’œuvre malléable et corvéable à merci. Parce que son souci actuel est là : flexibilité, rentabilité, productivité. Après un demi-siècle de politique agricole commune (PAC), force est de constater que notre agriculture n’a plus rien de la paysannerie familiale que l’on connaissait. Le nombre d’exploitations diminue alors que leur taille moyenne ne cesse de croître, visant à augmenter volumes, rendements et profits pour faire face à la concurrence étrangère. L’ouverture des marchés aux niveaux européen et international pèse sur l’emploi : le coût du travail est un levier pour la concurrence. C’est une réelle bataille économique, qui a déjà détruit de nombreux emplois en France et ailleurs obligeant les paysans à quitter leur terre et à migrer pour survivre. C’est ainsi que d’anciens paysans marocains sont arrivés via les contrats saisonniers de l’Office des migrations Internationales. Aujourd’hui, ils sont remplacés par des Équatoriens détachés par des entreprises espagnoles.


JPEG - 100.9 koTravailleuses polonaises dans une serre de fraisiers en Tarn-et-Garonne

Et pourtant, les saisonniers migrants dans l’agriculture sont invisibles : à l’heure où le détachement dans le bâtiment fait grand débat, pas un mot sur les intérimaires agricoles. Alors que les questions environnementales semblent de plus en plus préoccuper les consommateurs, les enjeux sociaux ne sont jamais évoqués : dans quelles conditions travaillent les ramasseurs de fruits ? Le travail syndical est particulièrement laborieux dans le monde agricole, tandis que les associations de défense des migrants sont souvent situées en zone urbaine. Restent alors les services de l’État, l’Inspection du travail notamment, chargée de lutter contre ces formes de travail à la limite de la légalité avec les moyens du bord.

Face à ce constat, la Confédération paysanne, en tant que syndicat de défense de l’agriculture familiale et des travailleurs de la terre, s’est saisi du sujet. Depuis dix ans, elle travaille avec la Via Campesina à la dénonciation des méfaits du modèle agricole et des violations des droits humains. Parce que la libéralisation agricole est lourde de conséquences en France et ailleurs, un travail international est mené afin d’en saisir tous les effets et proposer une autre issue. Soutenir l’agriculture paysanne c’est encourager un modèle qui respecte le droit au revenu des paysans mais aussi des saisonniers, c’est défendre les droits de tous les travailleurs de la terre, exploitants ou salariés, d’ici ou d’ailleurs, aujourd’hui et demain. C’est rappeler aux consommateurs que les enjeux environnementaux mais également sociaux sont primordiaux et qu’ils ont le droit de savoir.

Source : https://reporterre.net

 


 

La Une de Charlie Hebdo

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STOPPEZ LE PROJET DU CHAMP DE TIR PARAMILITAIRE LE PLUS GRAND D'EUROPE à RAYSSAC (81)

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NOS COMMUNES DE RAYSSAC et de PAULINET, dans le TARN, vont être touchées par un projet abominable, et extrêmement nuisible pour la région.

C'est un projet à demeurant local mais néfaste pour la Nation entière!

Nous nous opposons au projet (comme l'ont attesté les officiels) du champ de tir privé Paramilitaire LE PLUS GRAND D’EUROPE et LE 1er EN FRANCE sur le site de l’ancienne mine de la Pialade à Rayssac (81), présenté par la Société SOLGARDE (www.solgarde.com de M. WARD (résident anglais à Rayssac) et par la Commune de Rayssac, soutenu par le Ministère de L'environnement (Mme Royal) et il semblerait par le Ministère de la Défense! .

Suite à la réunion publique du 8 Juin à Rayssac, un collectif d’habitants en colère s’est constitué.

CE PROJET CAUSERA :

*Des nuisances sonores très importantes pouvant causer des troubles de la santé (psychologique, stress…) causés par les tirs journaliers d’armes lourdes (jusqu'à 12,70mm,(armes de guerre..) semi-automatique…) et stress sur les cheptels (bovins, ovins, caprins) environnants.

*Un Déclin certain de la Faune sauvage locale (gibiers des réserves de chasse, oiseaux, chauve-souris protégées…)

*Un Impact sur l’environnement – RAYSSAC est inventorié à la ZNIEFF (Zone Naturelle d'intéret écologique , faunistique et floristique) de type 2, Site Classé selon la Loi de 1930 (réorganiser la protection des monuments naturels) et classé Réserve de Chasse et de Faune Sauvage. Un Risque d’incendie par les ricochets des balles (étincelles ), pollution des sols et du Dadou (par les eaux de ruissellements) par le plomb, l’arsenic des balles.

*Un Impact sur le Tourisme Vert : proximité du GR36, randonnées pédestres et équestres, cyclisme, VTT, gîtes ruraux, camping…et donc sur les commerces locaux.

*Aucun impact Economique local n’est avancé. Aucune valeur ajoutée pour la commune si ce n’est de grosses nuisances !

*Un Prix de l’immobilier en chute libre !

Et Surtout des Problèmes liés à la Sécurité : des habitants, des familles vivent à proximité. Allant de SEULEMENT 300m à 1km. Le champ de tir étant dans un vallée, l'écho est épouvantable!

Comment seront véhiculées et stockées Les Armes et les Munitions ??

Est-il raisonnable de soutenir un projet qui n’amènera que des ennuis à des communes qui jusqu’à maintenant ne respiraient que le calme et la tranquillité ??

NI ICI NI AILLEURS !

POUR TOUTES CES RAISONS, NOUS DEMANDONS L’ABANDON PUR ET SIMPLE DU PROJET DU CHAMP DE TIR PRIVE PARAMILITAIRE. UNE NOUVELLE REUNION PUBLIQUE A ETE FAITE POUR REPONDRE A VOS INTERROGATIONS LE 1ER JUILLET A 20H30 A LA MAIRIE DE RAYSSAC. VOUS AVEZ ETE NOMBREUX, MAIS IL FAUT ENCORE GONFLER LES EFFECTIFS.

EN ATTENDANT LA PROCHAINE... CHAQUE SIGNATURE COMPTE !! MOBILISEZ-VOUS, ALERTEZ VOS VOISINS, VOS AMIS, LA FAMILLE…

signez_la_petition

Cliquez sur l'image pour signer la pétition


20.07.2016

« Repartir avec le sourire »


« Repartir avec le sourire »


Ouvert en 2009, le Magasin pour rien est une véritable caverne d’Ali Baba avec un principe plutôt étonnant pour un magasin : aucun euro ne circule ici, rien, pas l’ombre d’un centime !

« Les personnes qui ont du superflu chez eux nous l’amènent et on le redistribue gratuitement », explique Mireille Gigante, chef de projet du Magasin pour rien, créé grâce à la Maison de la citoyenneté mondiale.

Le principe est simple : les « clients » peuvent venir une fois par semaine et repartir avec trois items maximum, plus pour les personnes qui subissent un coup dur.

Appel

« Ici, il n’y a pas que des objets mais un accueil, poursuit Mireille Gigante, véritable figure de ce Magasin pour rien. L’essentiel est que les gens repartent avec le sourire ! »

Des objets justement, on en trouve de tous types ou presque : « Nous ne prenons plus de livres car les gens ne les prennent pas en général, explique Mireille Gigante, accompagnée de sa collègue Nadia. Nous n’avons pas de meubles, car nous manquons de place… »

Le Magasin pour rien accueille jusqu’à 50 personnes par jour et le stock ne suit pas toujours, d’où cet appel lancé par Mireille et Nadia :

« Nous cherchons des jouets, de la vaisselle, des casseroles, du petit électroménager, du linge de maison… on en a jamais assez. »

A bon entendeur !

Ouvert les mardi et jeudi de 9h à 12h, le vendredi de 14h à 17h, au 103, rue Vauban – 03 89 42 04 32 – magasin pour rien

Source : http://www.mplusinfo.fr/repartir-avec-le-sourire/

magasin



18.07.2016

Ca bouge dans le Sundgau

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Enfin la fin des sacs plastics

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Au 1er juillet 2016, tous les sacs plastiques n’auront plus droit de citer aux caisses des commerces et devront être remplacés par des sacs réutilisables. Dans un second temps, ce seront l’ensemble des sacs proposés en dehors des caisses qui devront être en papier ou en plastique biosourcé compostable. Une disposition qui devrait signifier la fin des sacs à usages uniques, aberration écologique s’il en est, qui provoque des ravages écologiques (le 7ème continent, vous connaissez ?) mais aussi de santé publique puisque les débris de plastique déversés dans les océans reviennent le plus souvent dans nos assiettes, car avalés par la faune aquatique (bon appétit…).

 
Alors quitte à avoir des sacs réutilisables, autant avoir des sacs qui sortent un peu de l’ordinaire. Le Smictom d’Alsace centrale s’est associé à des acteurs locaux de l’économie circulaire, sociale et solidaire afin de fabriquer 5 000 sacs à partir de T-shirt collectés dans les conteneurs textiles et destinés au recyclage. C’est toute une chaîne d’acteurs qui s’est mise en place pour donner vie à ce projet (et tous sont d’ailleurs référencés sur la plateforme ZIGetZAG.info !) : l’Etikette de Sélestat (boutique d'Emmaüs Centre Alsace) et le Relais Est de Wittenheim collectent les T-Shirt, les trient et sélectionnent ceux en bon état ; l’Esat les Tournesols les lave ; l’association Tremplins va les repasser, les découper, les coudre et les reconditionner dans son atelier de Ribeauvillé. Objectif : que ces sacs en coton 100 % locaux soient disponibles d’ici fin juillet. Ces sacs en tissus sont spécialement conçus pour un usage quotidien et fonctionnel (livres, médicaments, pain, courses alimentaires, etc.).
 
Cette opération s’inscrit dans la semaine du développement durable et fait partie d’une campagne d’information et de sensibilisation menée par le Smictom à destination à la fois des commerçants et des consommateurs. Une affiche a été créée avec en visuel un pélican et l’inscription « Faites comme moi ! Ayez toujours un sac de courses sur vous ». Une carte postale a également été éditée avec un mode d’emploi pour réaliser soi-même un sac en tissu. Par ailleurs, des kits de communication ont été distribués dans près de 150 commerces de proximité du Centre-Alsace.
Cette campagne a vocation à faire changer les mentalités et tendre vers des pratiques plus responsables. Les consommateurs doivent prendre conscience que leur pouvoir d’achat est un réel pourvoir de décision. Avec ces sacs fabriqués localement, par des personnes en insertion avec du textile de seconde main, c’est une réelle démarche de développement durable avec à la fois une plus-value écologique, économique mais aussi sociale.

 


 

Itinérance de l’exposition « Portraits de l’Étranger. Figures de l’Autre dans la Grande Guerre »

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La nouvelle exposition de Génériques « Portraits de l’Étranger. Figures de l’Autre dans la Grande Guerre » est maintenant disponible en itinérance. Des visites peuvent être organisées sur rendez-vous pour la découvrir au sein du centre ressources de l'association (Paris 12e).

À travers une riche iconographie et des documents d’archives (photographies, dessins, cartes postales, documents d’identité), « Portraits de l’Étranger. Figures de l’Autre dans la Grande Guerre » retrace l’histoire de femmes et d’hommes venus du monde entier pour fuir le conflit, travailler ou combattre en France entre 1914 et 1918. Ainsi l’exposition revient sur la rencontre entre les différentes populations, leur représentation dans l’imaginaire collectif, leur contribution à l’effort de guerre, sur les mesures de contrôle mises en place, sur les liens tissés entre les individus ou encore sur la sortie de guerre.

Cette exposition constituée de 15 panneaux (100X120 cm) revient sur des aspects souvent méconnus de la Première Guerre mondiale. La pluralité des approches permet de dresser un tableau nuancé de cette période historique afin d’appréhender les expériences des étrangers présents dans la France de la Grande Guerre.

« Portraits de l’Étranger. Figures de l’Autre dans la Grande Guerre » est disponible en itinérance. Si vous souhaitez avoir des informations pour présenter cette exposition, n’hésitez pas à nous contacter à exposition[at]generiques.org.

Des visites de groupe peuvent être organisées sur rendez-vous pour découvrir l’exposition au sein du centre ressources de Génériques (34, rue de Cîteaux 75012 Paris). Pour toute demande de visite, merci d’envoyer un courriel à exposition[at]generiques.org.

 


17.07.2016

Campagne des présidentielles aux Etats-Unis

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Expo de Stef B aux jardins de Gaïa
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Les Jardins de Gaïa
Magasin de thé
Adresse : 6 Rue de l'Écluse, 67820 Wittisheim
Téléphone :03 90 56 20 20
Horaires :
dimanche Fermé
lundi 10:00–12:00, 13:00–18:00
mardi 10:00–12:00, 13:00–18:00
mercredi 10:00–12:00, 13:00–18:00
jeudi 10:00–12:00, 13:00–18:00
vendredi 10:00–12:00, 13:00–18:00
samedi 10:00–12:00, 13:00–18:00

 


 

11.07.2016

FESSENHEIM : HOLLANDE NE TIENT PAS SA PROMESSE

Le 17 mai dernier (cf. infra) nous avions publié l'engagement pris par François Hollande devant des militants de Greenpeace de signer le décret de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim avant la fin juin 2016 :

Paris, 7 mai 2016 devant le Théâtre de la Porte Saint-Martin

Manon (Greenpeace): – Quand allez-vous fermer Fessenheim ?
François Hollande: – Fin de l’année.
M: – Mais le décret de fermeture, c’est pour quand ?
FH: – C’est pour juin.
M: – C’est sûr, hein ?
FH: – Oui, oui.

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Le Foot c'est fini

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La vague d'euphorie qui a submergé l'hexagone lors de la Coupe d'Europe de Football est retombée comme le soufflé d'une mauvaise cuisinière utilisant un mauvais four. Finies les soirées arrosées, terminés les discours hypnotiques des media, oubliée l’illusion d’une fraternité citoyenne née de la contemplation béate d’un spectacle de millionnaires illettrés jouant à la baballe, pliés les drapeaux tricolores et lavés les maquillages clownesques qui jetèrent un voile de respectabilité sur des relents de national populisme à nous faire oublier la grande boucherie de 14-18 et la montée de l’extrême-droite.

Maintenant que la fête est terminée et que, tel Auguste affranchissant les crupellaires, François Hollande reçoit les victorieux vaincus, il serait bon de s’interroger sur ce que nous avons vécu les semaines passées…La conscience citoyenne a été endormie par les media, fascinée par l’entreprise commercialo-populiste qu’est la Coupe d’Europe,  elle a oublié la valse du Code du Travail au rythme du 49-3. Oubliée la fragilité sociale, oubliées les fins de mois difficiles, oublié le chômage, oubliée la déception des élécteurs de gauche, oubliée l'impopularité de François Hollande, finalement fut oublié tout ce qui ne va pas… La transe collective a transformé un pays en crise en un paradis de Bisounours.

L’aptitude des media et du marketing à endormir l’opinion, à susciter rapidement un courant de masse, univoque, populaire, et national, n’est pas sans déboucher sur quelques inquiétudes pour l’avenir de la démocratie. Imaginons un instant que la recette appliquée hier au football le soit demain pour un parti politique…

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Retour sur le procès du barrage de Sivens. . . et sur les circonstances de la mort de Rémi FRAISSE
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Rémi Fraisse

Le point de vue de Jean Claude EGIDIO :

Le jugement que le TA de Toulouse vient de rendre, suite à l’audience du 24 juin 2016, est extraordinaire au moins pour 2 raisons.
Rappelons en les termes : la déclaration d’utilité publique (DUP) est annulée.
La déclaration autorisant la dérogation à la loi sur des espèces animales protégées est annulée.
La déclaration autorisant le déboisement est annulée.
Mais, concernant la demande d’annulation de la déclaration d’intérêt général (DIG), le juge a prononcé un non-lieu.
Ce jugement est extraordinaire en cela qu’il donne tort à la préfète et au préfet qui ont signé les autorisations, tort aux 43 conseillers généraux qui se sont alignés sur la position de Thierry Carcenac leur président au département, tort à la CACG, à la fois experte en analyse des besoins en eau et fabricante de barrage, tort aux quelques producteurs de maïs qui escomptaient profiter à moindre frais de l’investissement public.
Le corollaire de tout ceci étant que ce jugement donne raison aux opposants, aussi bien à ceux qui ont d’abord instruit la contre-expertise, qu’à ceux qui ont occupé le site pour retarder les machines et donner le temps à la justice de se prononcer.
C’est en quelque sorte un début de réhabilitation des occupants, qui furent parfois tenus pour délinquants au point d’être condamnés en justice. C’est aussi un encouragement pour d’autres luttes, en cours ou à venir.
Mais le jugement est extraordinaire aussi en cela que le juge a refusé de statuer sur l’autre demande d’annulation, celle qui a trait à la DIG (déclaration d’intérêt général).
Précisons ici que si la DUP se rapporte au projet, son financement, son utilité, et les opérations immobilières qu’il présuppose, la DIG se rapporte plus précisément à sa mise en œuvre concrète.
Ainsi donc, le projet de barrage est jugé incohérent et par conséquent annulé, alors que le chantier qui le met en œuvre  échappe au jugement, et n’est pas considéré comme illégal. Si bien que nous nous trouvons dans une situation quasi schizophrénique.
C’est ici qu’il convient de modérer son sentiment de triomphe : le non-lieu sur la DIG met hors d’examen de la justice les exactions, les destructions, toutes les violences d’Etat qui ont accompagné les travaux. Les responsabilités ne seront pas établies, les dommages ne seront pas chiffrés, ni les réparations effectuées.
L’accord signé entre l’Etat et le département en décembre 2015 a soldé le conflit de Sivens, apuré le contentieux financier et prononcé l’abrogation de la fameuse DIG, abrogation que le Collectif Testet et FNE avaient eux-mêmes demandée dès novembre 2014.
La victoire n’est totale que pour ces deux associations, lesquelles, juste après la mort de Rémi Fraisse, ont habilement manœuvré, à l’instigation de Ségolène Royal, à la fois pour faire abandonner le projet de barrage initial et pour aménager une sortie de crise aux principaux responsables de la gabegie.

4 Juillet 2016 : communiqué de presse du Collectif
http://www.collectif-testet.org/index.php

Source : http://alternatifs81.fr


07.07.2016

Chili : l'énergie solaire est si abondante qu'elle est gratuite !

Par Axel Leclercq - 8 juin 2016

ampoule_solaire

On croit rêver... mais c'est une réalité ! Les fermes solaires du nord du Chili produisent trop d'électricité pour la demande locale. Du coup... Cadeau. Ces dernières années, le Chili a tellement investi sur les énergies renouvelables… que l’électricité est devenue gratuite ! Une situation ubuesque et inattendue qui, on s’en doute, ravit les habitants !

En quelques mois, 29 fermes solaires ont ouvert leurs portes au nord du Chili. Et, apparemment, elles sont toutes très performantes : la production excède largement la demande locale ! Résultat ? Un prix de vente qui s’écroule. Voilà 118 jours que l’électricité est même carrément gratuite au nord du pays !

Alors bien sûr, la majorité de la population chilienne, dont 40% vit en zone métropolitaine de Santiago, n’est pas encore concerné par cette mesure qui touche principalement les localités et installations du nord autour du Desert d’Atacama. Mais pour autant, ce n’est pas une première ! L’an passé, l’électricité était restée gratuite pendant 192 jours dans cette même région (un record qui pourrait être battu par la série en cours).

La situation n’est pas près de s’inverser. Alors que le Chili a déjà quadruplé ses capacités solaires en trois ans, 15 autres projets de centrale solaire vont bientôt voir le jour !

Cela dit, la gratuité ne durera pas éternellement et, à la limite, tant mieux, car il ne faudrait pas que les centrales ferment faute de revenu. En fait, si les centrales produisent plus que nécessaire, c’est surtout parce que le pays manque de lignes de transmission capable d’acheminer l’électricité dans tout le pays.

Maximo Pacheco est le ministre de l’énergie du Chili :

« Le Chili dispose d’au moins de sept ou huit points dans les lignes de transmissions qui ne sont plus fiables ou qui sont bloqués, c’est un énorme défi qui nous attend pour dépasser ces contraintes. Lorsque vous embarquez sur le chemin d’une croissance et d’un développement comme celui que nous avons connu, vous pouvez évidemment voir émerger des difficultés. »

Une nouvelle ligne de transmission est d’ores et déjà en cours de construction.

Juste un petit retard à l’allumage donc. Le Chili ne se croyait sans doute pas capable de produire autant d’énergie solaire en si peu de temps. C’était oublier un peu vite que, quand on veut, on peut !

Décidément, après avoir annoncé qu’il serait le premier pays à faire rouler son métro grâce au vent et au soleil, le Chili n’en finit plus de nous surprendre par sa capacité à innover ! Chapeau.

Source : https://positivr.fr/chili-energie-solaire-gratuite/

 


 

03.07.2016

Jean-Marc TODESCHINI interdit la Chanson de Craonne

Cent ans après la grande boucherie de la guerre de 1914-1918, le Secrétaire d'Etat Jean-Marc TODESCHINI a interdit que soit entonnée la Chanson de Craonne lors des cérémonies commémoratives de Fricourt (Somme) le 1er juillet dernier !

Cent ans après la grande boucherie de la guerre de 1914-1918 il est interdit de dénoncer l'incompétence d'un Etat-Major méprisant la vie des soldats, cent ans après il est interdit de dénoncer ce massacre de la jeunesse ouvrière et paysane, cent ans après il est interdit de donner notre voix à ceux dont la jeunesse, dont la vie, a été fauchée dans la boue. Cent ans après le Secrétaire d'Etat d'un Présidsent membre de l'Internationale Socialiste Ouvrière (PS) inetrdit aux citoyens de commemorer le drame de la guerre de 14, de rendre hommages aux parents, aux veuves, aux orphelins laissés par ceux qui, pour reprendre le mot de Brian, croyant mourrir pour la Patrie sont mort pour le Capital ! Mais avons nous encore le droit de citer Brian ?

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"Origine et nature de La Chanson de Craonne

Inspiré d’un air populaire intitulé Bonsoir m’amour (1911), la Chanson de Craonne a émergé des tranchées ignobles et des attaques suicidaires en 1915, 1916, 1917, 1918.

Reflet du climat psychologique régnant parmi une partie significative des poilus, cette chanson n’a pas d’auteur mais une dizaine de versions contenant des variantes plus ou moins importantes.

La première version connue s’intitulait La chanson de Lorette et faisait référence au plateau de Lorette Vimy où s’étaient déroulés en mai juin 1915 de violents combats durant l’offensive d’Artois de la 10ème armée. Les unités françaises avaient progressé en certains endroits de quelques centaines de mètres et certains chefs y avaient acquis une popularité (dont le général Pétain, chef du 33ème corps) au prix de pertes effroyables : 2260 officiers et 100240 soldats (dont 16194 tués, 30417 disparus, 63619 blessés). La plupart des vers de La Chanson de Lorette et de la Chanson de Craonne sont identiques ; cependant, la menace de grève aux armées n’apparaît pas encore.

En 1916, une version légèrement différente naît durant la terrible bataille de Verdun.

La Chanson intitulée, depuis longtemps, de Craonne connaît un temps fort autour de la bataille du Chemin des Dames (dont combats de Craonne) et des mutineries du printemps 1917.

A ce moment-là, L’Internationale reste le chant identitaire essentiel des opposants à la guerre (au moins à la guerre telle qu’elle se mène). Cependant, les diverses versions issues de La Chanson de Lorette (appelée aussi Le plateau de Lorette) sont de plus en plus chantées.

La Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de géographie n° 422 sous-titre "Un texte postérieur à la guerre" semant le doute sur l’origine de la chanson. Il est vrai que la version entonnée par Mouloudji comme Utgé-Royo et d’autres se base sur le texte publié en 1934 par l’Association des Ecrivains et Artistes révolutionnaires. Ceci dit, dans mon village d’Entraygues, elle fut surtout reprise publiquement entre 1918 et 1925. Je suis persuadé que cela correspond au cas général.

Diverses sources, y compris émanant d’historiens, cataloguent la Chanson de Craonne comme chant révolutionnaire "d’extrême gauche" diffusée essentiellement après guerre, en particulier par le Parti Communiste Français. C’est bien trop limitatif.

- Premièrement, beaucoup d’anciens combattants de 14-18 étaient à la fois patriotes, fiers de leur participation à la défense de la France (de leur légion d’honneur, médaille militaire ou croix de guerre) et chanteurs occasionnels de la Chanson de Craonne par souvenir des souffrances endurées, par esprit de groupe des anciens poilus. Ainsi, ces paroles étaient reprises par presque tous les Anciens combattants de mon village lors de leurs banquets annuels entre 1918 et 1939. Quant à moi, je l’ai entendue chanter des dizaines de fois entre 1949 et 1965 par d’anciens combattants de 14-18 dont beaucoup ne peuvent pas être classés à l’extrême gauche. Elle se chantait aussi lors de fêtes familiales ; mon frère a ainsi enregistré mon grand père lors de ses noces de vermeil.

Les paroles ont-elles été radicalisées politiquement après guerre par l’extrême gauche ? Je ne le crois pas. Beaucoup d’anciens poilus non marqués politiquement étaient mus par une haine infinie contre les profiteurs qui avaient fait tuer leurs camarades de tranchées. J’ai entendu des paroles bien plus violentes contre ces "embrusqués" que celles de la version officielle depuis 1934.

Parmi les variantes des deux derniers vers du dernier couplet, notons celles-ci :

- Tous nos compagnons sont étendus-là

Pour défendre les biens de ces feignants-là.

ou

- Tous nos pauvres frères sont étendus là bas

Pour garder le bien de ces fumiers là.

En fait, le débat d’historiens sur la Chanson de Craonne touche à deux questions fondamentales :

- A-t-il existé un bolchévisme des tranchées françaises durant les années 1917 et 1918 ? Ma réponse est oui, en particulier sur la base des discussions que j’ai menées avec plusieurs anciens combattants de l’époque.

- A-t-il existé un antimilitarisme de masse dans les années 1905 à 1914, trahi en 1914 par les dirigeants de la SFIO ? Ma réponse est encore OUI ! Jacques Serieys "

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"Un seul meurtre fait un scélérat, des milliers de meurtres font un héros." Erasme

Carte postale de Félix Vallotton (1902), illustrateur anarchiste


La Chanson de Craonne

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

Ici chantée par Marc Ogeret

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Michel Rocard, député des Yvelines, secrétaire national du Parti socialiste unifié (PSU), participe au traditionnel défilé des travailleurs, le 1er mai 1971 à Paris.



02.07.2016

LES AMIS DE L'EMANCIPATION SOCIALE : NON A LA CARRIERE DE TERNUAY

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29.06.2016

Angélique Kidjo : « Il faut en finir avec le mariage forcé des fillettes »

Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté pour l’Unicef, lors d’une réunion d’information auprès d’enfants éthiopiennes contre le mariage forcé.

Les mariages d’enfants illustrent le fardeau extrêmement lourd supporté par les filles les plus pauvres au niveau mondial, et plus particulièrement par celles qui vivent dans les communautés marginalisées des régions rurales d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud, où la pratique est la plus courante.
Ces filles que l’on marie sans leur consentement voient leur enfance volée. J’ai été témoin du mal que cela leur cause.
Lorsque j’étais enfant, à Cotonou, au Bénin, plusieurs de mes camarades d’école primaire ont été mariées très jeunes. Je n’ai jamais revu certaines d’entre elles, leur nouvelle vie familiale les obligeant à partir loin. D’autres, que j’ai revues plus tard, avaient changé. Leur joie et leur enthousiasme s’étaient envolés. Obligées de devenir trop rapidement adultes, elles avaient perdu leur insouciance. J’ai remarqué qu’elles éprouvaient un sentiment de honte, une prise de conscience aiguë de leur différence par rapport à nous.
Les plus vulnérables au monde

Bien que des progrès aient été réalisés, la diminution des mariages d’enfants est cependant inégale. Les filles des ménages les plus pauvres – ou vivant en zone rurale – ont deux fois plus de risques d’être mariées avant l’âge de 18 ans que les filles des ménages les plus riches ou celles vivant en zone urbaine.

En l’absence de progrès, près de 950 millions de femmes auront connu le même sort d’ici 2030, contre plus de 700 millions aujourd’hui. Et d’ici à 2050, près de la moitié de ces « épouses-enfants » sera africaine.

Lire aussi : Angelique Kidjo : « La jeunesse africaine est actrice de son devenir »

La suite de l'article sur la page du Monde Afrique


27.06.2016

Notre-Dame-des-Landes : « Le référendum était pipé »

Dimanche 26 juin, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a remporté plus de 55 % d’avis favorables lors d’une consultation organisée en Loire-Atlantique. Les opposants dénoncent un scrutin manipulé et rappellent que les recours juridiques contre le projet ne sont pas épuisés. Ils sont déterminés à poursuivre leur combat, malgré la menace d’expulsion qui pèse sur la Zad.

- La Vache Rit (Zad de Notre-Dame-des-Landes), et Paris

Les résultats définitifs de la consultation sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui s’est déroulée dimanche 26 juin en Loire-Atlantique, sont tombés aux alentours de 23 h. 55,17 % des votants se sont dits favorables au « projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ». Le taux de participation dépasse les 50 %.

Ce résultat cache d’importantes disparités. A Notre-Dame-des-Landes, 73,6 % des votants ont glissé un bulletin « non » dans l’urne. De même que dans les communes alentours, comme à Grandchamps-des-Fontaines (66,57 %), Casson (63,53 %) ou Vigneux-de-Bretagne (69,42 %). À Nantes, le « oui » l’a emporté de justesse avec seulement cent voix d’avance.

A la Vache-Rit, on dénonce une consultation « illégitime »

« Il y a tout à la Zad, même des soirées électorales ! » Dans le hangar de la Vache-Rit, le QG des opposants, la retransmission d’une émission télé en direct a quelque chose d’incongru. Le brouhaha des zadistes, paysans et opposants rameutés par l’annonce des résultats couvre les commentaires des pro et anti-aéroport sur le plateau d’invités de la télévision.

Les mines sont soucieuses, quand d’autres rappellent que toute le monde a admis depuis des mois que l’issue de ce référendum ne change rien sur le terrain. Mais certains avaient le secret espoir que la consultation voie le Non l’emporter et que le gouvernement abandonne ainsi le projet. « On ne va pas faire des commentaires et des analyses sur le chiffre, encore moins commencer à détailler commune par commune. Cette consultation qui est plutôt un sondage grandeur nature est illégitime, un point c’est tout, dit un paysan. On pouvait s’y attendre. Ce n’est qu’un étape qui nous ramène à la situation d’avant ce "sondage" ».

Autour, les conversations vont bon train :

« Ce qui m’impressionne c’est le taux de participation : 51 %, j’aurais pas cru autant, dit un autre paysan.
- N’empêche que il y a des résultats paradoxaux, les communes impactées, autour de Notre-Dame-des-Landes et autour du site de l’actuel aéroport n’ont pas un vote inverse mais disent plutôt non à Notre-Dame-des-Landes, lâche un barbu hirsute.
- Oui, mais les résultats par commune, c’est de l’anecdote, d’intérêt purement local. L’objectif de ce vote c’était de chercher une légitimité. C’est bien joué. Et après on entend les pro-aéroport demander d’être "beau joueur", rétorque une trentenaire avec un beau coup de soleil sur le front.
- Mais non, finalement c’est peut être une bonne nouvelle : si le non l’avait emporté, l’abandon du projet aurait rendu très difficile la mobilisation unanime pour défendre la Zad, on aurait manqué de soutiens. Là c’est clair, on revient au rapport de force tel qu’il est en place depuis des mois, tente un barbu à lunettes rondes.
- Bonne nouvelle, bonne nouvelle, c’est vite dit : ça n’aurait pas été mal d’arracher une victoire, un retrait du projet, comme exemple pour d’autres luttes contre des grands projets inutiles », insiste un paysan.

Un mélange de déception, de détermination et de cohésion

Les visages disent un mélange de déception pour ceux qui ont voulu croire en une issue des urnes, et une détermination évidente, voire une nécessité de la cohésion pour des jours de résistance. Chacun a sa théorie sur les scénarios probables : intervention policière à l’automne ou surtout pas en cette période de début de campagne des présidentielles. Le bâton merdeux à refiler au prochains locataires de l’Élysée et de Matignon.

Une déclaration commune au mouvement est lue à deux voix par Mathilde la zadiste et Dominique Fresneau le président de l’Acipa : « Comme l’avaient démontré les différentes composantes du mouvement, le cadre, le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une série de mensonges d’État et radicalement inéquitable. Il ne s’agissait pour nous que d’une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport à Notre Dame des Landes.

Cette lutte se poursuit dès ce soir. Nous savons que les attaques du gouvernement et des pro-aéroport vont se renforcer. De notre côté, nous n’allons pas cesser pour autant d’habiter, de cultiver et de protéger ce bocage. Il continuera à être défendu avec la plus grande énergie parce qu’il est porteur d’espoirs aujourd’hui indéracinables face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde. Nous appelons tous les soutiens et comités partout en France et au-delà à se mobiliser et à redoubler de vigilance dans les semaines et mois à venir. Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ». Avant d’appeler à converger massivement à Notre-Dame-des-Landes pour le rassemblement estival anti-aéroport, les 9 et 10 juillet.

« L’agglomération nantaise ne réclame pas à corps et à cris le départ de l’aéroport de Nantes-Atlantique »

Jointe par téléphone, Françoise Verchère, membre du Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Cédpa) tire « des enseignements très intéressants » du résultat de la consultation : « Les communes situées à proximité du projet d’aéroport ont voté non. Mais dans d’autres communes, à qui on a dit qu’il n’était pas possible de garder l’aéroport de Nantes-Atlantique, le résultat est moins clair. Saint-Sébastien-sur-Loire a voté non et à Bouguenais, ma commune, très impactée par le bruit des avions, le score est serré. L’agglomération nantaise est loin de demander le départ de l’aéroport à corps et à cris. Cette consultation ne règle rien. »

Yves Riou, membre du collectif des Naturalistes en lutte, se dit « déçu mais pas étonné » par la victoire du « oui ». « Le référendum était pipé, assure-t-il. Le périmètre a été défini à partir de sondages favorables au projet. Les moyens des partisans et des opposants n’étaient pas équivalents. Des structures comme Des ailes pour l’Ouest avaient derrière eux une partie du patronat du BTP. Nous, nous avons fait campagne avec l’argent des militants. » Quant au document officiel d’information, « il ne reprenait pas les arguments des militants et était plus proche des pro que des anti-aéroports », accuse M. Riou.

Guy Bourlès, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), conteste lui aussi le bien-fondé de la consultation : « Il y a déjà eu un débat public en 2003, puis une enquête publique en 2006. Elle a recueilli de nombreux avis défavorables, mais on est passé outre. Et là, dix ans après, on demande de nouveau leur avis aux habitants ? Ces consultations n’ont pas de grand sens démocratique et ne permettent pas un choix éclairé formé sur la base d’information sûres. »

Des recours juridiques toujours en suspens

Les opposants vont poursuivre leur combat « de la même façon, avec des recours juridiques et des mobilisations de terrain », assure M. Bourlès. Les recours sur la loi sur l’eau et sur les espèces protégées sont toujours à la Cour administrative d’appel, qui pourrait trancher « en septembre ou octobre ». Une fois ces recours nationaux épuisés, les recours au niveau européen prendront le relais. Enfin, le projet doit faire l’objet d’une « évaluation environnementale globale » qui doit être validée en octobre, conformément au schéma de cohérence territoriale (Scot) de Nantes-Saint-Nazaire. « On est au milieu du gué », conclut l’opposant.

Pour François de Beaulieu, des Naturalistes en lutte, le résultat de la consultation « n’enlève rien au fait que ce projet est un mauvais projet, et qu’il tombera pour cette raison ». Par exemple, les mesures compensatoires prévues sont « infaisables » : « Pour compenser la destruction de zones humides et d’espèces protégées, les promoteurs doivent créer des prairies permanentes sur des terres agricoles dans le cadre de contrats avec des agriculteurs, explique-t-il. Ces mesures doivent être engagées avant le début des travaux, sinon le chantier ne peut pas démarrer. Mais les promoteurs sont incapables de trouver des paysans prêts à signer ces contrats, soit parce qu’ils sont opposés au projet, soit parce que ce n’est pas compatible avec l’organisation de leurs exploitations ! »

Autre point épineux du dossier, la biodiversité. Le préfet de Loire-Atlantique a préparé un arrêté de dérogation permettant la destruction du campagnol amphibie. Mais entre-temps, les Naturalistes en lutte ont découvert à Notre-Dame-des-Landes d’autres espèces protégées, comme le triton de Blasius et la cicendie. « Le préfet va devoir prendre des arrêtés pour ces espèces, que nous attaquerons », prévient M. de Beaulieu.

Pour les partisans du projet, un « résultat incontestable »

Des menaces balayées par les partisans du projet d’aéroport. « Ce résultat est incontestable, il n’est pas possible de continuer à s’opposer comme si la consultation n’avait pas existé, estime Pascal Bolo, premier adjoint à la maire de Nantes. Le territoire a gagné, l’agglomération et le grand Ouest vont pouvoir continuer à grandir avec une infrastructure moderne, correctement dimensionnée et conforme aux exigences de la COP21 ».

« Je n’ai jamais entendu parler de ces recours sur la loi sur l’eau et les espèces protégées, ni au niveau européen, déclare André Taméza, de l’association Des ailes pour l’Ouest. Le projet a déjà fait l’objet de 155 ou 156 recours qui ont tous été rejetés en appel. Il a été jugé comme conforme. Maintenant, il faut que les choses se fassent. » Le partisan du nouvel aéroport espère que le chantier « s’engage en novembre prochain ».

Reste la question de l’évacuation de la Zad. « Il faut une approche républicaine des choses. Les élus écologistes et les députés européens qui apportent leur soutien aux zadistes doivent appliquer la loi, juge M. Taméza. Il faut qu’ils leur demandent de rentrer chez eux, même si ce n’est pas facile. C’est à ceux qui ont allumé la mèche de l’éteindre. »

L’évacuation de la Zad ? « Bon courage ! »

Pascal Bolo se montre plus prudent. « Il n’y aura pas de début des travaux avant l’évacuation de la Zad, et l’on sait que cette évacuation va être compliquée, redoute-t-il. C’est pour cela que nous ne sommes pas dans une posture où nous posons un ultimatum au gouvernement. Il serait déraisonnable d’expulser la Zad dès la semaine prochaine. Mais j’espère quand même que l’attente ne va pas durer trop longtemps, parce qu’on donnerait l’impression aux gens de les avoir fait se déplacer pour voter et qu’ensuite il ne se passe rien. »

« On ne chasse pas comme ça des centaines de personnes et des centaines d’animaux domestiques soutenus par des milliers de personnes, avertit de son côté François de Beaulieu. Nous verrons si l’exécutif arrive à évacuer les lieux, compte tenu de la résistance qui lui sera opposée et de l’absence de légitimité juridique du projet, tant que tous les recours ne seront pas épuisés. » Guy Bourlès l’affirme : « Localement, tout le monde est prêt pour cette échéance. Il va y avoir de la tension. Ségolène Royal l’a dit à Manuel Valls : bon courage ! »

Nicolas de La Casinière et Emilie Massemin (Reporterre)


24.06.2016

Brexit

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Pierre Laurent: « L'ampleur du désaveu doit conduire à la refondation de l'UE »

Les citoyens britanniques viennent de voter à 51,9 % pour sortir de l'Union européenne. C'est un nouveau choc révélateur de l'ampleur du désaveu populaire vis à vis de l'UE néolibérale. Le temps est venu de refonder l'UE, de construire une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale. Cette nouvelle Union, et les nouveaux traités qu'elle appelle, doivent se construire sous le contrôle des peuples européens.

Le déni répété de cette exigence depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen jusqu'au coup d’État financier contre la Grèce, a conduit l'Europe dans le jusqu'au-boutisme libéral et donné des ailes à l'extrême droite. La stratégie de David Cameron et l'accord passé avec la Commission européenne ciblant les populations immigrées ont libéré les forces les plus xénophobes au Royaume Uni. Même dans sa formation politique, Cameron a été pris à son propre jeu. Pour les classes populaires britanniques, le changement de gouvernement qui s'annonce à l'automne, encore plus à droite, veut dire plus d'austérité, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société.
 
Nous refusons le faux dilemme imposé par les partisans de l'austérité, entre l'enfoncement dans la crise sociale et l'autoritarisme, ou la dislocation sur fond de rivalités nationalistes. Il y a une autre option, celle de la reprise en main du projet européen par la gauche. Une lutte cruciale pour notre avenir à tous est engagée entre la droite ultralibérale de Boris Johnson alliée à l’extrême droite de Marine Le Pen et l'alliance de toutes les forces de gauche et de progrès qui refusent l'austérité. Nos regards se tournent vers l'Espagne, ou le résultat de dimanche pourrait ouvrir un espoir dans le camp progressiste. Les communistes français seront plus que jamais au côté des peuples, de la gauche du Royaume Uni et d'Irlande, dans la période complexe et instable qui s'ouvre. Avec nos alliés, nous travaillerons sans relâche à la construction de l'Europe du développement social, économique et écologique, respectueuse des souverainetés nationales.
 
La campagne présidentielle et législative de 2017 doit être l'occasion d'un grand débat populaire sur la politique de la France en Europe. Il n'y a rien à attendre de Hollande et Sarkozy qui ont été les artisans de l'Europe austéritaire. La question du changement politique à gauche, dans un grand pays comme le nôtre se pose plus que jamais. Le PCF entend y contribuer dès maintenant, en construisant un pacte d'engagements commun qui contienne une politique concrète et offensive pour un gouvernement de la France qui soit au combat sur la scène européenne.
 
Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, Président du PGE,
Paris, le 24 juin 2016.

 


 

Notre-Dame-des-Landes : le référendum

 

Dimanche 26 juin, les électeurs de Loire-Atlantique sont appelés aux urnes pour une consultation citoyenne concernant le projet d'aéroport. Régulièrement le blog ami Alternatives et Autogestion dans le Tarn et l'Aveyron publie des articles pour soutenir les opposants à ce projet destructeur de l'environnement !

https://alternatifs81.fr/?tag=notre-dame-des-landes

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21.06.2016

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20.06.2016

14 juin à PARIS . . .Témoignage « au ras du pavé. . .au parfum de lacrymo ! »

Publié le vendredi, 17 juin 2016 dans https://alternatifs81.fr/

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Un de nos sympathisants, Claude G, était monté manifester à PARIS depuis son coin du Massif Central. Nous publions son témoignage (écrit le 15 au matin) ainsi que les précisions qu’il nous a envoyées depuis. Pour lutter contre la désinformation ambiante, la manipulation, les tentatives de diffamer les manifestants ;

Retrait de la loi-travail !

Qu’ils dégagent tous : et les droites qui nous gouvernent et la peste brune-marine qui aspire à le faire et les oligarques qui les manœuvrent ! !

Alternatives et Autogestion le 17 juin 2016

Libérons la parole

Bonjour,

Avec mon épouse (60 ans, moi 72 ans) nous sommes arrivés à 12h45 place d’Italie. Nous avons fait le tour de la place, puis nous nous sommes assis sur un banc à gauche de la mairie du 13ème en la regardant.

C… est allé acheter des sandwichs que nous avons mangé … Atmosphère classique bon enfant …

Puis, vers 13h30, comme nous espérions retrouver des camarades, nous sommes partis en tète de manif, dans l’avenue qui descend à gauche de la mairie du 13ème … N’étant pas parisien, je ne connais pas les noms des lieux, hormis ceux que j’ai repéré.

Et là, premier étonnement : en tête du cortège CGT, pas de carré de tête, pas de service d’ordre. Et en plus, devant il y avait un grand espace rempli de manifestants, sans aucun agencement …

On s’est dit alors que le début de la manif c’était plus loin, et on a marché, on a beaucoup marché, jusqu’en bas de cette avenue. Et là, deuxième découverte : des barrages de CRS bouclaient les avenues, sauf une qui remontait et on a remonté cette direction jusqu’à arriver à un autre cortège. Troisième énorme surprise, ce cortège était très grand. Je dirais entre 3000 et 4000 personnes. Ce cortège était très fortement structuré, très compact, avec quelques drapeaux noirs flottant au dessus avec un sigle que je ne connaissais pas.

99% des personnes qui le composaient étaient habillées de noir de la tête au pied, avec des masques contre les lacrymos ou des foulards sur le nez. Devant ce cortège, un gros cordon de CRS …

On s’est alors dit qu’on était au début de la manif. On s’est assis sur un banc pour voir passer la manif et si possible retrouver les camarades.

On a du rester ainsi une petite demi-heure, à discuter avec lesautres personnes assises sur ce banc qui disaient que devant nous c’étaient les casseurs, etc.

On n’a rien dit, ignorants que nous étions de la réalité parisienne …

Et puis, devant nous, un jeune homme est monté à un pylône en haut duquel il y avait une caméra de surveillance et, avec un bout de bois, il a fait tomber cette caméra …

Aussitôt, les CRS sont entrés en action. Ceux du cordon devant la manif, et une escouade  de 20 robocops environ, surgie d’une rue d’en face. . .

Tout ça à coup de lacrymos, – des grenades d’un seul tenant et d’autres qui se partagent en de nombreuses rondelles à l’impact au sol, (rondelles qui rebondissent en l’air sur une douzaine de mètres et qui diffusent du lacrymo) – et aussi des trucs qui explosent au sol et font un gros bruit.  Ce sont ces trucs là qui blessent quand vous êtes tout près d’un impact.  Je l’ai vu sur l’espace devant la tour de Montparnasse, plus tard …

Donc, mouvements de foules très violents … On nous a dit plusieurs fois de ne pas rester sur notre banc. Voyant les CRS en train de charger arriver vers nous, on s’est sauvé comme tout le monde, vers le haut de cette avenue qui montait.

Les CRS occupent l’avenue là où se tenait le cortège, s’immobilisent avec, sur l’avenue, une escouade assez petite.

Je remarque alors des petits groupes de CRS (une dizaine par groupe) qui se faufilent le long des bâtiments bordant l’avenue …

Du coup, les manifestants se regroupent, et ils s’organisent.  D’abord, supporter les lacrymos … Les pingouins, qui – comme nous – sont venus les mains vides,  souffrent du gaz lacrymo.

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Les jeunes nous donnent des petites bouteilles en plastique. On enlève le bouchon et on se verse le liquide dans les yeux et ça soulage immédiatement.

Ils nous proposent aussi un mélange liquide pour imprégner un tissu à mettre devant le nez et la bouche pour empêcher le lacrymo de faire tousser ou de vomir. Mon épouse peut utiliser ce produit avec son foulard. Moi, je suis en chemisette et pantalon d’été. Donc pas possible. . .

Ils s’organisent pour contre attaquer. Au début ça sent l’improvisation totale. Ce sont des bouteilles d’eau, de coca, etc, qui servent de projectiles contre les CRS.

Dès ce moment là, j’ai pu voir les petits groupes de CRS à l’œuvre. Ils foncent dans les manifestants pour attraper quelqu’un. . Quand ils ont attrapé quelqu’un, ils le jettent à terre, le bousillent à coups de matraques, de pieds, de bouclier. . .

Les plus salauds, ce sont les flics en civil (les volontaires des bacs m’a t’on dit):

– qui tordent les bras,

– qui cognent avec une matraque beaucoup plus fine, – en métal -, qui doit blesser directement,

– qui montent sur la personne à terre et sautent à pieds joints dessus …

Tout cela, je l’ai vu au moins 20 fois entre le lieu où nous étions sur le banc et la tour Montparnasse …

J’ai vu les rares équipes médicales des jeunes prendre en charge les blessés :

– ceux qui avaient le dessus de la tête ouverte par coup de matraque,

– ceux qui avaient été piétinés par les mouvements de fuite très rapides,

– ceux qui vomissaient tripes et boyaux, ayant eu la malchance d’avoir été gazé de très près …

Tout cela je peux en témoigner, car je me suis approché souvent pour voir exactement ce qui se passait …

 Lorsque nous avons quitté le banc sur lequel nous étions assis, il était 14h – 14h15.  Nous sommes arrivés à la tour Montparnasse vers 18h. Donc les affrontements ont duré près de 4h sur une distance qui doit faire un petit kilomètre …

Bien sur je dois dire aussi que si, au début, j’étais un spectateur étonné, la violence des interventions policières, l’arrogance des salauds de la bac, et la sauvagerie des CRS ont fait que, très vite,  nous avons pris fait et cause pour les jeunes qui se battaient.

Ces derniers d’ailleurs ont évolué dans leur organisation … En haut de l’avenue, ils dépavaient là où il restait des pavés, (certaines entrées de porches, de grilles d’entrées privées).  Ils arrivaient à morceler des plaques épaisses de goudron posées dans les cercles autours des arbres. D’autres cassaient systématiquement les vitrines de banque. Une agence de la Banque Populaire pas loin de la tour Montparnasse qui a été entièrement dévastée …

[La Banque Populaire, c’est mon ancienne banque que j’ai quittée il y a à peu près 5 ans, quand j’ai appris qu’elle disposait de 70 sociétés financières dans les places offshore, et que donc elle participait pleinement aux spéculations financières qui détruisent et nos revenus et notre vie au profit d’une poignée de très très riches qui en veulent toujours plus …]

Autant vous dire que la destruction de cette agence m’a donné beaucoup plus de satisfaction que les scénettes, jouées par les militants d’Attac, qui font semblant mais qui surtout ne cassent rien. Aller faire le tour de la B C E à Francfort bien gentiment pour dénoncer sa toute puissance ?… ? ! Quelle blague ridicule ...

Il est aussi vrai que les jeunes ont cassé toutes les parois vitrées des abris bus sur le parcours…

Çà, je désapprouve.

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Avant d’arriver à la tour Montparnasse il y a eu un épisode que je dois raconter.

Une fois de plus, un petit groupe de CRS fonce dans la manif et attrape un jeune. Je ne répète pas le scénario habituel. Ce groupe de CRS revient sur le bord, devant des bâtiments …

A ce moment les manifestants s’aperçoivent que ce groupe de CRS est loin des autres … Alors, aux cris de « Libérez nos camarades ! », les manifestants présents se regroupent, se rapprochent et je me retrouve dans un cordon de 3 personnes liées par le bras poussées par beaucoup d’autres pour empêcher les CRS d’avancer … Contact …

Les 2 CRS devant moi sont visiblement aussi surpris  que moi de ne plus pouvoir avancer … De notre côté, ça pousse fort, fort. . .

Et là, je prends conscience que je suis dans un groupe de syndicalistes CGT, Sud, etc.

Nous poussons tellement que les CRS, tout d’un coup, reculent de 10 mètres. Clameur dans nos rangs. Mais, ils avaient reculé pour pouvoir charger, et ils chargent …

Je prends 2 coups de matraque sur le visage (mais vraiment pas fort car ça n’a fait que des bosses, mais ça m’a fait sauter mes lunettes … plus de lunettes !). Je suis entrainé dans une fuite violente qui me fait tomber. Un syndicaliste me tire et me remet debout. . . Je me retrouve tout étonné de ne pas avoir été pris par les CRS (visiblement, ils avaient assez de leur prisonnier). La suite bien sur, c’est lacrymos, lacrymos …

Il me faudra un certain temps pour récupérer de cet épisode.

Autre épisode indispensable à raconter : nous sommes assis, sur le mur qui fait le tour des Invalides, à l’endroit où l’avenue contourne les Invalides pour déboucher sur son entrée principale et la magnifique esplanade de verdure qui est devant. Au milieu de l’avenue, un carré de CRS qu’on peut contourner et par la droite et par la gauche pour aller plus loin vers l’esplanade … Pendant une demi heure, il ne se passe rien, hormis les cris « dégagez, cassez vous ! ».

Et puis, arrive une voiture de la CNT, et peu après le magnifique cortège CGT des dockers du Havre, bien agencé, casques oranges sur la tête avec fanfare, etc.

Et tout d’un coup d’autres CRS arrivent en fendant la foule et rebelote : le bal des lacrymos recommence et, bien sur, quelques projectiles volent en direction des CRS …

La présence des CRS au milieu de cette avenue ne servait à rien, elle ne bloquait rien, elle n’obéissait à aucune logique si ce n’est à une présence provocatrice …

Vu la grandeur du nuage de lacrymo qui se développe, nous décidons avec mon épouse de partir, il est 18h45, nous rejoignons une station de métro ouverte et partons vers notre lieu de repli, de résidence.

Conclusion : pour mon épouse, ça a été une découverte totale qui a engendré chez elle au début la peur et ensuite la colère puis la rage.

Il me semble que pour bon nombre de manifestants c’est ce processus là qui marquera. Et cela, surtout parce que le lieu de dispersion fut marqué par la violence totalement inutile des CRS … Ils lançaient leurs lacrymos et actionnaient leurs matraques bien longtemps après que les participants du premier cortège se soient dispersés et aient disparu tout simplement en changeant leurs vêtements …

Çà aussi, je l’ai vu.  Et ça m’a bien amusé de voir ces jeunes passer à coté des CRS pour aller rejoindre une station de métro …

Ce matin, après une bonne nuit, mon épouse est très satisfaite d’avoir vécu tout ça .

En ce qui me concerne, la première chose que j’ai à dire c’est que Valls vient de faire une faute politique et sociale : le mélange entre les jeunes « anarchistes » (anarchistes n’est pas correct je pense,  car de nombreux et nombreuses participant-e-s au premier cortège étaient là pour en découdre, pour s’affronter aux forces de répression de l’état bourgeois, sans plus ) et de nombreux syndicalistes s’est fait !

La preuve ?

Au début, le seul cortège en tête était le cortège en « noir ». Quand la bataille a commencé, un 2ème cortège juste derrière (où flottaient les drapeaux des Sud, de la CNT, et de nombreux drapeaux CGT) s’est formé. Tout ça n’a fait qu’un, très vite …

J’ai même dit à plusieurs reprises à des camarades que, tête nue, il ne fallait pas lancer des projectiles à cause des caméras actionnées par les CRS … Ne pas oublier que chaque rue qui débouchait sur cette avenue tant de la droite que de la gauche était fermée par un barrage de CRS et qu’à chacun de ces barrages il y avait une caméra qui marchait …

J’espère très fort qu’il n’y ait point d’interpellations postérieures consécutives aux enregistrements de ces foutues caméras !

Et puis quand nous avons tenté de « récupérer » le camarade qui s’était fait attrapé, il n’y avait là que des syndicalistes et des manifestants « ordinaires ». L’action fut spontanée, totalement improvisée.

C’est d’ailleurs à cause de cela qu’elle échoua …

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Ensuite, le niveau de l’affrontement a été important entre la tour Montparnasse et les Invalides : ce sont des milliers de pierres, de pavés, qui étaient par terre une fois l’affaire terminée. Je suppose aussi que les dégâts vont représenter une somme importante.

Voilà, je m’arrête là.

J’apporte un témoignage, notre témoignage, mon témoignage direct, brut de pomme … Je ne veux pas ici tirer une analyse, des analyses, avancer quelque prophétie que ce soit …  Je souhaite juste qu’on n’en reste pas là, que la loi Travail soit annulée, que Valls et Hollande dégagent, qu’on puisse avoir l’opportunité de reconstruire une société solidaire, juste, intelligente, loin des mirages et des violences du fric … Comment ? je n’ai pas ici la prétention de le dire …

Cordialement  CL G

 

AJOUT :

Bonjour,

Je suis d’accord pour que mon compte rendu soit utilisé et circule, . . . , à la condition bien sur qu’il ne soit pas tronqué.
Et, je peux ajouter quelque chose ici : depuis mardi soir une campagne est menée pour faire croire que les « jeunes » ont attaqué l’hopital Necker. Je déclare ici que, pour avoir été présent sur les lieux, – mais attention une simple présence de manifestant parmi tous les autres, avec tous les flux et reflux dus aux nombreux nuages des lacrymos.
En plus devant Necker,  je n’étais pas dans les 1ers rangs car j’avais déjà perdu mes lunettes et j’étais bien secoué par la « bousculade » suite à l’affrontement direct avec les robocops.
Donc, quand même, je déclare que les « jeunes » ont caillassé les escouades de robocop qui étaient devant Necker, qui ont circulé devant Necker.
Mais, c’est une bêtise sans nom de dire qu’ils ont « attaqué » l’hopital Necker … Ils ont attaqué les robocops et, durant ces échanges de projectiles, il y a eu des impacts dans les vitres de Necker …
Si vous regardez attentivement les images, vous constaterez que tous les impacts sont, au plus haut, à hauteur de poitrine d’homme et que donc il s’agit de projectiles lancés sur des hommes, point barre …
S’ils avaient voulu attaquer Necker, il leur était facile de jeter leurs pavés plus haut, à 10M de hauteur et plus …
L’ignoble Pujadas a présenté des images montrant des camarades de la CGT en train de jeter des pierres … Cela est vrai. Mais il n’a jamais présenté les images montrant les salauds de la bac en train de s’acharner avec sadisme sur les jeunes à terre et déjà menottés … Pujadas ! …

 


 

Des Chinois achètent en France des centaines d’hectares de terres agricoles

16 juin 2016 / Nathalie Picard (Reporterre)

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Dans l’Indre, une société chinoise a acquis cinq exploitations agricoles totalisant 1.700 hectares de terres. Profitant d’une faille juridique, elle a contourné les instances chargées du contrôle du foncier agricole et contribue au développement d’une agriculture sans paysan.

 Vendœuvres et Châtillon-sur-Indre (Indre), reportage

Un corps de ferme s’étend au milieu des champs de blé et de colza. À l’une de ses extrémités, deux silos à grains brillent au soleil. Mais les vaches ont quitté depuis longtemps l’étable, et la maison est abandonnée. Seuls le chant des oiseaux et le vrombissement de quelques voitures viennent perturber le silence environnant. Pourtant, les terres de La Tournancière — cette ferme située à Vendœuvres, dans le département de l’Indre (36) — sont toujours cultivées. Colza, blé, orge : une rotation classique pour les céréaliers du secteur. Mais ici, les propriétaires ne sont plus des agriculteurs : La Tournancière a été rachetée par la société Hongyang, un fonds de gestion chinois. En deux ans, ces investisseurs ont acquis cinq exploitations dans l’Indre, soit une surface totale de 1.700 hectares.

Ici, l’histoire fait grand bruit. D’autant que les cessions ont été réalisées dans une totale opacité. Et pour cause, les instances normalement chargées de contrôler la vente et l’exploitation agricole ont été tenues à l’écart. Les Safer d’abord : ces sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural sont censées protéger les terres agricoles. Informées des projets de vente par les notaires, elles disposent d’un outil juridique — le droit de préemption — pour acheter à la place de l’acquéreur initial. Le but : revendre à une personne dont le projet correspond mieux à l’intérêt général. Deuxième principe de régulation : le contrôle des structures, qui soumet l’exploitation des terres à une autorisation de l’État. Une personne qui s’installe ou s’agrandit doit effectuer cette démarche.

« Contourner les lois et les règles est un sport national ! »

Alors comment les investisseurs chinois ont-ils pu passer outre ? En exploitant une faille dans ce système. Toute entreprise agricole doit adopter un statut juridique : soit l’exploitation individuelle, soit la société agricole. Or la Safer n’a pas le droit de préempter des parts de société. « Il suffit donc d’organiser la cession en vendant des parts sociales », explique Dominique Granier, trésorier de la Fédération nationale des Safer. En clair, il suffit à l’agriculteur exploitant individuel de passer en société agricole. Ensuite, le fonds de gestion chinois rachète la quasi-totalité de ses parts. Mais le vendeur reste exploitant minoritaire et titulaire de quelques parts. Ainsi, nul besoin de passer par la Safer ni par le contrôle des structures. Cette pratique s’avère tout à fait légale.

Si certains semblent découvrir la brèche, la société Hongyang n’est pas la première à s’y engouffrer. « Contourner les lois et les règles, c’est un sport national ! Des agents apportent leur expertise juridique aux exploitants agricoles qui veulent devenir plus gros que leur voisin, qu’ils soient français ou étrangers », dénonce Régis Lemitre, président de la Safer du Centre. Certes, la loi d’avenir adoptée fin 2014 vient apporter de timides améliorations. Désormais, la Safer peut exercer son droit de préemption sur une société si 100 % des parts sont mises en vente. Mais, en cas de cession partielle, la Safer ne peut préempter. « Avec le ministère de l’Agriculture, nous cherchons aujourd’hui une solution pour que le foncier ne nous échappe plus », déclare Dominique Granier.

Deuxième source d’indignation : le prix. Les rumeurs vont bon train. Il serait trois à quatre fois supérieur à celui du marché. Mais la Safer du Centre dément : « Les investisseurs chinois ont acheté à un prix élevé, certes, mais nous l’évaluons à environ 20 % au-dessus du marché, pas plus », rectifie Régis Lemitre. Hervé Coupeau, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) de l’Indre, estime le différentiel plus élevé.

Pourquoi un tel débat ? Parce qu’il est difficile de déterminer le prix des terres à partir du prix de vente d’une société : « Il faudrait faire analyser chaque transaction par un expert comptable pour savoir comment se répartit le prix entre bâtiments, terres, matériel ou remboursement de dettes », indique Valérie Diagne, directrice départementale de l’Indre à la Safer du Centre.

Ronald Ammerlaan, ancien éleveur qui a cédé sa ferme de 120 hectares à la société Hongyang, estime avoir vendu à un prix raisonnable, « à peine 8.000 € l’hectare tout compris. Un couple d’éleveurs devait la reprendre, mais la banque a refusé le prêt. J’étais pris par le temps, j’avais les banques sur le dos », se défend le vendeur, qui se dit déçu de ne pas avoir trouvé de repreneur.

« Le vrai problème, c’est qu’une poignée de gens accaparent autant de surfaces »

En même temps, qui peut se permettre d’acheter une exploitation de 120 hectares à 960.000 € ? « Certainement pas un jeune voulant s’installer, déplore Nicolas Calame, porte-parole de la Confédération paysanne de l’Indre. S’installer en céréales est devenu quasi-impossible. Ce ne sont pas les Chinois qui font flamber les prix. Ils y contribuent un peu, mais les premiers responsables sont les paysans français. Surtout, le vrai problème, c’est qu’une poignée de gens accaparent autant de surfaces. Que ce soit des Chinois ou des Français. C’est un modèle d’agriculture sans paysan. »

D’après Hervé Coupeau, la production de La Tournancière serait gérée par un chef de culture salarié et de la main d’œuvre temporaire. Même organisation à La Chambrisse, à Châtillon-sur-Indre (36), une autre exploitation céréalière de 1.000 hectares cédée aux Chinois. « Nous sommes contre la reprise d’exploitation sans installation, assure le représentant syndical. Il faut contrôler ces acquisitions, les limiter à 200 hectares et y installer un jeune avec un bail de carrière. » Une proposition dont la FDSEA aimerait discuter avec le gérant français des sociétés agricoles détenues par Hongyang. Ces dernières travaillent aujourd’hui avec la coopérative Axéréal, comme tous les agriculteurs du coin. Elles y achètent semences, engrais et produits phytosanitaires, puis y livrent leurs récoltes. « Avec 1.700 hectares, elles sont loin de pouvoir organiser leur propre filière », affirme un représentant d’Axéréal. Hervé Coupeau confirme, mais s’inquiète des projets du fonds de gestion. D’après ses informations, des négociations seraient en cours pour l’achat de nouvelles exploitations. Et le représentant syndical d’alerter : « Si les investisseurs acquièrent 10.000 hectares, ils pourront constituer leur propre filière et exporter vers la Chine. C’est donc notre sécurité alimentaire qui est en jeu. »

 

 


13.06.2016

Tribunal MONSANTO : LA HAYE, 14-16 octobre 2016

Le Tribunal Monsanto est une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour crimes contre l’humanité et écocide. Il se tiendra à La Haye, aux Pays-Bas, du 14 au 16 octobre 2016.

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Au nom du comité d’organisation, je vous écris pour inviter votre organisation à participer à cet important événement. D’une part nous organisons un Tribunal avec des témoignages de victimes des produits et pratiques commerciales de Monsanto. D’autre part, une Assemblée des peuples se tiendra en parallèle afin de rallier les mouvements sociaux et de planifier ensemble le futur que nous souhaitons.

Cet événement a été lancé par un vaste comité d’organisation comptant des membres éminents tels que Marie-Monique Robin, Olivier de Schutter, Vandana Shiva, Hans Herren, André Leu, Corinne Lepage, Ronnie Cummins et Gilles-Eric Seralini. L’initiative est déjà soutenue par plus de 100 organisations, dont La Via Campesina.

Source : https://alternatifs81.fr/

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L’ampleur des inondations est accentuée par les mauvaises pratiques agricoles

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Après plusieurs jours de pluies torrentielles, les cours d’eau débordent et les inondations se multiplient. La faute aux éléments déchaînés ? Pas seulement. Ce phénomène naturel est aggravé par des pratiques agricoles délétères pour les sols.


Ça tombe, ça tombe, ça ne s’arrête plus. En trois jours, du dimanche 29 mai au mardi 1er juin, la Picardie, le bassin parisien et le nord de la région Centre ont reçu l’équivalent de deux mois de précipitations. A Paris, la pluviométrie a battu des records : lundi et mardi, il est tombé 61,3 millimètres d’eau, autant qu’en un mois entier ! Les conséquences ne se sont pas fait attendre : le Loing et l’Yerres, deux affluents de la Seine, sont sortis de leurs lits. Le Grand et le Petit Morin, deux affluents de la Marne, débordent aussi. A Paris, la Seine pourrait monter jusqu’à un niveau compris entre 5,30 m et 5,90 m ce vendredi 3 juin. Plusieurs villes se sont retrouvées les pieds dans l’eau : c’est le cas de Nemours (Seine-et-Marne), où 3.000 habitants ont dû être évacués du centre-ville inondé, et de Montargis (Loiret), noyé sous 1,80 mètre d’eau jeudi matin 2 juin.


« Ce phénomène est avant tout un problème de précipitations, de pluies longues, qui durent et qui s’infiltrent dans le sol jusqu’à saturation", dit à Reporterre Ghislain de Marsily, hydrologue et professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie et à l’École des Mines de Paris. Mais pourquoi les sols saturent-ils ? Certes, ces pluies sont exceptionnelles mais, pour l’agronome Jacques Caplat, « la bétonisation, l’artificialisation des zones humides, la disparition des haies » aggravent la situation. Ce constat n’est pas nouveau, et a pu être fait à propos des inondations dans le Var, ou en qui concerne les zones humides. "Mais ce dont on parle très peu et qui me semble très important, c’est l’appauvrissement des sols agricoles », nous dit Jacques Caplat.

Un sol en bon état est riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en petites bêtes et en particulier en vers de terre qui creusent des galeries. Le sol est alors poreux, plein de petits trous, qui lui permettent d’absorber l’eau. « Marcel Bouché, un agronome qui avait fait des études sur les infiltrations d’eau, a montré qu’un sol vivant pouvait absorber jusqu’à 300 millimètres d’eau par heure ! C’est beaucoup plus que ce qui est tombé ces jours-ci. A titre de comparaison, un orage méditerranéen violent, c’est 150 millimètres d’eau par heure », indique notre expert agricole.

Le problème est qu’avec l’intensification de l’agriculture, « les éponges sont devenues des toiles cirées », déplore Jacques Caplat. « On a peu d’arbres et peu de rotation des cultures, donc peu de racines. Le gigantisme des parcelles a entraîné l’utilisation de machines agricoles de plus en plus lourdes, qui tassent le sol. L’eau ne peut plus s’infiltrer ! » Les haies ont été arrachées, alors qu’elles faisaient barrage aux ruissellements. La disparition des zones humides dégrade encore la situation, car elles constituaient « des espaces-tampons capables d’absorber beaucoup plus d’eau que les endroits secs », regrette l’agronome.

Lydia Bourguignon, agronome et fondatrice du Laboratoire d’analyses microbiologiques des sols, partage ce constat accablant en s’appuyant sur l’exemple des grandes plaines céréalières de la Beauce : « Après-guerre, dit-elle, les sols de ce territoire contenaient 4 % de matière organique en moyenne. Aujourd’hui, ce taux est inférieur à 2 %. Conséquence, les sols ne pompent plus. » Elle pointe du doigt l’utilisation de produits phytosanitaires, « le Roundup qui tue la faune capable d’aérer le sol, et des engrais qui minéralisent la matière organique, la brûlent et la consomment trop vite ».

Pire, le ruissellement ne se contente pas de favoriser les inondations ; il emporte de la terre à chaque grosse averse, le sol disparaît peu à peu. « On le voit sur les photos, l’eau est chargée, observe Lydia Bourguignon. La pluie entraîne la terre, le sol s’érode, la quantité de matière organique diminue. C’est un cycle infernal. »

 

Gérard Michaut, agriculteur bio dans le nord de l’Yonne, l’a constaté chez d’autres : « Ça coule, ça ravine, il y a parfois des ornières de 50 centimètres de profondeur. »

Et sur ces terres agricoles abîmées, aux inondations succède la sécheresse. Le sol n’a pas retenu d’eau. « Et si dans un mois, il y a un peu de chaleur, vous allez voir que le agriculteurs vous diront qu’ils ont des sols secs », prévoit Lydia Bourguignon. Au risque, même, de devoir irriguer…

Une situation à laquelle n’aura pas à faire face Gérard Michaut : cela fait 20 ans qu’il a adopté des pratiques de culture destinées à préserver ses sols. « Je ne laboure pas et je ne laisse jamais mes sols nus. Il faut un mélange de paille et de racines en surface pour retenir la terre, explique-t-il. Je travaille aussi perpendiculairement à la pente, et en buttes, pour faire barrage et éviter l’érosion. » Autre mesure, il met jusqu’à huit cultures différentes, successivement sur une même parcelle. « A chaque changement, cela permet d’avoir des racines et des débris différents qui favorisent la retenue d’eau et la porosité des sols ».

Résultat, sur ses champs en pente, « quand il y a un début de glissement de terrain, il ne part que sur deux ou trois centimètres et s’arrête tout de suite. » Il suffit d’un brin de paille pour retenir la terre. Tous ces micro-barrages additionnés permettent à grande échelle d’éviter un désastre.

Et ces techniques, peu à peu, tracent leur sillon dans les champs. « Quand j’ai commencé, on était 1 % des agriculteurs à les pratiquer, se souvient le paysan. Aujourd’hui nous sommes 30 % à les avoir adoptées à des degrés divers. »

 

Source : 3 juin 2016 Marie Astier et Émilie Massemin (Reporterre)

 


 

Carrière de Ternuay : enquête publique

 

Un énorme rappel ! Les choses se bousculent à propos du projet de carrière de Ternuay : l'enquête publique se déroule du 1 er juin au 2 juillet. L'association Sauvegarde du plateau des Milles étangs et de la haute vallée de l'Ognon vous invite à déposer votre avis à l'enquête publique. Il suffit de remettre ou d'envoyer une lettre avant le 2 juillet au :
Commissaire enquêteur
Enquête publique sur la carrière de Ternuay -
mairie de Ternuay
70270 Ternuay

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 https://www.facebook.com/stop.carriere

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08.06.2016

DEMAIN le livre

demain

Cet ouvrage est le récit de la genèse du film mais aussi des différentes étapes de ce voyage extraordinaire qu’a représenté le tournage. Il permet au lecteur d’approfondir les thématiques abordées dans le film et de découvrir des initiatives qui n’ont pas pu y figurer. En six grands chapitres — Nous nourrir pour ne pas disparaître, Réussir la transition énergétique, Une économie pour demain, Réinventer la démocratie, Une nouvelle histoire de l’éducation, Commencer à s’y mettre — Cyril Dion raconte ces rencontres hors du commun avec des femmes et des hommes qui changent le monde. Tantôt sur le mode du récit, tantôt sur celui du dialogue, en texte et en image, ce livre nous entraîne sur la voie du changement et de la transition, de l’espoir et de l’initiative, sur celle d'« un nouveau monde en marche ».
360 pages  - 22,00 € - Actes Sud

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06.06.2016

Ce gouvernement ne doit pas continuer ! »  Appel initié par la Fondation Copernic
Publié le vendredi, 3 juin 2016 dans Construire des alternatives

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Ce gouvernement ne doit pas continuer à faire monter les tensions dans le pays. Il est minoritaire sur son projet de loi. Et tout le monde a saisi qu’il devrait, pour le faire passer en cachette, donner l’impression de l’« amender » dans la confusion, début juillet.

Une très large majorité de la population a parfaitement compris la loi El Khomri : pour de sombres calculs des institutions européennes en faveur des grands groupes financiers, il faudrait encore réduire les droits des salarié.e.s. Avec des droits passés à cette moulinette, il n’y aurait plus au final qu’un Code du travail entreprise par entreprise, des syndicats contournés, des individus moins payés, isolés, sommés de se soumettre ou renvoyés au chômage.  

Le gouvernement n’a pas de majorité à gauche pour imposer cette régression sociale majeure, qui écrit l’histoire à l’envers. Et il doit se confronter à une intersyndicale et à des mobilisations qui, depuis trois mois, redonnent de l’espoir à des millions de salarié.e.s, de précaires, de jeunes, de sans-droits… Les Nuits debout en montrent les potentialités. Jouer des tensions et des violences policières, vouloir user les grévistes, tenter des coups de force au Parlement, où cela va-t-il aboutir ? Nous sommes inquiet.e.s, comme beaucoup en ce moment. Faudra-t-il à ce gouvernement un mort comme lors de la loi Devaquet en 1986 ? Il vaudrait mieux, au plus vite, qu’il cesse de côtoyer les risques de tragédie… Ou bien lui faudra-t-il une « nuit du 10 mai », comme en 1968 ?

Les analyses et les propositions pour améliorer le Code du travail ne manquent pas, ni du côté des juristes, ni du côté des syndicalistes. Le gouvernement aurait déjà dû savoir les écouter et discuter. Alors que son projet est partout rejeté, quel besoin de bomber le torse plus longtemps ? Pour en arriver où ?

Il serait plus sage de « passer la main » : que le premier ministre abandonne cette loi, qu’il démissionne si besoin, et qu’il laisse reprendre autrement une discussion sur ce qui constitue une vraie question. Car oui, il faut discuter de réformes qui consolident les droits et réorganisent les relations sociales dans les entreprises. Mais en faveur des salarié.e.s et des jeunes ! Et pas des actionnaires.

 

Les 168 premiers signataires : Catherine Achin (politiste), Armand Ajzenberger (historien), Bruno Ambroise (philosophe), Jean-Loup Amselle (anthropologue), Paul Arnault (sociologue), Etienne Balibar (philosophe), Pierre Bardelli (économiste), Stéphanie Barral (sociologue), Michel Barthélémy (sociologue), Laure Bereni (sociologue), Christophe Bonneuil (historien), Nicolas Bué (politiste),Fatima-Ezzahra Ben-Omar (féministe), Eric Berr (économiste), Thibaut Besozzi (sociologue), Céline Bessière (sociologue), Jacques Bidet (philosophe), Jean Bigot (réalisateur), Michel Bilis (directeur d’hôpital honoraire), Hervé Bismuth (maître de conférence en littérature), Benoit Borrits (journaliste),Paul Bouffartigue (sociologue), Ali Boulayoune (sociologue), Claire-Akiko Brisset (japonologue), Claude Calame (anthropologue), Marie Cartier (sociologue), Manuel Cervera-Marzal (sociologue), Aurore Chéry (historienne), Pierre Clément (sociologue), Jacques Cossard (économiste), Annick Coupé (syndicaliste), Pierre Cours-Salies (sociologue), Thomas Coutrot (économiste), Robert Crémieux (MNCP), Alexis Cukier (philosophe), Fanny Darbus (sociologue), Sonia Dayan-Herzbrun (sociologue), Laurence De Cock (historienne), Marielle Debos (politiste), Christine Delphy (sociologue), Sophie Desrosiers (anthropologue), Keith Dixon (angliciste), Paul Dirkx (sociologue), Josépha Dirringer (juriste), Ali Douai (économiste), Vincent Dubois (sociologue), Anne Dufresne(sociologue), Cédric Durand (économiste), Philippe Enclos (juriste), Michel Entrud (haut fonctionnaire), Fabien Eloire (sociologue), Anne Eydoux (économiste), Jean Fabbri (mathématicien), Eric Fassin (sociologue), Bastien François (politiste), Anne Fretel (économiste), Nathalie Frigul (sociologue), Bernard Friot (sociologue), Maryse Gadreau (économiste), Jean Gadrey (économiste), Isabelle Garo (philosophe), Christophe Gaubert (sociologue), Bertrand Geay (sociologue), Didier Gélot (économiste), Julie Gervais (politiste), Dominique Glaymann (sociologue), Jérôme Gleizes(économiste), Caroline Guibet-Lafaye (philosophe), Fabrice Guilbaud (sociologue), Camille Gourdeau (anthropologue), Ozgur Gun (économiste), Nicolas Haeringer (altermondialiste), Abdellali Hajat (politiste), Hugo Harari-Kermadec (économiste), Jean-Marie Harribey (économiste), Jacqueline Heinen (sociologue), Michel Husson (économiste), Sabina Issehnane (économiste), Gisèle Jean (sociologue), Fanny Jedlicki (sociologue), Esther Jeffers (économiste), Anne Jollet (historienne), Samy Joshua (professeur de sciences de l’éducation), Claudine Kahane (astrophysicienne), Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic), Danièle Kergoat (sociologue), Razmig Keucheyan(sociologue), Michel Koebel (sociologue), Bernard Lacroix (politiste), Rose-Marie Lagrave (sociologue), Christian Laval (sociologue), Catherine Leclercq (sociologue), Rémi Lefebvre (politiste), Brigitte Le Grignou (politiste), Philippe Légé (économiste), Wenceslas Lizé (sociologue), Michael Löwy 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Source : http://alternatifs81.fr

 


 

Le Magasin Pour Rien

mireille_et_stagiaire

 

Afin de pouvoir répondre aux très nombreuses demandes, Le Magasin Pour Rien a besoin d'objets. C'est la période où l'on vide son grenier, alors redonnez vie aux objets que vous n'utilisez pas (casserolles, assiettes, déco, etc.) en les apportant au Magasin.

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103 rue Vauban

(entrée rue Lefebvre face à l'Edelweiss)

Téléphone : 03 89 42 04 32

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- MARDI MATIN et JEUDI MATIN : 9h à 12 h
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Demandez à Petit Navire d'opter pour des méthodes de pêche durable et d’arrêter ce carnage !

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Le gouvernement lance une LGV absurde dans le sud-ouest, l’opposition se lève
4 juin 2016 / Baptiste Giraud (Reporterre)
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Une enquête publique défavorable et l’absence de plan de financement n’ont pas arrêté le gouvernement. Il va déclarer d’utilité publique les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax dimanche 5 juin. Les opposants se réunissent en Gironde. Ils vont relancer la bataille contre la réalisation de ces lignes.

L’affaire semblait pourtant mal emmanchée pour le gouvernement. Il veut réaliser le « Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest » (GPSO), qui consiste à réaliser deux nouvelles lignes à grande vitesse entre Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse (Reporterre vous en a parlé ici). Mais la commission d’enquête publique a rendu un avis défavorable en mars 2015. Une première pour un projet de cette ampleur.
Dans le rapport de la commission, les critiques ne manquent pas. Des impacts environnementaux « insuffisamment pris en compte » ; un besoin de LGV « non partagé » (« Aucune catégorie, même les entreprises, n’est majoritairement favorable au projet », est-il écrit) ; des alternatives « insuffisamment explorées » ; un budget très important (9,5 milliards d’euros), dont le financement n’est pas assuré, une rentabilité très incertaine, etc.
Pourtant, le 25 mai dernier, le secrétaire d’État aux transports, Alain Vidalies, par ailleurs natif des Landes, député de la 1re circonscription du département et plusieurs années adjoint au maire de Mont-de-Marsan, affirmait que le Conseil d’État venait d’émettre un avis favorable sur ce projet. Il a depuis confirmé dans la presse que la déclaration d’utilité publique (DUP) serait signée ce dimanche 5 juin.

9,5 milliards d’euros de budget prévisionnel 
Mais cette note du Conseil d’État reste... secrète ! « Seul le gouvernement peut décider de rendre publics les avis du Conseil d’État sur les textes qu’il lui soumet. En l’espèce, il semble que le gouvernement n’ait pas souhaité rendre cet avis public », nous explique le service de presse du Conseil d’Etat. On ne connaîtra donc pas les arguments du Conseil d’Etat, qui s’assied sur l’avis de la commission d’enquête publique. Le secrétariat d’État aux transports, interrogé par Reporterre à ce sujet, n’a pas donné suite à nos relances.
Pourtant, sur une autre affaire de train, la LGV Poitiers-Limoges, le même Conseil d’État a rendu récemment une décision opposée. La DUP de ce projet avait été prise en janvier 2015 par Manuel Valls. Mais, saisi par les opposants, il a finalement annulé la DUP, estimant que le projet n’était pas d’utilité publique et que la procédure n’avait pas été suivie de façon régulière.
« C’est affligeant, peste Denise Cassou, porte-parole du collectif vigilance LGV Gironde. Le tout TGV va dans le mur, les français n’en veulent pas : l’enquête publique a recueilli 15.000 contributions [6.912 contributions et 7.099 signataires de pétitions], ça ne s’est jamais vu. Cette décision est un déni de démocratie, on cherche à nous faire avaler ce projet de force. »
Selon elle, ce sont quelques élus de poids qui sont à la manœuvre : « Les grands élus des Landes veulent absolument cette LGV, pour être relié à Paris. Vidalies et [Henri] Emmanuelli notamment. » Mais aussi Alain Rousset, le président de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente (ALPC), Carole Delga, présidente de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, et Alain Juppé, soutiens inconditionnels de la LGV.
Si la DUP est bien signée d’ici le 8 juin, il faudra maintenant pour le gouvernement rassembler les 9,5 milliards d’euros de budget prévisionnel. Aucune ébauche de financement n’a encore été rendue publique. La région ALPC, pourtant favorable au projet, ne devrait rien donner : Alain Rousset s’y est engagé dans le cadre d’un accord avec EELV aux dernières régionales et a déclaré sur Twitter qu’il appartenait « au gouvernement de trouver des sources de financement nouvelles ».

En face, les opposants à la LGV sont loin de lâcher leur combat. Dernièrement, ils ont déclaré avoir acheté en 2011 deux terrains à Landiras, dans le sud de la Gironde, situés sur le tracé prévu de la nouvelle ligne Bordeaux-Dax. Et les 140 copropriétaires en indivision ne vendront pas de leur plein gré. « À travers cet achat collectif, nous sommes décidés à faire de l’obstruction, à mener une guérilla juridique, et à aller jusqu’à l’expropriation au tribunal », explique Denise Cassou. « Nous avons reçu énormément de retours positifs après l’avoir rendu public. C’est très clairement une action qui fait tilt car elle est positive, collective... et quelque peu facétieuse par sa “clandestinité”. Elle symbolise le côté David contre Goliath de cette lutte. »
Il s’agit aussi pour les militants - qui se retrouvent samedi 4 juin à Landiras de montrer aux autres propriétaires concernés par la ligne qu’ils « ne doivent pas se laisser faire. Car il y a vraiment une opposition de fond ici, chez les citoyens comme chez les élus. » Les associations d’opposants (Coordination Vigilance LGV Gironde, Très Grande Vigilance en Albret, la Sepanso, les Amis de la Terre Landes, la Coordination pour une alternative Midi-Pyrénées) se préparent également à déposer des recours, une fois la DUP signée.
Beaucoup ici imaginent la constitution d’une Zad pour empêcher le début des travaux, le jour où ils se profileront. Même l’enquête publique l’évoque au titre d’un « contexte peu porteur » et propice à la « contestation ». « Nous, associatifs, on ne va pas appeler à ça, on a choisi d’autres moyens d’actions, précise Denise Cassou. Et puis la Zad ne se décrète pas. Ceci dit, vu le mépris qui nous est opposé, je comprends que des personnes, notamment jeunes, passent à d’autres moyens d’actions. D’ailleurs la question n’est pas de savoir s’il y aura une Zad, mais où elle sera, voire où elles seront... »

Les LGV Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse sont en réalité des étapes dans la réalisation d’une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Paris et l’Espagne. Le tronçon Paris-Tours (« LGV Atlantique ») étant en service depuis 1989, c’est sa prolongation qui est en jeu. La construction de la LGV Tours-Bordeaux a commencé en 2012, dans le cadre d’un partenariat public-privé — l’acteur privé en question étant Vinci. Elle devrait coûter un peu moins de 7 milliards d’euros au total et être inaugurée à l’été 2017. Quant au dernier tronçon, de Dax à Hendaye, il avait été reporté par Jean-Marc Ayrault dès 2013, en raison du coût très important des travaux dans cette zone plus densément urbanisée, ainsi que des mobilisations dans le Pays basque dont, déjà, l’achat de parcelles du tracé par 500 copropriétaires militants. « Ils avancent géographiquement pas à pas, une étape à la fois. Ils n’ont pas abandonné l’idée de prolonger les nouvelles voies vers le Pays basque », rappelle Alice Leiciagueçahar, élus EELV au conseil régional ALPC.

Source : https://reporterre.net/

02.06.2016

Jeudi 9 juin, Rencontre de Reporterre : de la ville aux champs, les néo-paysans

Reporterre et la couveuse d’activités agricoles Les Champs des possibles organisent une rencontre, le 9 juin à Montreuil, sur l’installation agricole à travers des discussions, des témoignages et le partage d’outils.

Deux cents exploitations agricoles disparaissent par semaine. Dans dix ans, la moitié des agriculteurs partira à la retraite.

Mais alors que le monde agricole traverse une crise majeure, des hommes et femmes, venus de la ville, s’installent aux quatre coins de la France en maraîchage, élevage, culture.

C’est un mouvement crucial mais peu visible. Chaque année, plus d’un tiers des installations sont le fait de personnes non issues du milieu agricole. Elles renouvellent profondément le secteur grâce aux circuits courts et aux filières biologiques. Toutes ces expériences se rassemblent pour donner à la paysannerie un nouveau visage, porteur d’espoir !

Reporterre et les Champs des possibles vous invitent à une soirée consacrée à ces nouveaux paysans : au programme, discussions, témoignages et partage d’outils pour réussir son installation agricole, dans une ambiance festive et surprenante.


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  • Ouverture des portes à 18 h 30, venez rencontrer les porteurs de projets et les associations qui les accompagnent. Une exposition photo et audio sera dédiée aux néo-paysans ;
  • À 19 h 30, dégustation d’un repas bio, à prix libre ;
  • À 20 h 30, un débat animé par Hervé Kempf, avec :
- Jean-Louis Colas, coprésident du Réseau national des espaces test agricoles, tuteur au sein de la couveuse d’activités agricoles Les Champs des possibles. Il a cédé sa ferme à des jeunes non issus du milieu agricole ;
- Lucile Leclair, coauteur des Néo-Paysans, publié par Reporterre et Le Seuil ;
- Franck Darret, nouveau paysan installé dans la Drôme en plantes aromatiques et élevage ;
- Olivia Renaud, nouvelle paysanne dans l’Oise. Avec trois autres personnes, elle a converti en agriculture biologique une exploitation laitière classique ;
- Marc Bianchi, maraîcher bio en Seine-et-Marne.
- Le Jardin d’Alice, lieu artistique partenaire de Reporterre, demandera à l’entrée une adhésion à prix libre (1 ou 2 euros ou plus) pour son association.
- Pour préparer le repas dans la journée et installer la salle, l’équipe de Reporterre aura besoin d’aide, merci de nous contacter : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
- Table de presse : Reporterre et Transrural Initiatives
- Stand d’information sur l’installation agricole : pôle ABIOSOL (Les Champs des Possibles, Terre de Liens, Réseau Amap IdF et GAB IdF).

 


30.05.2016

 

Mon pays c'est le monde

Le samedi 28 mai des citoyens et citoyennes se sont retrouvés autour de la MCM au Centre Culturel Lavoisier-Brustlein afin d'échanger dans le cadre d'un Forum Participatif sur la réalité multiculturelle du monde contemporain et de la vie quotidienne à Mulhouse.

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 "Mulhouse 140 nationalités : 140 potentialités"


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L’ahurissante affaire du boulanger « bio » poursuivi par l’administration

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Un couple de boulangers de la Somme est accusé d’avoir trompé ses clients. L’enjeu : l’appellation « bio ». Cette affaire, dont le jugement a été reporté au mois de septembre, pose la question de l’arbitraire des contrôles et de l’adaptation des normes aux petits producteurs.

- Amiens (Somme), reportage

Malgré la pluie fine, ils sont une cinquantaine serrés autour d’un abri de toile blanche, coloré des drapeaux jaunes de la Confédération paysanne. Le petit groupe est installé au pied des marches du tribunal correctionnel d’Amiens (Somme). Plusieurs paysans membres du syndicat agricole sont présents, de même que des adhérents des Amaps (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), l’association qui s’oppose à la ferme des Mille-Vaches, Novissen, ou encore de simples clients. Beaucoup n’en reviennent pas de devoir se réunir ici en ce matin gris pour soutenir... une boulangère. Son délit ? L’administration accuse Françoise Bourgeois d’avoir trompé ses clients. Elle aurait tenté de leur faire croire que son pain est bio, alors qu’il n’a pas le label. « Aberrant », « consternant », « scandaleux », ahurissant », « ridicule » : dans l’assemblée, chacun cherche les mots pour qualifier son sentiment face à la situation.

Françoise Bourgeois et son mari, Alain, ont apporté la pancarte à l’origine de l’affaire. Le panneau de bois mesure 40 cm sur 44 et indique : « Pain au levain de farine bio moulue sur meule de pierre, cuit au feu de bois. » À côté du texte, l’étiquette de la farine a été ajoutée. « On voulait montrer que notre farine vient de chez un paysan-meunier installé à 15 kilomètres de chez nous », s’excuse Alain. Sauf que la farine est bio, et que les logos « agriculture biologique » de la France et de l’Europe apparaissent sur son étiquette. Les contrôleurs de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) ont donc jugé que l’affiche prêtait à confusion. Françoise est accusée de « présentation de produit faisant croire qu’il bénéficie de la qualité de produit issu de l’agriculture biologique » et risque jusqu’à deux ans de prison et 300.000 euros d’amende.

Pour lire la suite sur Reporterre, cliquez ici !

 


24.05.2016

Coupes budgétaires dans la recherche : huit grands chercheurs dénoncent « un suicide scientifique et industriel »

Un projet de décret a été présenté commission des finances de l’Assemblée nationale, mercredi 18 mai, annulant 256 millions d’euros de crédits sur la mission « recherche et enseignement supérieur ». La commission doit se prononcer sur ce texte mardi. Dans une tribune, publiée par « Le Monde », sept Prix Nobel et une médaille Fields (une récompense équivalente pour les mathématiques), dénoncent « un coup de massue » et décrivent des mesures qui « s’apparentent à un suicide scientifique et industriel ».

Hasards de l’actualité : nous avons appris le même jour que les dépenses de recherche et développement (R&D) de l’Etat fédéral allemand ont augmenté de 75 % en dix ans, et que le gouvernement français annulait 256 millions d’euros des crédits 2016 de la Mission recherche enseignement supérieur (Mires), représentant un quart des économies nécessaires pour financer les dépenses nouvelles annoncées depuis janvier.

Au sein de ces mesures, on note que les principaux organismes de recherche sont particulièrement touchés, le CEA, le CNRS, l’INRA et Inria, pour une annulation globale de 134 millions d’euros.

Nous savons combien les budgets de ces organismes sont tendus depuis de longues années. Ce coup de massue vient confirmer les craintes régulièrement exprimées : la recherche scientifique française, dont le gouvernement ne cesse par ailleurs de louer la grande qualité et son apport à la R&D, est menacée de décrochage vis-à-vis de ses principaux concurrents dans l’espace mondialisé et hautement compétitif de la recherche scientifique. Exemple parmi d’autres, le gouvernement américain vient de décider de doubler son effort dans le domaine des recherches sur l’énergie.

Ce coup d’arrêt laissera des traces, et pour de longues années

Ce que l’on détruit brutalement, d’un simple trait de plume budgétaire, ne se reconstruit pas en un jour. Les organismes nationaux de recherche vont devoir arrêter des opérations en cours et notamment limiter les embauches de chercheurs et de personnels techniques. Ce coup d’arrêt laissera des traces, et pour de longues années.

Le message envoyé par le gouvernement n’incitera pas non plus la jeunesse à se tourner vers les métiers de la recherche scientifique et de la R&D en général.

Une analyse récente de la société Thomson Reuters plaçait trois organismes français, le CEA, le CNRS et l’Inserm, parmi les dix organismes publics les plus innovants au monde, illustrant ainsi le fait que notre pays dispose bien de la recherche de base et d’une R&D de qualité, conditions nécessaires pour mener à bien le redressement économique du pays.

Nous sommes encore loin des 3 % du PIB fixés comme objectif pour les dépenses de R&D par la stratégie Europe 2020, et nous n’y parviendrons pas en fragilisant à ce point les principaux organismes de recherche. Les mesures qui viennent d’être prises s’apparentent à un suicide scientifique et industriel.

Dans ce monde incertain, la qualité de notre recherche est un atout considérable. La recherche française est un des pôles reconnus de la science mondiale multipolaire et nous devons maintenir et consolider cette position enviable. Car il n’y a pas de nation prospère sans une recherche scientifique de qualité. Puisse le gouvernement français entendre cet appel.

Françoise Barré-Sinoussi (Prix Nobel de physiologie ou médecine)
Claude Cohen-Tannoudji (Prix Nobel de physique)
Albert Fert (Prix Nobel de physique)
Serge Haroche (Prix Nobel de physique)
Jules Hoffmann (Prix Nobel de physiologie ou médecine)
Jean Jouzel (vice-président du groupe scientifique du GIEC, au moment où celui-ci reçoit le prix Nobel de la paix)
Jean-Marie Lehn (Prix Nobel de chimie)
Cédric Villani (médaille Fields)

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/05/23/coupes-budgetaires-dans-la-recherche-huit-grands-chercheurs-denoncent-un-suicide-scientifique-et-industriel_4924612_3232.html



23.05.2016

Exposition virtuelle : Regards croisés France-Allemagne "les immigrés dans l’histoire ouvrière et sociale, 1968-1990"

Regards croisés France-Allemagne retrace l’histoire et les luttes, souvent méconnues, des femmes et des hommes qui ont quitté leur pays d’origine pour travailler dans l’industrie allemande et française entre 1968 et 1990, dans une perspective qui croise à la fois l’histoire de l’immigration et celle des luttes ouvrières.

Depuis la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951, le couple franco-allemand est présenté comme le moteur du développement économique et industriel de l’Europe. Ce développement, qui a permis à l’Europe de l’Ouest de se reconstruire et aussi d’offrir à ses citoyens un niveau de vie jamais atteint auparavant, a pu se faire grâce aux immigrés venus travailler dans les usines, les chantiers ou encore les manufactures.
Longtemps inscrits dans une invisibilité liée au caractère temporaire de l’immigration de main d’œuvre, les travailleurs immigrés, tant Européens (Italiens, Grecs, Espagnols, Portugais, Yougoslaves…) que les non-Européens (Turcs, Marocains, Algériens, Tunisiens…) sont longtemps restés les grands oubliés de l’histoire. L’exposition « Regards croisés France-Allemagne : les immigrés dans l’histoire ouvrière et sociale, 1968-1990 », grâce à des documents d’archives, a pour objectif de corriger cet oubli en inscrivant ces travailleurs venus d’ailleurs dans l’histoire européenne entre 1968 et 1990.

Cette exposition a bénéficié d’un partenariat avec DOMiD (Centre de documentation et musée des migrations en Allemagne) et du soutien de l’OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse). Elle a été réalisée avec l’appui technologique de l’Institut culturel de Google.

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Cliquer sur l'image



 

La Fabric' à projets 2.0

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Bonjour à tous,
 
Nous vous invitons le 25 mai prochain à partir de 19h à la Table de la Fonderie pour une Fabric'à Projets animée par Nicolas Nafziger sur le revenu de base.
 
Mis en place à titre expérimental dans une région en Finlande et soumis en ce moment à la votation en Suisse, ce dispositif nous permettrait d'initier une société où l'on partage mieux le travail et où l'on éradique la grande pauvreté. Le revenu de base séduit dans toutes les tendances politiques et les détails de sa mise en place sont encore à débattre : comment, quand, quel montant, quel financement, exclusivement en monnaie locale ou non ... ?
 
Nicolas souhaite ouvrir le débat sur la région mulhousienne, informer les citoyens et créer une communauté de réflexion locale autour du sujet et pourquoi pas faire de Mulhouse une ville expérimentale, pionnière dans ce domaine.
 
Toutes les personnes motivées par le sujet sont bienvenues.
 
Bien à vous,
 
L'équipe de la Fabric'à Projets.

 

La Table de la Fonderie 

 


 

STOP AU MASSACRE DES VOSGES HAUTE-SAONOISES
TERNUAY

 


 

POUR DIRE OUI A UNE ÉTUDE SUR LES ALTERNATIVES AU PROJET DE LIAISON AUTOROUTIÈRE CASTRES TOULOUSE. PÉTITION A SIGNER ET A DIFFUSER LARGEMENT

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POUR PLUS D’ÉQUITÉ ET LE MAINTIEN D’UN RÉSEAU ROUTIER PUBLIC DE QUALITÉ : USAGERS DE LA ROUTE, VOUS ÊTES TOUS CONCERNÉS !

ALORS, DITES OUI A UNE ÉTUDE POUR LES ALTERNATIVES AU PROJET AUTOROUTIER CASTRES TOULOUSE.

Interpellez la Présidente de Région LRMP et demandez-lui de faire réaliser avant l’enquête publique fin 2016, des études sur les alternatives au projet autoroutier Castres Toulouse, études que les services de l’État ont toujours refusées de faire.
Lors de sa conférence de presse du 21 décembre 2015, Mme Carole DELGA, Présidente de la nouvelle Région LRMP, a défendu « la volonté de construire un nouveau rapport avec nos concitoyen-ne-s » en favorisant «  … notamment la consultation préalable sur les grands dossiers … » avec « La mise en débat contradictoire d’alternatives aux grands projets d’aménagement du territoire basées sur des évaluations transparentes et indépendantes ».
Le bon sens, voire l’obligation morale vis-à-vis des usagers de la RN126 et des habitants du bassin Castres – Mazamet et des territoires traversés, veut que la solution « autoroute privée à péage » fasse l’objet d’une étude comparative à la « solution alternative publique » que constitue l’aménagement de l’existant parce que :
  • l’intérêt économique de cette autoroute à péage est plus qu’incertain,
  • l’impact sur l’environnement, le cadre de vie, l’agriculture, le trafic local, est avéré, 
  • plus de la moitié du financement se fait sur fonds publics (subvention d’équilibre et rétrocessions des déviations existantes),
Le « Nouveau contrat démocratique » de Mme Delga offre enfin la possibilité de réaliser des études via le service évaluation / prospective du conseil régional.
  • En signant cette pétition, vous manifestez votre volonté de construire vous aussi un nouveau rapport avec vos élus.
  • En faisant une promesse de don (*), vous montrez votre détermination à participer à un acte démocratique fort.
  •  

SIGNEZ ET PARTICIPEZ !

(*) Promesse de dons à indiquer dans la zone « Je signe parce que … »


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17.05.2016

Les confidences de François Hollande sur Fessenheim

En déplacement, le président de la République a annoncé, en exclusivité devant les militants de Greenpeace, que la centrale nucléaire de Fessenheim fermerait bien d’ici la fin de l’année 2016.

Samedi 7 mai 2016 au soir, une quinzaine de militants de notre groupe local parisien (Marie, Leeroy, Valentine, Manon, Gayané, Mickael, Alex, Agathe, Adrien, Fadia, Laura…) partagent un verre dans un bar à proximité du Théâtre de la Porte St Martin, où François Hollande assiste à une représentation de Cyrano de Bergerac et dont il sort aux alentours de minuit. Quand il s’approche des gens pour serrer des pognes, Fadia l’interpelle gentiment sur Fessenheim, lui rappelant sa promesse de campagne : fermer la vieille centrale alsacienne pendant son mandat (ce qui, faut-il le rappeler, serait conforme aux exigences de la loi sur la transition énergétique votée l’été dernier, qui prévoit de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50%). Manon prend ensuite le relais et noue un court échange avec lui :

Manon: – Quand allez-vous fermer Fessenheim ?
François Hollande: – Fin de l’année.
M: – Mais le décret de fermeture, c’est pour quand ?
FH: – C’est pour juin.
M: – C’est sûr, hein ?
FH: – Oui, oui.
© @Adrien_Captain

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© @Adrien_Captain

Adrien lui a ensuite expliqué que tout ce beau monde militait chez Greenpeace, ce à quoi le président de la République a bien réagi, se livrant même à une séance de photos et de selfies avec le groupe.

Nous prenons donc François Hollande au pied de la lettre – car on ne ment pas aux citoyens, n’est-ce pas ? – et attendons le décret de fermeture de Fessenheim pour fin juin au plus tard qui précisera une fermeture au plus tard le 31 décembre 2016. Rappelons que pour le moment, la programmation pluriannuelle de l’énergie ne contient pas, malheureusement, de volet nucléaire.

Source : http://energie-climat.greenpeace.fr/les-confidences-de-francois-hollande-sur-fessenheim

 


 

Après les attentats, un forum pour rassembler les cultures

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Porté par la Maison de la citoyenneté mondiale, le premier forum participatif et transculturel « Mon pays, c’est le monde » aura lieu samedi 28 mai au centre socioculturel Lavoisier-Brustlein à Mulhouse

Article : http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2016/05/12/apres-les-attentats-un-forum-pour-rassembler-les-cultures

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15.05.2016

"Näsdla ou un automne sans colchiques" par Louis Schittly

Dans ce roman initiatique qui se situe dans un village du Sundgau alsacien, le co-fondateur de Médecins sans Frontières développe ses thèmes favoris : écologie, humanisme, ruralité, dialecte. Réédition d’un best-seller publié il y a 35 ans, voici un livre engagé, véritable plaidoyer pour un monde paysan en train de disparaître.

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"Cette nouvelle édition est un donc un appel à la désertion. Avant le choc, il faudra inventer des milliers de petites arches de Noé.  Fuyez le Titanic ! Et aussi le paquebot nommé Nation :  car se confiner dans un Etat-Nation, c'est s'enfermer dans un furoncle : les chrysanthèmes de Verdun et du Hartmanns-Willerkopf (Vieil Armand) en témoignent si bien." (Préface à la réédition) 

La Nuée Bleue, 2013, 207 p.  15e

 


 

Pétition : Non à une interdiction des potagers privés

A la Commission européenne chargée de l'agriculture !

Rappel:
Proposition de loi
Une nouvelle loi proposée par la Commission européenne veut rendre illégal le fait de faire pousser, de reproduire ou de vendre des semences de végétaux qui n’ont pas été testées, approuvées et acceptées par une nouvelle autorité, l’Agence européenne des variétés végétales.
Nous demandons donc :
- Ne pas voter l’illégalité de la pousse, la reproduction ou la vente des semences de végétaux en criminalisant la culture privée de légumes.
- Ne pas légiférer la filière agroalimentaire en Europe se qui remettrait le contrôle de l’approvisionnement alimentaire à des sociétés telles que Monsanto.
- Quelle légifère sans porter atteinte la pratique des jardins particuliers.
- Ne pas voter cette loi

Pourquoi est-ce important ?

Si une telle loi était votée ce serait la fin de nos jardins potagers, la fin des jardins ouvriers, la fin des bourses d échanges de semences et de plantes.
La biodiversité serait donc en danger.
Les multinationales ont focalisé leurs efforts sur la création de plantes à haut rendement, mais qui sont fragiles.
Elles ne peuvent subsister que dans un environnement artificialisé dépendant des engrais chimiques et des pesticides, donc du pétrole .
.Je vous invite donc à signer notre pétition contre cette loi !
Contre cette proposition de loi !!!
Non à la dictature des multinationales de l’agroalimentaire !
Oui a la liberté des semences !
Vive la biodiversité.

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12.05.2016

La loi Travail

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10.05.2016

La pauvreté progresse en France

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La France compte entre 4,9 et 8,5 millions de pauvres selon la définition adoptée. Entre 2004 et 2013, le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million au seuil à 50 % du revenu médian, principalement sous l’effet de la progression du chômage.

La France compte 4,9 millions de pauvres au seuil à 50 % du revenu médian  et 8,5 millions à celui de 60 %, selon les données 2013 de l’Insee. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 7,7 %, dans le second de 13,7 %. La pauvreté a fortement progressé à partir de 2008, avec l’accentuation des difficultés économiques liées à la crise financière. Entre 2008 et 2012, le nombre de pauvres, au seuil à 50 % comme à 60 %, a augmenté de 800 000. Le taux à 50 % s’est élevé de 7 à 8 %, le taux à 60 % de 13 à 14 % sur la même période. Depuis 2012, ce taux stagne selon les dernières estimations de l’Insee. En 2014, le taux estimé serait de 14,2 % au seuil à 60 %.

Ce phénomène n’est pas dû à un changement de tendance. Il est dû, de façon paradoxale, à une extension de la crise aux couches moyennes. Le seuil de pauvreté, calculé en fonction du niveau de vie médian a même diminué en 2012 : des personnes pauvres en 2011 ne l’étaient plus en 2012 avec le même revenu. La situation des catégories les moins favorisées est très loin de s’améliorer ou de se stabiliser : ainsi, entre 2012 et 2014, le nombre de titulaires du RSA a augmenté de 200 000, soit +12,9 %.

La situation actuelle constitue un changement historique. La pauvreté a fortement baissé des années 1970 au milieu des années 1990. A partir de cette date, la tendance s’inverse. D’abord dans une première période, au milieu des années 1990, mais surtout à partir de la fin des années 2000. Entre 2004 et 2013, le nombre de personnes pauvres a augmenté d’un million, au seuil à 50 % comme à 60 %. Les taux sont passés respectivement de 6,6 % à 7,7 % et de 12,6 % à 13,7 %. Ce mouvement constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays depuis les années 1960.

Source : www.inegalites.fr

 


09.05.2016

L’incendie de l’Alberta, parabole de l’époque
Hervé Kempf (Reporterre)

L’incendie gigantesque qui sévit en Alberta, effet du réchauffement climatique, a frappé la ville qui n’y croyait pas.

Il était une fois un monde très riche, qui ne voulait pas cesser d’accumuler des richesses, quel qu’en soit le prix pour la nature.

Dans un pays parmi les plus riches, le Canada, on avait trouvé des sables bitumineux, une source de pétrole qui semblait inépuisable. Mais pour extraire le pétrole de ces sables, il fallait utiliser beaucoup d’eau, beaucoup de produits chimiques, beaucoup d’énergie, couper des forêts, entasser des déchets toxiques... Les écologistes et les autochtones de la région concernée, l’Alberta, avaient beau dire que c’était un désastre pour la nature, que cela émettait énormément de gaz à effet de serre, les exploitants n’en avaient cure. La cupidité était leur guide.

A Fort McMurray, autrefois un poste perdu dans la taïga, une ville a commencé à grandir démesurément, l’exploitation de sables à se développer au moyen de machines gigantesques, des lacs de déchets toxiques à se multiplier, les maladies à se développer chez les autochtones vivant en aval, les émissions de gaz à effet de serre du pays à augmenter sans cesse.

Le gouvernement s’en moquait : pour accroitre encore la richesse apparente du pays, il soutenait sans faillir l’exploitation des sables bitumineux, allant même jusqu’à se retirer du traité international sur le changement climatique.

Mais ignorer la réalité ne suffit pas à la faire disparaitre. Le changement climatique se déploie sur la planète, et les régions les plus proches du pôle Nord sont les plus affectées par le réchauffement. Ainsi, au printemps 2016, la température moyenne dans l’Alberta était bien plus élevée que la normale saisonnière : 30°C au lieu de 15°C ! Des conditions idéales pour que se déclenchent des feux de forêts.

Ceux-ci ont rugi, créant un brasier d’enfer autour de la ville des sables bitumineux, la ville qui croyait pouvoir ignorer le changement climatique, la ville qui croyait que l’on pouvait détruire la nature impunément.

Cent mille personnes ont fui, une ville est détruite. Comme Pripiat près de Tchernobyl, abandonnée après l’accident qui ne devait jamais arriver, voici Fort McMurray, brasier fumant, maisons calcinées, torche irradiante, symbole de la folie de la cupidité et de l’aveuglement.



08.05.2016

L' Atlas de la France toxique

Atlas

 18.00 - Librairie Arthaud

 

 


 

Pathologies liées à l’environnement : faut-il tirer la sonnette d’alarme ?


Certains professionnels de la santé s'inquiètent de rôle de la pollution dans l'apparition des cancers. Le Pr Dominique Belpomme, cancérologue, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur le manque de réactions des pouvoirs publics français face à un risque sanitaire lié aux pollutions de l’environnement.


pollution


PARIS-Le Professeur Dominique Belpomme, cancérologue, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur le manque de réactions des pouvoirs publics français face à un risque sanitaire lié aux pollutions de l’environnement. Une problématique qui interpelle et déplace la question sanitaire au centre de la question écologique.. Une investigation récente menée par la très sérieuse revue Nature* pointe que les « risques de cancers sont très influencés par des facteurs externes ».

Les auteurs de l’enquête avancent une série d’observations qui pourraient, selon eux, avoir une « grande influence sur la prévention stratégique, les recherches et la santé publique ». Cette réflexion trouve cependant un faible écho en France. Les politiques de santé publiques françaises ne prennent pas en compte, au-delà de mesures contraignantes telles que la circulation alternée en jour de pollution, ou encore le placement de tour wifi.

De quoi parle-t-on ?

Dans une interview accordée à Slate, le cancérologue Dominique Belpomme, qui est aussi directeur de l’ECERI (Institut Européen de recherche sur le cancer et l’environnement) à Bruxelles, soutient que « 70 % à 90 % des cancers seraient liés à notre environnement ». Le cancérologue s’en prend notamment aux pesticides, à la pollution atmosphérique et des sols, aux champs électromagnétiques.

Depuis une dizaine d’année, le médecin bataille pour la reconnaissance des facteurs environnementaux dans le déclenchement des cancers, mais aussi des maladies modernes telles que l’obésité, les allergies, les troubles du comportement. Le Pr Belpomme se base également sur la très sérieuse revue Nature, qui en janvier, a publié une enquête déterminant dans sa conclusion que « 70 % à 90 % des types de cancers communément rencontrés sont dû à l’action de facteurs extrinsèques ».

Cependant, d’après David Khayat, cancérologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière et directeur d l’institut national du cancer, les « environmental factors » évoqués par les rapports américains n’ont pas la même connotation qu’en France. « Aux Etats-Unis, quand on parle d’environmental factors on veut dire le tabac, l’alimentation, le soleil, les virus, les bactéries, les radiations. Tous les facteurs autres que les facteurs dit “ endogènes ”, c’est-à-dire les hormones » , indique t-il.

Il convient de préciser qu’il est très difficile d’attribuer un facteur extérieur à l’apparition d’un cancer, et une exposition environnementale à un état de santé. Plusieurs obstacles se dressent, dont le fait que les pathologies soient multifactorielles, les expositions multiples, ou que les effets s’observent à long terme. Les différentes toxicités des substances présentes dans l’environnement peuvent s’accumuler et ne pas être détectée dans l’organisme d’une personne.

D’après un rapport de l’académie nationale de médecine datant de 2007, on compte environ 150 000 personnes mourant du cancer chaque année. Or, sur l’ensemble de ces 150.000 morts, moins de 3 à 4.000 de ces morts seraient liées à de la pollution. Un chiffre relativement faible comparé à celui du tabac, qui est responsable de près d’un quart des cancers.

Il est difficile de quantifier les risques liés à la pollution, contrairement aux causes liées au comportement de l’individu. D’après ces chiffres, les chances de contracter un cancer sont bien plus importantes si l’on fume une cigarette que si l’on s’en tient à respirer l’air de la ville.

Pollution électromagnétique et lobbys

Le Pr Belpomme exprime aussi son inquiétude sur la pollution émise par les champs électromagnétiques. D’après lui, certaines questions soulevées par certaines études restent en suspens ; le cancérologue cite notamment sur les risques liés à l’utilisation de la technologie, sur le degré de recherche et d’attention de la communauté scientifique française et sur l’action des pouvoirs publics.

« Sur les 3 000 articles scientifiques parus sur la question, seulement 10 sont Français », explique le Pr Belpomme. Un constat que partage…, pour qui la France est en retard. « Nous sommes confrontés à deux niveaux de retard en France, à commencer par celui du corps médico-scientifique : nos grands responsables institutionnels, notamment à l’INSERM et à l’Institut de veille sanitaire, ne lisent pas les publications internationales et restent donc figés dans l’ancien paradigme. Mais le retard est accentué du fait que nos politiques construisent leurs décisions, et leurs conceptions, sur les avis et préconisations de ces responsables », continue t-il.

Un rapport en 2009, l’Anses affirmait en effet avoir fait une synthèse de 226 études. À l’intérieur, 45 % affirmaient que les ondes avaient des effets biologiques, 55 % disaient que non. Cependant, un grand nombre d’études sont elle-même financées par les grands opérateurs. En 2011, Michèle Rivasi, député européenne EELVT et vice présidente du Criirem (Centre de recherche et d’Information indépendant sur les rayonnements Electromagnétiques non ionisants) dénonçait : « il est très important que l’on puisse donner des informations scientifiques réellement indépendantes au public, ce qui est très difficile puisque la quasi-totalité des études européennes et internationales sont financées par les opérateurs de téléphonie mobile, une industrie qui pèse des milliards et exerce un très fort lobby ».

Le déploiement des infrastructures technologiques dans les villes résulterait d’un choix politique et parti pris assumé. En 2014, au moment de déployer les antennes de 4G sur Paris, des tests de mesures ont été effectués par Fleur Pellerin et des représentants ; ils montraient que le seuil de 41 Volt/mètres était loin d’être atteint ; en conclusion, les antennes ne présentaient aucun risque. Cependant, l’impact des téléphones est bien réel. Concernant les études mettant en garde sur la question, la ministre a assumé le risque économique « elles sont contradictoires et il n’est pas question de jouer avec des peurs irrationnelles pour freiner le déploiement de la 4G. Il ne faut pas opposer l’économie et l’écologie ».

Certains faits sont pourtant avérés, tels que le fait que les tissus humains peuvent absorber les ondes électromagnétiques, ou que l’exposition des plus jeunes peut troubler la concentration. Un rapport de l’Académie des sciences a publié en 2013 un rapport préconisant que depuis l’arrivée d’internet en 2000, la capacité de concentration serait passée de 12 à 8 secondes. Celui-ci souligne les mauvaises conséquences de laisser des enfants trop tôt et préconise des activités telles que les promenades en nature, lire des livres « papiers », pratiquer des sports et loisirs culturels.

44 000 morts par an dues aux particules fines

En 2006, l’OMS indiquait, par la voix du Dr Anders Nordström, que plus de 13 millions de décès par ans sont imputables à l’environnement. De plus, ces pathologies auraient pu être évitées. « Investir de manière avisée dans la création d’environnements favorables peut constituer une stratégie efficace pour améliorer la santé et parvenir à un développement qui soit durable », conclue le rapport.

Les pathologies mentionnées concernent majoritairement les pays en voie de développement, et sont liées aux mauvaises conditions d’hygiènes telles que l’utilisation de combustibles dangereux, les stockages d’eaux insalubres, ou les conditions de sécurité dans les constructions, la vulnérabilité au paludisme, etc.

Dans les pays développés, les problématiques sont différentes, et se retrouvent sur les toxicités des substances liées à la pollution de l’air ou des sols. Plusieurs études ont tenté de faire la lumière sur ce phénomène en France. En 2013, le directeur du Centre International de Recherche sur le Cancer indiquait que la pollution de l’air entrait dans la catégorie de « cancérigène certain ».

Jean Vincent Placé citait, à l’époque, un rapport émis par la Commission Européenne qui pointait « 44 000 morts chaque année attribuables au diesel et particules fines ». L’asthme a été également jugé comme « l’exposition chronique qui est globalement la plus préjudiciable en terme d’impact sanitaire », avec 400 000 à 1 400 000 nouveaux cas par an.

Or, des études internationales remettent en cause, ou réévaluent ce chiffre à la hausse, comme celle de l’OMS qui statuait en 2009 que 19 % des cancers sont liés à l’environnement, causant 1,3 millions de morts chaque année.

Le nombre de cancers liés à la pollution avancé dans l’étude de l’académie nationale de médecine en 2007 est aujourd’hui l’un des seuls points de repères sur la question. Mais ce chiffre ne prend pas en compte certaines réalités : par exemple, il est déterminé que dans les grandes agglomérations, les mélanges de particules fines ont été à l’origine de 10 % des cancers du poumon, d’après certains chercheurs cités par l’Inserm.

David Vives - Epoch Times 04/05/2016

Source : https://www.epochtimes.fr/pathologies-liees-a-lenvironnement-faut-tirer-sonnette-dalarme-12589.html

 


 

L’« Atlas de la France toxique » dresse l’inventaire des sites les plus pollués


Des pesticides à la pollution de l’air, en passant par les déchets de marées noires, les boues de dragage ou encore les PCB : à travers 36 cartes, Atlas de la France toxique, publié le 4 mai par l’association Robin des bois aux Editions Arthaud, dresse un inventaire des pollutions et des risques qui menacent l’environnement et la santé sur notre territoire.


L’association se défend de seulement dénoncer les pollueurs et veut avant tout faire réagir : « C’est un atlas violent mais réaliste, pédagogique, explique Jacky Bonnemains, son président. Il s’agit d’informer et d’inciter le public, les riverains, les victimes à s’organiser pour interpeller les responsables. »

Cette compilation, réalisée à partir des enquêtes de l’association et des données institutionnelles et publiques, ressemble néanmoins quelque peu à un pot-pourri dont l’odeur donne le tournis : le résultat en devient presque indigeste. Toutefois, ce livre a le mérite de rappeler que toute activité humaine génère des risques et des pollutions, dont on prend trop souvent tardivement la pleine mesure.


Usage massif de pesticides

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Ventes annuelles par département de substances actives cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques.


Ainsi, la conscience des risques que représentent les pesticides pour la santé et l’environnement a beau grandir, leur usage dans les campagnes françaises ne cesse de croître. Bien que nombre de ces substances chimiques soient classées CMR – cancérogènes, mutagènes (toxique pour l’ADN) ou reprotoxiques (nocifs pour la fertilité) –, le secteur agricole en consomme de plus en plus, avec une hausse annuelle de 5,8 % entre 2011 et 2014, qui s’est même accélérée ces dernières années (+ 9,4 % entre 2013 et 2014), selon les derniers chiffres officiels publiés début mars. La carte des CMR, dressée par Robin des bois à partir des données de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, vient ainsi rappeler les volumes toujours plus importants vendus annuellement dans chaque département français.

Une amiante toujours présente

Autre exemple de produit toxique, l’amiante, qui a envahi hôpitaux, écoles, usines... Très tôt déclaré cancérogène mais interdit seulement en 1997, l’amiante a été si longtemps exploité en France qu’on est loin encore d’en être libéré. « Vingt millions de tonnes de produits amiantés sont encore en place sur le territoire national », selon Charlotte Nithart, de Robin des bois, qui regrette le manque de communication sur ce matériau. Selon l’atlas, il tuera entre 100 000 et 200 000 personnes en France dans les quarante prochaines années. Le percement du tunnel Lyon-Turin dans les Alpes risquerait même de révéler des gisements jusque-là inconnus. Il faudra alors traiter les déblais comme des déchets toxiques et protéger les ouvriers.


Déchets de guerre

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Une pollution cachée : les déchets de guerre


L’ouvrage évoque également les pollutions que l’on a oubliées, comme les munitions tirées lors des trois grandes guerres qu’a connues la France (1870, 1914-1918, 1939-1945), mais non explosées, qui dorment dans les forêts, les champs et autres lacs, grottes et gouffres. Ou les perchlorates utilisés comme propulseur et comme explosif dans les bombes et les munitions d’artillerie, et qui se sont répandus dans les sols, sous-sols et eaux souterraines et refont surface. Sur plus d’un milliard d’obus tirés lors de la première guerre mondiale, 25 % n’ont pas explosé. En 2012, dans plusieurs communes du Nord et du Pas-de-Calais, des sels de perchlorate ont été découverts dans l’eau potable, à des niveaux supérieurs aux seuils réglementaires. Depuis, plus de 500 communes du nord et de l’est de la France recommandent aux femmes enceintes de ne pas boire l’eau du robinet, rappelle l’Atlas. Car, affectant la glande thyroïde, ces perturbateurs endocriniens retardent le développement des enfants.

Les côtes françaises ne sont pas épargnées. Des millions d’armes chimiques et conventionnelles ont été, après chacune des deux guerres mondiales, immergées dans l’océan. La vitesse de corrosion de ces munitions est d’environ 1 mm par an. A ce rythme, les poisons qu’elles dégagent ont le temps de contaminer sans entrave la faune et la flore des fonds marins.

Laetitia Van Eeckhout, Journaliste au Monde


Source : http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/05/05/l-atlas-de-la-france-toxique-dresse-l-inventaire-des-sites-les-plus-pollues_4914519_1652666.html



03.05.2016

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26.04.2016

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25.04.2016

La Fabric' à projets 

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L'équipe de la Fabric'à projets vous invite à sa soirée mensuelle portant sur la réinsertion des détenus :
     
L'insertion, la réinsertion des détenus, parlons-en !
Mercredi 27 avril à 19h
Table de la Fonderie
21 rue du manège à Mulhouse
 
Votre présence de part les diverses actions que vous menez participerait à la richesse du débat, aussi serions-nous très heureux de vous y accueillir.
 

Bien cordialement

Pour l'équipe de la fabric'à projets,
La Table de la Fonderie 

 

 


 

Tchernobyl : « Je suis la seule survivante de mon équipe de liquidateurs »

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Radiobiologiste russe, Natalia Manzurova a été envoyée à Tchernobyl dès 1986 pour évacuer « les biens matériels devenus radioactifs ». À la tête d’une brigade de sept personnes, elle a passé 4 ans et demi sur place.

Reporterre — Comment avez-vous été engagée comme « liquidatrice » à Tchernobyl ?

Natalia Manzurova — Mes parents avaient été recrutés de force par le régime dans les années 1950 pour construire le complexe nucléaire de Maïak. Nous habitions sur place, tenus au secret. J’ai souhaité devenir radiobiologiste pour comprendre leurs activités et les conséquences de celles-ci. En 1986, juste après l’accident de Tchernobyl, le laboratoire dans lequel je travaillais nous a réquisitionnés pour faire un inventaire de la catastrophe. Nous avons été envoyés sur place, comme 500.000 à 1 million d’autres liquidateurs. Parmi les liquidateurs, il y avait deux catégories : ceux qui étaient envoyés en mission ponctuelle d’un mois, comme des plombiers ou des chauffeurs… Et ceux qui étaient nommés pour un poste à long terme. Comme la dose d’exposition aux radiations n’était pas connue, le régime choisissait de les laisser le plus longtemps possible, perdus pour perdus… Personne n’était vraiment formé ni préparé. Mais, nous n’avions pas le choix. En tout, je suis restée 4 ans et demi à Tchernobyl, de 36 ans à 41 ans.


Dans quelles conditions travailliez-vous ?

J’avais été nommée ingénieure en chef chargée de l’évacuation des biens matériels devenus radioactifs. Je dirigeais une brigade de sept « permanents » plus des occasionnels. Nous étions chargés d’explorer les appartements abandonnés précipitamment par les habitants pour récupérer meubles, bijoux, tissus… Ces objets étaient ensuite enterrés dans des fosses recouvertes de béton.

Nous étions équipés de vêtements et de masques de protection, mais les deux premières années, la radioactivité était si forte que notre visage était comme « tanné ». Je me souviens que nous ne disposions d’aucun instrument de mesure de la radioactivité pour évaluer la dangerosité du travail. Un comble pour un radiobiologiste. Nous connaissions pourtant les risques et faisions attention à bien nous laver les mains et à laver les aliments. Mais était-ce suffisant ? Bien sûr que non, puisque tous les membres de mon équipe sont morts du cancer. Je suis la seule survivante. Depuis la loi de 1993, les liquidateurs survivants sont pris en charge par l’État et affichent les statuts les plus élevés d’invalidité (2 et 3). Cela signifie que nous sommes logés et aidés financièrement. Mais les subventions diminuent aujourd’hui. Moi, j’ai 20 % d’aberration chromosomique et suis donc classée catégorie 2, avec un statut de maladie chronique. Je n’ai jamais pu reprendre une vie normale.


Et vous, comment allez-vous, moralement et physiquement, après ce drame ?

J’ai connu un état de mort clinique, souffre de maux de tête et d’estomac récurrents, et j’ai subi une ablation de la thyroïde. Quand j’ai commencé à être malade, quelques mois après mon retour de Tchernobyl, je vivais seule avec ma fille. Il fallait tenir.

Souvent, les gens s’étonnent que je sois encore vivante, alors que la plupart de mes collègues sont morts. Je leur réponds que, lorsqu’ils ne me voient pas durant plusieurs jours, je suis malade, au fond de mon lit, et le reste du temps je m’efforce de guérir.

Ma relation à la vie a changé. Après avoir vu autant de malheurs autour de soi, on mesure mieux ce qui est important : les questions morales, les droits de l’homme, les enfants… Les liquidateurs ont d’ailleurs les taux de suicide parmi les plus élevés du pays.


Quelle fut la place des femmes parmi les liquidateurs ?

Nous étions une infime minorité. Parmi les liquidateurs de Tchernobyl, il y avait 1 femme pour 1.000 hommes. En général, elles exerçaient des fonctions subalternes de cuisinières, de femmes de ménage, d’aides-soignantes. Il y a eu de nombreux cas de harcèlement, de viols et violences. C’était très dur. Les femmes liquidateurs qui étaient enceintes ont été obligées d’avorter pour éviter les malformations ou les « liquidateurs in utero », comme cela avait été le cas à Maïak.


Croyez vous que l’on ait tiré toutes les leçons de Tchernobyl ?

Non. Dans ma vie, j’ai connu trois catastrophes nucléaires : Maïak en 1957, Tchernobyl en 1986, et Fuskushima en 2011. Mais j’ai l’impression que l’on ne prend pas suffisamment en compte les causes et les conséquences de ces accidents. Il faut notamment accentuer la transparence et les échanges autour de la vérification des lieux de production nucléaire. Il est toujours impossible d’accéder à Maïak, les données sur la contamination de la zone, l’une des plus dangereuse du monde, sont confidentielles et ce secret pèse sur nos têtes.

Propos recueillis par Pascale d’Erm

Source : http://reporterre.net/Tchernobyl-Je-suis-la-seule-survivante-de-mon-equipe-de-liquidateurs


18.04.2016

 

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PS, LR et FN unis pour approuver la directive sur le secret des affaires

LE MONDE | 16.04.2016 | Par Maxime Vaudano


Un étrange hasard de calendrier avait programmé le vote du Parlement européen sur la directive sur le secret des affaires le 13 avril, dix jours après le début des révélations des « Panama papers » sur les sociétés offshore dans les paradis fiscaux.

Une directive très critiquée, notamment par les journalistes et les lanceurs d’alerte, qui y voient une menace sérieuse contre la liberté d’informer. Mais malgré une pétition signée par plus de 500 000 personnes, les députés européens ont voté à une très large majorité (77 %) le texte proposé par la Commission européenne.

Les 74 eurodéputés français n’ont pas dérogé à cette unanimité : ils ont approuvé le texte à 81 %. Seuls les 10 représentants d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et du Front de gauche ont voté contre. Les Républicains, l’UDI, le Modem, Génération citoyens, le Front national et le Parti radical de gauche ont voté « pour » comme un seul homme (à quelques absences près). La délégation du PS a connu de son côté 3 abstentions, 1 absence et 8 suffrages favorables.

VOTE

Source : Le Monde

 


Nuit debout débat de la violence et lance des actions pacifiques de désobéissance

18 avril 2016 / Geoffrey Couanon et Lorène Lavocat (Reporterre) 

Le mouvement Nuit debout a été bousculé par les violences de jeudi et vendredi soir, et en a discuté en AG. Il rappelle la violence même du système économique et politique, tandis que des actions pacifiques de désobéissance civile se multiplient. Reportage en video.

Alors que médias et politiques ne parlent que des « violences » qui s’emparent du mouvement Nuit debout, les occupants de la place de la République réaffirment leur non-violence, mais aussi leur détermination face aux pressions policières.

Car sans nier les incidents survenus ces derniers jours en marge du rassemblement, pour eux « la violence vient avant tout du système ». Détresse sociale, état d’urgence, racisme ou sexisme.

Pour faire face aux débordements, inévitables selon eux, ils ont mis en place une commission Sérénité, et multiplient les actions de désobéissance civile et pacifique comme alternative à l’action violente.

Quant à savoir s’il faut ou non condamner les actions directes et les manifestations sauvages, les avis demeurent partagés : l’Assemblée générale n’est pour le moment, samedi 16 avril, pas parvenu à un consensus sur la ligne à tenir.

Voir la video

Source : http://reporterre.net/Nuit-debout-debat-de-la-violence-et-lance-des-actions-pacifiques-de


 

07.04.2016

Un rappel opportun

 

Comment en 2015 le gouvernement bloqua en pleine nuit un outil antiparadis fiscaux

Mais qu’est-ce qui leur a pris ? Ce fut une nuit de folie à l’Assemblée nationale. A minuit, la France était dotée d’une arme antiparadis fiscaux très attendue et qui recevait son deuxième vote parlementaire positif en dix jours. A 1 h 30 du matin, le vote était annulé par une manœuvre indigne du gouvernement. Pour quel enjeu ?

Une étape clé dans la lutte contre les paradis fiscaux

Il y a dix jours, l’Assemblée nationale votait positivement en faveur d’un amendement demandant aux entreprises de rendre public, une fois par an, dans chaque pays où elles sont implantées, le montant de leur chiffre d’affaires, le nombre de leurs employés, les profits réalisés et les impôts payés.

Pourquoi ces données sont-elles importantes ? Parce que les paradis fiscaux ne sont pas, contrairement à l’imaginaire public traditionnel, des coffres-forts remplis d’argent. Ce sont des territoires dont les gouvernements vendent la souveraineté aux plus puissants en leur proposant d’écrire les lois qui leur conviennent. Ces lois ont un objectif : découpler, artificiellement, l’endroit où se produit une transaction économique (toucher un salaire, des intérêts, des dividendes, un héritage, réaliser un profit, une plus-value…) et l’endroit où elle est juridiquement enregistrée et donc contrôlée et taxée.

La comptabilité pays par pays, c’est montrer à tous les turpitudes fiscales des entreprises

Avec une comptabilité pays par pays, on peut voir si une entreprise réalise du chiffre d’affaires dans un pays mais cumule des profits dans un autre où elle n’a pratiquement pas d’employés, voire d’activité et toutes sortes de bizarreries comptables. C’est une bonne technique pour repérer ceux qui abusent des paradis fiscaux, avant de déterminer comment les sanctionner.

Le G20 a prévu d’obliger les grandes firmes à fournir ces données aux administrations fiscales. Mais à elles seules. Actionnaires, parlementaires, ONG, journalistes, etc. sont exclus de l’information.

Antidémocratique

La nuit dernière, un amendement soutenu par plusieurs députés socialistes et écologistes visant à rendre publiques ces données reçoit de nouveau un vote positif. Comme le racontent les ONG qui sont suivi le débat, le gouvernement demande alors une suspension de séance, réveille ses partisans et fait voter à 1 h 30 un nouvel amendement annulant le précédent.

Surtout pas de données publiques sur les turpitudes fiscales de nos grandes entreprises. Une honte. Sur cette page de l’Assemblée, vous trouverez les noms des députés présents qui ont permis au gouvernement de réussir sa manœuvre (les votes pour) et ceux des 21 députés de gauche qui ont tenté de sauver l’honneur de leur famille politique.

Une manipulation à 1 h 30 du matin

En 2013, la France avait obligé les banques à fournir ces informations et à les rendre publiques. Le Parlement européen lui avait emboîté le pas et toutes les banques doivent désormais communiquer, à tous, ces informations (une analyse des résultats sera bientôt disponible). L’enjeu était d’étendre cette obligation à toutes les entreprises, au-delà du secteur bancaire.

Cette fois, le gouvernement a suivi le lobbying des grandes entreprises, qui sont vent debout contre la mesure, en refusant la transparence. Avec quel argument ? « On n’est pas sûr que tout ça tourne bien », a déclaré à l’Assemblée nationale Christian Eckert, le ministre du Budget... (voir la vidéo)

La France s’enorgueillit d’être un pays moteur dans la lutte contre les paradis fiscaux. Cette nuit, c’était plutôt la France du frein moteur !




06.04.2016

APPEL URGENT

Afin de pouvoir reloger rapidement une famille originaire du Kosovo en situation de détresse le collectif Urgence Welcome & Cent pour un Hébergement collecte des fonds.

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Le collectif Urgence Welcome, constitué en 2012, regroupe des associations qui depuis de nombreuses années s’occupent de l’accueil des étrangers et soutiennent les demandeurs d’asile dans leurs différentes démarches. Fin 2012, l’hiver était rude et des familles entières se trouvaient à la rue, n’ayant obtenu aucune place dans les services compétents. Le collectif a alors organisé un hébergement d’urgence dans un ancien couvent prêté par ses propriétaires. Pour pérenniser son action, il a créé en juillet 2013 l’association « Cent pour Un Hébergement », qui s’adresse à toute personne en détresse, quelle que soit sa nationalité, et dont le principe repose sur la solidarité : cent donateurs financent un logement. Actuellement, nous hébergeons plus de quatre-vingts personnes, dont beaucoup d’enfants, dans une vingtaine d’appartements. Quelques-uns sont prêtés et nous en payons les charges. La plupart sont loués et financés intégralement par l’association. Notre action ne se limite pas à une assistance matérielle : nous assurons l’accompagnement de ces familles dans leurs différentes démarches d’insertion, et nous favorisons de toutes les façons possibles leur intégration : apprentissage et pratique de la langue, introduction à la culture et aux usages de la société française, contact avec le monde associatif de la ville.

À côté de l’association 100 pour 1, le collectif Urgence Welcome poursuit ses actions de sensibilisation et d’aide d’urgence comme la « pause solidaire », une sorte de brunch ouvert à tous, sans condition, servi par les bénévoles le samedi matin de novembre à avril dans la salle du Loewenfels. Cette action se fait en partenariat avec la Banque alimentaire et les Conférences Saint-Vincent de Paul.                                                                                                                                      

Vous pouvez participer et nous aider de plusieurs manières :

  • apporter un soutien financier par un don, unique ou mensualisé comme indiqué ci-dessous (reçu fiscal délivré aux donateurs)
  • mettre un logement vide à la disposition de l’association, gratuitement ou contre un loyer modéré, ou nous mettre en contact avec une personne qui pourrait le faire
  • héberger une personne chez vous
  • adhérer à l’association Cent pour un Hébergement et participer à notre réflexion
  • diffuser ce message.

Merci pour votre soutien et votre solidarité !

Pour entrer en contact avec l’association :

Adresse postale :

Cent pour un Hébergement – chez CCFD -Terre Solidaire

BP 1093

68051 Mulhouse cedex

Adresse Mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Téléphone :             06 21 65 13 98

Blog de l’association 100 pour 1 Hébergement : http://100pour1.org

Blog du collectif  Urgence Welcome : http://urgence-welcome.org

 

Associations membres d’Urgence Welcome : AADA, CCFD Terre Solidaire, Cimade, LDH section Mulhouse, Emmaüs Cernay, La Pastorale des Migrants, Le Conseil Local de la Solidarité de la Zone Pastorale de Mulhouse.

Talon-réponse à renvoyer à l’adresse indiquée au verso (Rayer les mentions inutiles)

 

Nom, prénom :

Adresse :

Code Postal et Commune :

Téléphone :

Mail :

Je m'engage à verser chaque mois à « Cent pour un Hébergement » la somme de ………… euros pendant un an.

Je fais un don de …….… euros (chèque à l'ordre de Cent pour Un Hébergement)

 

Un reçu fiscal sera délivré aux donateurs. Nous nous engageons à les informer régulièrement sur l’utilisation de leur contribution.

 

J’adhère à l'association « Cent pour un hébergement » et verse la cotisation annuelle de 5 Euros par chèque séparé à l’ordre de « Cent pour Un Hébergement »

 

Date et signature :

 

Modalités pratiques :

Il y a plusieurs façons d’effectuer vos versements :

1- Mettre en place un virement permanent par internet ou en apportant le RIB ci-dessous au guichet de votre banque. Merci de bien faire mentionner « Cent pour Un » dans le libellé du virement.

2- Remplir un chèque mensuel ou annuel à l'ordre de Cent pour Un Hébergement du montant choisi et l’envoyer à Cent pour un Hébergement – chez CCFD -Terre Solidaire - BP 1093 – 68051 Mulhouse cedex

3- « don fléché pour la famille Hasani ».

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04.04.2016

 

 Carrière de Ternuay : la lutte continue

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Travail : « Il faut redonner le pouvoir aux ouvriers »

Alors que le projet de réforme du code du travail veut précariser davantage les salariés, Reporterre a discuté avec Jean-François Zobrist, ancien directeur de Favi, une usine de fonderie où les employés travaillent sans contrôle et en autonomie. Organisés en petites unités autogérées, les ouvriers sont plus heureux et l’entreprise prospère.

La suite de l'entretien avec Jean-François Zobrist sur le site de Reporterre

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Et pour découvrir le Management par la Confiance


 


 

Nuit debout ! "Nous étions endormis et nous nous réveillons"

 

Est-ce l’amorce d’un mouvement qu’ils rêveraient « lame de fond » ou peut-être « déferlante » ? Est-ce l’annonce d’un « sursaut citoyen » qui mettrait dans la rue des Français de toutes conditions avides de protester et débattre, en criant leur défiance abyssale envers leurs élus et envers un système ? Est-ce le prélude d’un processus dit « révolutionnaire » ?

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Le mot ne fait pas peur au millier de jeunes gens réunis place de la République dans la nuit du 1er avril. Au contraire, il les exalte, les renforce, les unit. Il marque leur ambition, un horizon bien plus large que la simple abrogation de la fameuse « loi travail » et qui a le mérite de les associer pêle-mêle au printemps arabe, au mouvement « Occupy Wall Street », et aux « indignés » de toute sorte, particulièrement ceux d’Espagne à l’origine de Podemos.

 

Quelle jubilation quand ils prononcent ce mot ! « Oui oui, insiste un jeune professeur de mathématiques en se frottant les mains pour tenter de se réchauffer : c’est bien un souffle révolutionnaire qui nous porte. Et c’est bien d’une révolution dont nous rêvons, tous aussi différents que nous sommes sur cette place de la République. » Un portique en carton lance le ton : « Que nul n’entre ici s’il n’est révolté ».

 

 

La suite de l'article d'Annick Cojean sur le site du Monde

 


 

Nuit debout ! Place de la République, Paris

 

Depuis plusieurs jours, la Place de la République à Paris est occupée par tout un tas de gens. Jeudi soir, le film “merci patron” y a été projeté, musique, interventions (Frédéric Lordon…), assemblées discussions. Cela a paru dans les journaux (même bourgeois).

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Pour en savoir plus rendez vous sur le site Alternatives et Autogestion !



 

19.03.2016

Psychiatrie: un rapport soulève d’inquiétantes atteintes aux droits fondamentaux

La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté publie un rapport accablant sur la pratique de la psychiatrie dans un centre de l’Ain. Publié au “Journal officiel” le 16 mars 2016, il fait état de “violations graves des droits fondamentaux des personnes privées de liberté”.

« Le recours à la contention, dont l’usage doit pourtant rester exceptionnel, est tout aussi généralisé : certains jours, trente-cinq patients sont contenus sur un lit. Ainsi, dans l’une de ces unités, une personne est isolée, attachée, depuis une date indéterminée, chacun des soignants, dont certains sont en poste dans l’unité depuis plusieurs années, interrogés sur le début de cette mesure, a répondu n’avoir jamais vu cette personne ailleurs que dans la chambre d’isolement. » Ce constat accablant dressé par la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, a été publié mercredi 16 mars au Journal officiel. Il fait suite à la visite du centre psychothérapique de l’Ain (Bourg-en-Bresse), entre le 11 et le 15 janvier 2016. Les contrôleurs ont constaté des « atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes hospitalisées dans cet établissement », impliquant la mise en œuvre d’une procédure d’urgence et la saisie sans délai des autorités compétentes, en l’occurence le ministère de la Santé. 

Le rapport témoigne de pratiques dignes d’un asile de fou. Il précise ainsi que: 

« Pour une capacité de 412 lits, l’établissement compte quarante-six chambres d’isolement dont l’utilisation se révèle remarquablement importante. Selon les données recueillies, en moyenne plus de trente-cinq chambres d’isolement sont occupées chaque jour, ce qui représente plus de 13000 journées passées en chambre d’isolement dans l’année. L’utilisation des chambres d’isolement est constante dans les unités de “soins de suite”, certains patients y étant à demeure. […] Outre les patients placés en chambre d’isolement, de nombreux patients hospitalisés dans les unités de “soins de suite” sont enfermés dans des chambres ordinaires. Les contrôleurs ont constaté que cet enfermement, qui dépasse souvent vingt heures par jour, pouvait être prolongé pendant plusieurs mois. Il peut s’y ajouter une contention au lit ou au fauteuil jusqu’à vingt-trois heures par jour, pour certains patients pendant des mois également, voire des années. »


Surveillé, jugé, condamné

Interrogés par les contrôleurs, la « majorité » des patients déclare s’ennuyer, faute d’accès à des activités. Pour autant, il sont nombreux à s’être « résignés à leur enfermement, convaincus par le discours médical qu’il était le seul moyen de les apaiser ». Pour Adeline Hazan, « cette soumission remarquable apparaît comme très préoccupante et ne témoigne nullement de la situation de crise qui justifie leur enfermement. L’extrême réserve avec laquelle les personnes rencontrées, patients comme soignants, se sont exprimées sur les pratiques locales de contention et d’isolement est tout aussi troublante, témoignant de la difficulté d’envisager différemment le soin. »

Dans son Histoire de la folie à l’âge classique, d’abord rédigée sous forme de thèse soutenue en 1961, Michel Foucault, qui s’est intéressé à tous les lieux de privations de la liberté, montre comment, à partir du milieu du XVIIe siècle, la folie a été exclue, enfermée puis traitée comme une maladie mentale sous couvert du rationalisme, avec l’invention de l’asile moderne. Mais l’« asile moderne » qu’imagine Philippe Pinel, alors médecin-chef de la Salpêtrière, fonctionne en réaliré comme une instance judiciaire, une institution de contrôle, comme la prison, et non comme un lieu de soin. Son objectif est la normalisation des conduites: « Le fou doit se savoir surveillé, jugé et condamné », note Michel Foucault.

Comme le souligne le philosophe Philippe Chevallier, en spécialiste de de Foucault : « Sous les triomphes du positivisme, il y a d’abord le choix d’une culture, la nôtre, de se tenir à distance de la folie, et de retrouver sa raison à travers la médicalisation et la culpabilisation de l’insensé. » Jusqu’à en oublier les droits fondamentaux de la personne humaine, du « fou » ? La lecture du rapport rédigé en urgence par la contrôleuse des lieux de privation de liberté fait froid dans le dos. Il donne des raisons d’inquiétudes, en tant que symptôme plus global de la médicalisation de la maladie mentale, du retour à l’enfermement et de l’accroissement de la poussée normative, ce que Foucault identifiait sous le terme de « société disciplinaire »

Cédric Enjalbert


Source : Philosophie Magazine

 

 


 

La “science du bonheur” au secours de la politique

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Un rapport sur le bonheur dans le monde, paru le 16 mars 2016, établit un classement des pays les plus heureux. Il donne des outils pour mettre à l’épreuve l’efficacité des théories politiques, relativement au bien-être des populations.

29e : voici le rang de la France au classement des pays les plus heureux, selon le dernier rapport sur le bonheur dans le monde, publié le 16 mars 2016. Juste derrière la Colombie, juste devant l’Arabie Saoudite et la Thaïlande. La quatrième édition du World Happiness Report met en tête les pays nordiques avec, à la première place, le Danemark.


Échelle de Cantril

3000 personnes dans plus de 156 pays ont été interrogées pour établir ce classement et six facteurs pris en compte : le produit intérieur brut (PIB) par habitant, l’espérance de vie et la bonne santé, le soutien social (mesuré par le fait d’avoir quelqu’un sur qui compter en cas de coup dur), le niveau de confiance (mesuré par la perception de l’absence de corruption dans le gouvernement et les affaires), la liberté par rapport aux choix de vie et le niveau de générosité (mesuré par les dons récents).

Tous ces critères excèdent les seules considérations économiques, et prennent également en compte le bien-être subjectif. Le rapport souligne en effet combien « le bonheur dépend de facteurs individuels comme la personnalité, le revenu, la santé et le sentiment qu’ont les individus de pouvoir choisir librement les choix de vie importants », mais aussi que le bonheur dépend « de déterminants sociaux comme le degré de confiance dans la communauté, et de facteurs politiques comme le respect par le gouvernement de la loi », ainsi que de l’environnement. L’indice de bonheur établi par population est noté sur l’échelle dite de Cantril. La question posée est la suivante : « Imaginez une échelle à 10 barreaux. L’échelon le plus bas, le 0, représente la vie la pire pour vous, et l’échelon du haut la vie la meilleure possible pour vous. Sur quel échelon vous situez-vous en ce moment? »


Géométrie variable

Cette étude, interprétée par le Earth Institute de l’université de Columbia (États-Unis) et le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies, ne repose bien sûr pas sur un conception unitaire du bonheur. Car qui serait en mesure de dire exactement ce qu’être heureux signifie ? Chez les philosophes, l’idée même de vie heureuse est à géométrie variable. Jeffrey Sachs, l’un des coordinateurs et auteurs du rapport, économiste enseignant à l’université de Columbia, distingue au moins six dimensions du bonheur, qui correspondent à autant d’options prises par des courants de pensée : la pleine conscience (défendue par les philosophes antiques, comme Épicure ou les stoïciens), le consumérisme (défendu par les économistes anglo-saxons), la liberté économique (soutenu par les libéraux et les libertariens, comme Robert Nozick ou Ayn Rand), l’accomplissement par le travail (voir Karl Marx ou Hannah Arendt), un bon gouvernement (selon Aristote), et, enfin, la confiance dans la société. 

Souhaitant voir le balancier basculer dans le sens des considérations éthiques et des préoccupations morales, Jeffrey Sachs brossait dans un précédant rapport une histoire des conceptions philosophiques du bonheur et du bien-être à grands traits, en identifiant trois périodes principales :

- la première, de l’Antiquité à la Renaissance, d’inspiration aristotélicienne, cherche la vie bonne guidée par la raison, menée sous la conduite des vertus. Un credo : une vie bonne est alors une vie heureuse.

- la seconde, qui débute au XVIIIe siècle avec la modernité et l’émergence des marchés, voit le triomphe de théories utilitaristes, dont Jeremy Bentham et John Stuart Mill sont les représentants. Un principe : le bonheur repose sur la maximisation des plaisirs et la minimisation des peines.

- la troisième, contemporaine, constate la prépondérance des théories utilitaristes ainsi que leurs limites. Elle doit ouvrir, selon l’auteur fustigeant les dérives de cette doctrine utilitariste consumériste, au « retour de l’éthique de la vertu dans la quête du bonheur », prenant en considération l’épanouissement humain personnel.


Science du bonheur

L’établissement d’un rapport chiffré et scientifique, fondé sur des témoignages subjectifs, permet de mettre la validité de ces hypothèses à l’épreuve de « la nouvelle science du bonheur » afin d’avancer dans la recherche de la communauté politique idéale. Selon le chercheur, « les philosophes moraux depuis les temps anciens jusqu’à aujourd’hui pouvaient défendre leur point de vue, mais pas tester leurs théories. Mais nous pouvons utiliser les enquêtes chiffrées pour soupeser les différentes théories alternatives de “la société bonne”. Dans les faits, les études sur le bonheur représentent une avancée importante en philosophie morale puisque les vieilles questions concernant le bien-être humain peuvent être désormais testées. »

Et que découvre-t-on ? Qu’il faut sans doute adopter un point de vue holiste sur le bonheur, qui ne saurait être réduit à une dimension unique. La définition du bonheur doit au contraire inclure dans son extension une pluralité de dimensions, incluant notamment une série de capabilités, telles que définies par la philosophe Martha Nussbaum ou l'économiste Amartya Sen« Le concept de “capabilité” désigne la possibilité réelle, ou encore la liberté substantielle d’effectuer un choix. Ce qui est crucial dans cette approche, c’est l’idée de mesurer le progrès d’une société non pas en considérant exclusivement l’accroissement de la richesse, qui peut bien entendu être très inégalement distribuée, mais en examinant ce que les gens sont véritablement en mesure d’accomplir, et donc les véritables opportunités qui s’offrent à eux. On appréhende alors mieux des choses d’une grande importance humaine, comme l’éducation, la santé ou la qualité des relations raciales, que par la seule considération de la richesse nationale ou que par une perspective utilitariste. » 

Cette approche généreuse insistant sur l’importance de la réalisation de soi au regard de valeur personnelles, prête le flanc à la critique : outre qu’elle est facilement taxée de relativisme, la liste des biens premiers et de capabilités est potentiellement infiniment extensible… À chacun son idée du bonheur ?

Cédric Enjalbert


Source : Philosophie Magazine

 


10.03.2016

La Fraternologie

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"La Fraternologie", dernier ouvrage de Roger Winterhalter, fondateur de la Maison de la Citoyenneté Mondiale de Mulhouse et de la Banque du Rêve peut être commandé à partir de la page dédiée sur le site de la Banque du Rêve !

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08.03.2016

L'homme qui répare les femmes sort en salle


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Sortie du documentaire soutenu par Amnesty International, un regard sur le combat de Denis Mukwege qui « répare » des milliers de femmes violées pendant des vingtaines d’année en République démocratique du Congo.

L'Homme qui répare les femmes suit l’histoire et le combat du docteur Mukwege, tant au Congo que lors de ses déplacements internationaux. En s’installant dans son quotidien et dans celui de quelques-unes de ses patientes à l’hôpital de Panzi, en l’accompagnant aussi lors de déplacements en Europe ou aux Etats-Unis, où il est régulièrement invité à parler de la situation des femmes du Kivu, ce film révèle comment et combien cet homme fait bouger les choses et donne espoir à la société congolaise.

Les nombreuses thématiques traitées par le film rejoignent celles que nous portons : dénonciation du recours au viol comme arme de guerre, impunité, exploitation des minerais des conflits, accès et exercices des droits sexuels et reproductifs.

C’est donc tout naturellement qu’Amnesty International France est partenaire de ce film et l'accompagne dans sa sortie nationale le 17 février.

Le film a été co-écrit par Colette Braeckman et Thierry Michel. Ce dernier en est également le réalisateur. Thierry Michel a notamment réalisé les documentaires : Gosses de Rio, Zaïre, Le cycle du serpent, Donka, radioscopie d’un hôpital africain, Mobutu, roi du Zaïre, Iran sous le voile des apparences, Congo River , Katanga Business , L’Affaire Chebeya, un crime d’Etat ?

Colette Braeckman est une éminente spécialiste de l’Afrique centrale et a écrit de nombreux ouvrages dont :  Le Dinosaure ou le Zaïre de Mobutu , Rwanda, histoire d’un génocide, Les racines de la violence , L’enjeu congolais , Les nouveaux prédateurs.

Source : http://www.amnesty.fr


 


03.03.2016

Super Tuesday

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27.02.2016

Humour

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«Un jour, nous nous demanderons comment nous avons pu vivre sans revenu universel de base»

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Philippe Van Parijs, professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’Université catholique de Louvain, est à Zurich ce jeudi pour parler du revenu inconditionnel de base. Les Suisses voteront le 5 juin sur une initiative populaire réclamant la création d’un revenu de base inconditionnel. L’idée? Attribuer à chaque citoyen, pauvre ou riche, une somme de base, sans contrepartie. Philippe Van Parijs, professeur ordinaire à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l’université de Louvain, observe le débat naissant en Suisse avec enthousiasme. Pour le philosophe qui a fondé le BIEN (Basic income earth network) dans les années 1980, le revenu de base est un vecteur d’émancipation. Il est de passage à Zurich ce jeudi pour croiser le fer avec un opposant à ce projet, l’économiste Reiner Eichenberger*.

Le Temps: Les Suisses votent sur le revenu inconditionnel de base, la Finlande l’étudie et les Pays-Bas le testent dans plusieurs villes. Comment expliquer le retour d’une idée d’ordinaire cantonnée aux sphères philosophiques?

Philippe Van Parijs: Cette idée émerge du constat que le plein-emploi au sens traditionnel est une illusion. Nous n’avons pas les mêmes perspectives de croissance que dans les années 1930. Les pouvoirs publics sont confrontés à un chômage qu’on ne peut espérer résorber par une croissance qui, même si elle était possible, ne serait pas souhaitable. L’emploi a aussi changé de nature. Il y a moins de grandes entreprises avec des milliers d’employés et davantage de travail éphémère, d’indépendants, de temps partiel. Il faut chercher des solutions structurelles adaptées au XXIe siècle.

– En quoi distribuer à chacun un revenu sans condition en serait une?

– Le revenu de base permet d’assouplir les différentes sphères de l’emploi. Il donne la liberté à chacun de faire des va-et-vient entre vie professionnelle, formation et famille, en réduisant volontairement son taux d’activité, par exemple, ou en interrompant son parcours à l’arrivée d’un enfant. Il permet aussi de compléter sa formation, de faire une pause dans son parcours ou de se lancer dans des activités de bénévolat peu rémunératrices. Tout cela favorise l’évolution individuelle et permet de durer plus longtemps sur le marché de l’emploi.

– Le revenu universel ne signifie-t-il pas la fin de l’emploi?

– Non, le revenu universel n’a pas pour vocation de se substituer au travail rémunéré. Ce n’est pas non plus une alternative au plein-emploi, dans le sens de l’emploi à plein-temps pour chacun tout au long de son existence. C’est plutôt la pleine possibilité de l’emploi. Il faut voir cela comme une réforme certes radicale, mais qui serait mise en place petit à petit. Une modernisation du système de prestations sociales.

– En supprimant l’incitation à travailler, on risque plutôt de favoriser l’oisiveté…

– Non, au contraire, du moment que le revenu de base permet aussi de se lancer plus facilement dans une activité aux revenus incertains. Le revenu universel émancipe, permettant de dire non à certaines activités, mais surtout de dire oui à d’autres. Cela ne peut que conduire à un développement plus favorable du capital humain. C’est la raison pour laquelle cette idée est populaire auprès des créateurs de start-up ou dans la Sillicon Valley en Californie, ou on voit le revenu de base comme un «venture capital for the people», un capital-risque à même de favoriser l’audace des entrepreneurs. Quant aux personnes au chômage actuellement, elles sont menacées par l’effet de trappe: si elles acceptent un emploi, même peu rémunéré, elles perdent leur allocation. Introduire un revenu de base sans condition apporte une réponse à ce problème.

– En revanche, cela pose un problème de financement…

– La plus grande partie du revenu universel est autofinancée par la réduction des autres allocations et par la suppression de l’exonération fiscale sur la première tranche de revenu, qui existe dans tous les systèmes d’impôts actuellement. On peut aussi imaginer, comme le proposent les initiants en Suisse, un financement partiel par la TVA. Les plus hauts revenus seraient davantage ponctionnés. Ceux qui y gagnent, à la fin, sont les travailleurs à temps partiel.

– Quel intérêt si ce modèle ne remplace pas toutes les prestations d’aide?

– Le revenu inconditionnel de base est un socle qui se glisse en dessous de l’ensemble de la distribution que l’on connaît dans le système actuel (invalidité, chômage, etc.). Mais il ne peut remplacer intégralement les allocations. Il y aura toujours des personnes qui auront besoin d’autres aides pour échapper à la pauvreté. Ce n’est pas une abolition de l’Etat providence, mais une modernisation du filet social, pour le rendre mieux adapté aux défis du XXIe siècle. Il simplifierait le système et réduirait le nombre de personnes dépendantes.

– Que pensez-vous de la proposition des partisans du revenu de base en Suisse: 2500 francs pour chaque citoyen?

– C’est irréaliste, car trop élevé. Si on prend le montant de l’aide sociale permettant d’assurer une vie digne tel que conçu par la conférence suisse de l’aide sociale, il correspond à 986 francs par mois, soit 15% du PIB par tête. Cette somme serait un point de référence réaliste, compatible avec la formulation de la proposition.

– Qui s’occuperait de tâches peu gratifiantes, mais indispensables à la société?

– Actuellement les emplois les mieux rémunérés sont souvent ceux qui ont la plus grande valeur intrinsèque, ce sont aussi les moins pénibles. Cette situation serait corrigée par l’introduction d’un revenu inconditionnel. C’est un moyen d’accroître le pouvoir de négociation de ceux qui en ont le moins. Ce qui forcerait les industries à améliorer les conditions de ces emplois les moins attractifs, par un salaire plus élevé, ou plus d’autonomie par exemple. Si la femme de ménage qui vient nettoyer l’auditoire est mieux payée que le professeur que je suis, ce n’est pas une mauvaise chose.

– La Suisse risque aussi de se transformer en un pays à deux vitesses, entre ceux qui reçoivent le revenu de base et les immigrés qui viendraient exécuter les tâches ingrates…

– Pour qu’il n’y ait pas d’esclaves importés, cela implique d’accorder le revenu universel à tous les citoyens légalement installés sur le territoire, tout comme l’aide sociale.

– Ce qui rendrait le système extrêmement attractif pour le reste du monde…

– Cette question se pose dans tout système redistributif non assurantiel. Le revenu universel doit être protégé contre l’immigration sélective et donc son accès limité, comme l’est aujourd’hui l’accès à l’aide sociale.

– Cela pose tout de même un problème de justice: comment concevoir qu’une partie de la population dépense pour une autre qui ne travaille pas?

– Ceux qui veulent continuer à gagner plus d’argent continueront à en gagner plus. On considère parfois que seuls ceux qui travaillent doivent avoir accès au revenu. Or ce postulat fait l’impasse sur toutes les activités non rémunérées et néanmoins importantes de chacun, comme s’occuper des enfants. Mais, surtout, c’est une illusion de croire que notre revenu correspond à notre travail effectif. On doit l’essentiel de notre salaire aux circonstances favorables dans lesquelles nous évoluons: à l’accumulation du capital au cours de l’histoire, aux savoir-faire et aux progrès technologiques réalisés par nos sociétés. Seul 10% de notre revenu est le reflet de nos efforts, le reste est un «cadeau» du passé, disait le prix Nobel d’économie américain Herbert Simon. Le revenu inconditionnel de base ne fait que redistribuer plus équitablement ce cadeau.

– Dans quels milieux cette idée trouve-t-elle un écho aujourd’hui?

– Elle rencontre une certaine popularité parmi les décroissants, car elle postule qu’on ne peut fonder nos espoirs sur une croissance infinie. Mais elle plaît à tous les défenseurs d’une liberté réelle pour tous – pas seulement pour les riches. Elle plaît à la gauche libertaire, moins aux travaillistes et à la gauche attachée au rôle de l’Etat. Elle a séduit ceux qui, après la chute du mur, ont vu que le socialisme n’a pas d’avenir dans une société capitaliste et qui cherchent une autre voie possible, entre le néolibéralisme d’un côté et les vagues tentatives de combler les brèches de l’autre. Aujourd’hui, le revenu de base est aussi soutenu par des patrons, comme Götz Werner en Allemagne, propriétaire de la chaîne de drogueries dm, ou par le think tank libéral Génération Libre en France.

– Est-ce une tentative de mettre fin au capitalisme?

– C’est plutôt une voie capitaliste vers l’idée communiste d’une société où chacun contribue volontairement selon ses capacités et reçoit selon ses besoins. L’un des premiers à défendre cette idée a été le spécialiste de médecine sociale néerlandais, Jan Pieter Kuiper. Il voyait des patients malades de trop travailler et d’autres souffrant au contraire de ne pas trouver d’emploi. Le revenu de base permet de s’attaquer simultanément à ces deux pathologies.

– Une utopie?

– C’est une utopie pour le temps présent. Mais le système d’assurances sociales introduit par Bismark au 19e siècle était une utopie bien plus radicale, c’était le premier système de solidarité organisé par l’Etat. Un jour, j’en suis convaincu, on se demandera comment on a pu vivre aussi longtemps sans ce socle.

* Justice, Democracy and the Unconditional Basic Income. Jeudi entre 18 h 30 et 20 h 00 à l’université de Zurich, Rämistrasse 71.

Céline Zünd, Publié jeudi 18 février 2016.

Source : http://www.letemps.ch/suisse/2016/02/18/un-jour-demanderons-avons-pu-vivre-revenu-universel-base


 


26.02.2016

Pétition contre la "Loi Travail" du gouvernement

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La ministre du travail propose une réforme qui transforme en profondeur le code du travail.

Parmi les éléments proposés dans le projet actuel 

☞  En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire.

☞  Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées.

☞  Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail

☞  Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos

☞  Le dispositif « forfaits-jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu

☞ Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine

☞  Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d'une loi antérieure).

☞  Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées.

☞  Une mesure peut-être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats.

☞  Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques.

☞  Après un accord d'entreprise, un-e salarié-e qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié.

☞  Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour.

Salarié-e-s ou non : cette réforme nous concerne toutes et tous !

Interpellez la ministre du travail et demandez lui de renoncer à ce projet.

1. Signez la pétition
2. Interpellez la ministre sur http://loitravail.lol
3. Likez la page Facebook de la mobilisation

Signez la pétition et RDV sur http://loitravail.lol



25.02.2016

L'ISLANDE, LES BANQUES ET LA DÉMOCRATIE

Vous n’aviez pas le droit de savoir que les banquiers 
peuvent aller en prison
Joe Clifford – Information Clearing House - 4 février 2016
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La crise et l’effondrement de 2008 se sont produits parce que de très grandes banques avaient spéculé sur des prêts frauduleux et risqués, qui se sont cassé la figure. Quand l’effondrement s’est produit, les banques se sont tournées vers le gouvernement fédéral, qui a aussitôt adhéré à l’idée que les banques sont bien trop grosses pour faire faillite, et les contribuables ont subventionné les banques pour des trillions de dollars. Personne ne sait combien au juste a coûté ce renflouement, mais voici une liste partielle des banques que vous avez généreusement tirées d’affaire :
Citigroup - $ 2.513 trillions   (1 trillion = 1 million de millions)
Morgan Stanley - $ 2.041 trillions
Merrill Lynch - $ 1.949 trillions
Bank of America - $ 1.344 trillions
Barclays PLC - $ 868 milliards
Bear Sterns - $ 853 milliards
Goldman Sachs - $ 814 milliards
Royal Bank of Scotland - $ 541 milliards
JP Morgan Chase - $ 391 milliards 
Deutsche Bank - $ 354 milliards
UBS - $ 287 milliards
Crédit Suisse - $ 262 milliards
Lehman Brothers - $ 183 milliards
Bank of Scotland - $ 181 milliards
BNP Paribas - $ 175 billion
Wells Fargo - $ 159 milliards
Dexia - $ 159 milliards
Wachovia - $ 142 milliards
Dresdner Bank - $ 135 milliards
Société Générale - $ 124 milliards
« Tous les autres emprunteurs » - $ 2.639 trillions (voir plus haut)
Les contribuables n’ont pas été consultés et n’ont même pas été autorisés à donner leur avis, et ceci n’est qu’un exemple de la célérité avec laquelle les gouvernements peuvent répondre aux desiderata de la classe riche. Bien qu’il ait été de notoriété publique que les banques avaient menti, spéculé sur des prêts frauduleux et blanchi l’argent des cartels de drogue, personne n’a été poursuivi ni inculpé de rien, alors que des millions de citoyens se voyaient ruinés. Les banques, qui avaient commis toute une variété de forfaits, se sont juste adressées au gouvernement et lui ont demandé, le carnet de chèque à la main : combien voulez-vous pour éviter la prison à nos responsables ? Et le gouvernement leur a répondu en les condamnant à une amende, ce qui revient à rien puisque les banques se contentent de repasser l’amende aux consommateurs, lesquels paient ainsi une seconde fois.
Les « corporate medias » ont délibérément omis d’informer le public de la façon dont d’autres pays, notamment l’Islande, ont fait face à leurs crises. Si on vous l’avait dit, vous auriez pu exiger que nous nous conduisions comme les Islandais, mais quand on ne sait pas, on n’exige rien. L’Islande est un des pays qui ont été le plus durement touchés par l’effondrement des banques, mais là, ils ont affronté le problème tout autrement que nous. La première différence importante est que l’Islande a décidé que si les banques avaient spéculé et consenti des prêts dangereux et stupides, ce n’était pas la responsabilité des contribuables de renflouer des banques irresponsables pour leur stupidité, et par conséquent, elle les a laissées faire faillite.
Le monde de la finance a prédit que cela causerait à l’Islande des difficultés irréversibles, et les financiers lui ont annoncé qu’elle ne se relèverait jamais de ce défi, mais les citoyens ont persisté. Malgré toutes les mises en garde, les Islandais ont été, à deux reprises, invités à voter et à dire s’ils voulaient sauver les banques ou les laisser faillir. De très fortes pressions ont été exercées sur les votants par le secteur financier, mais les citoyens ont tenu bon et voté démocratiquement qu’il fallait laisser déclarer les banques en faillite. À nous, en revanche, on n’a pas offert le luxe d’un vote démocratique. L’argent a simplement été pris dans la poche des contribuables et donné aux banques. Les Américains, qui croient naïvement vivre en démocratie, n’ont pas eu l’autorisation de voter pour dire s’ils voulaient faire ce cadeau aux grandes banques ou pas. On les a mis devant le fait accompli.
Donc, quand l’Islande a refusé de renflouer gracieusement les banques, elles ont fait faillite. Assurément, l’Islande a eu à faire face à des problèmes économiques, mais si on compare leur économie avec celle du reste du monde, on s’aperçoit par exemple qu’ils ont l’économie la plus forte d’Europe. En outre, pendant les temps difficiles, l’Islande a évité de recourir à un programme d’austérité et maintenu tous ses programmes sociaux, permettant ainsi aux citoyens de dépenser, ce qui a, évidemment, stimulé l’économie. Les prophéties apocalyptiques ne se sont pas réalisées et, aujourd’hui, l’Islande est plus forte que jamais.
Mais les Islandais ne se sont pas contentés de cela : ils ont pris une mesure plus audacieuse encore. Ils ont décidé de poursuivre en justice les dirigeants des banques qui étaient responsables de l’effondrement de 2008, ce qui, à ce jour, a conduit 26 banquiers en prison. Un concept franchement nouveau que celui de tenir des banquiers pour responsables de ce qu’ils font, comme le sont les citoyens ordinaires ! C’est un genre de choses qui n’arrive pas ici. Les banques se contentent d’acheter leur impunité. Mais la petite Islande a adopté un autre comportement et elle a trouvé 26 banquiers coupables de fraude, qui vont passer un total de 74 ans en prison. Et elle n’en a pas fini avec les inculpations.
Ah, que les USA seraient démocratiques, s’ils mettaient les banquiers sur le même plan que le reste des citoyens, et, ah, qu’il aurait été démocratique de laisser les citoyens US voter et décider s’ils voulaient payer les dettes des banques à leur place ! Mais, malheureusement, dans ce pays, les banquiers sont nos supérieurs, et ils n’ont pas de comptes à rendre. Donc, les USA sont, en réalité, bien moins démocratiques que l’Islande. La petite Islande offre une grande leçon aux gros États-Unis, mais qui se préoccupe ici d’égalité devant la loi et du droit à voter pour se faire entendre ? Pas le gouvernement fédéral, c’est certain. Nous n’avons même pas le droit de savoir ce que font d’autres gens ailleurs, comme par exemple en Islande. Quelles andouilles nous sommes !
Source : http://www.informationclearinghouse.info/article44139.htm
Traduction c.l. pour Les Grosses Orchades

24.02.2016

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Le "Dédé" du jour

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La démocratie participative

France-Culture présentait hier "La République de Saillans", une petite commune de la Drôme engagée dans une démarche de démocratie participative. Lors de l'émission les acteurs de ce renouveau démocratique évoquaient à la fois leurs espoirs mais aussi les freins imposés notamment par l'intercommunalité, pour en savoir d'avantage :

- Le site de la municipalité de Saillans http://www.mairiedesaillans26.fr/

- France-Cul., "La République de Saillans", Sur les Docks, 23 février 2016 http://www.franceculture.fr/emissions/sur-les-docks/la-republique-de-saillans-0

- idée de lecture

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"Alors que l’idéal démocratique progresse dans le monde, les « vieilles démocraties » sont en crise. Les partis semblent de plus en plus incapables de fédérer les énergies civiques. Des expériences qui réintroduisent le tirage au sort en politique se multiplient à l’échelle internationale. Les critiques déplorent une dérive « populiste » : leurs réactions ne témoignent-elles pas plutôt d’une certaine peur de la démocratie ?
Le tirage au sort a une longue histoire politique. Il constitue l’une des dimensions, trop souvent oubliée, du gouvernement du peuple. Inventé avec la démocratie à Athènes, longtemps consubstantiel à la tradition républicaine, pourquoi a-t-il été réservé aux jurys d’assises après les révolutions française et américaine ? Pourquoi fait-il son retour aujourd’hui, et quelle peut être sa légitimité dans le monde contemporain ? À quelles conditions peut-il contribuer à rénover la démocratie, à la rendre plus participative et plus délibérative ? Les mini-publics tirés au sort peuvent-ils s’articuler aux mouvements sociaux ? Une comparaison historique fait-elle sens ?
Yves Sintomer montre dans ce livre incisif que des logiques politiques nouvelles sont en train d’émerger. La démocratie des modernes, qui se pensait seulement à travers l’élection, laisse la place à des dynamiques plus complexes. Si la politique retrouvait sa crédibilité, ne pourrait-elle pas regagner du poids face aux forces du marché et aux pesanteurs bureaucratiques ? Face à un statu quo intenable, plus que jamais, il devient urgent d’expérimenter." Note de l'éditeur



21.02.2016

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13.02.2016

Mustapha Belhocine : "Précaire ! Nouvelles édifiantes"
Quelques scènes d’une vie de précaire consignées par un apprenti sociologue retournant la domination et l’exploitation par l’écriture.

9782748902464-0


"Devant moi, un hall gigantesque, divisé en cages grillagées sur toute la hauteur. On ne peut pas passer d’une cage à l’autre, chaque porte est surveillée par un agent de sécurité et seuls les contremaîtres peuvent ouvrir. Je suis devant un tapis roulant. Une boîte tombe du ciel, un carton arrive et je dois mettre la boîte dans le carton. Au bout de cinq minutes, je suis déjà épuisé, comment je vais tenir jusqu’à 21 heures ? Comment je vais tenir tout court ? Comment peut-on tenir plusieurs mois ?
À 19 heures les machines s’arrêtent. Je ne sentais plus mes jambes ni mes bras. Escortés par les chefs d’équipe, nous marchons d’un pas lent, en file indienne. On nous ouvre puis nous regroupe à cinquante dans une petite salle crasseuse. Il n’y a pas assez de chaises, de toute façon je n’aurais pas eu la force de m’asseoir.
— Écoutez, je sais que vous avez beaucoup travaillé, ça fait à peine cinq minutes que vous êtes en pause, mais on vient de recevoir de la marchandise. Alors on y retourne, vous récupérerez une heure ce soir, mais pour ça, faut emballer et faire ça bien !
J’interpelle un mec à côté de moi : « Putain, c’est pas possible, ils n’ont pas le droit ! C’est interdit, ils ne font pas ça tous les jours... »
— Si ! Tous les jours, c’est comme ça."

Mustapha Belhocine est ce qu’on appelle aujourd’hui un « précaire » : condamné aux contrats courts, il enchaîne des missions d’homme de ménage au pays de Mickey, de manutentionnaire dans un célèbre magasin de meubles ou de « gestionnaire de flux » chez Pôle Emploi – ce dernier poste consistant à renvoyer chez eux les impudents chômeurs venus faire leurs réclamations en direct plutôt que sur Internet.
Armé des mots de Bourdieu, d’un bagout sans faille et de réflexes réfractaires aux ordres illégitimes, il opère de lucides coups de sonde dans les bas-fonds de l’exploitation moderne. Contrairement à Florence Aubenas ou à Günter Wallraff, journalistes s’étant glissés dans la peau de précaires, Belhocine est un précaire par nécessité économique, qui écrit ce qu’il vit pour consigner les cadences, les vexations et la pénibilité, mais aussi faire éclater le ridicule, jusque dans sa langue, d’une organisation sociale exigeant de ses « castmembers opérationnels et motivés » d’avoir le « sens du jeu ».

Sommaire :I. L’université du désespoir ; II. Billet pour la France d’en haut ; III. 48 heures ; IV. L’enfer du décor ; V. Airtek ; VI. Le sens du placement ; VII. Le quotidien du chômeur.

À l’issue d’une dizaine d’années d’inscriptions chaotiques à l’université, Mustapha Belhocine est titulaire depuis 2012 d’un master de sociologie à l’EHESS. Il livre ici, à 42 ans, la synthèse de la succession picaresque des emplois à plein temps qui ont accompagné sa formation d’apprenti sociologue.

Mustapha Belhocine
Précaire ! Nouvelles édifiantes

Parution : 12/02/2016
ISBN : 9782748902464

Format papier
160 pages (12 x 17 cm) 9.50 €

Commander en ligne : http://agone.org/centmillesignes/precaire



10.02.2016

Les députés votent l'article inscrivant la déchéance de nationalité dans la Constitution - AFP

Les députés ont voté mardi soir l'article controversé qui inscrit la déchéance de nationalité dans la Constitution pour les auteurs de crimes et délits terroristes, comme voulu par l'exécutif après les attentats du 13 novembre.

Après avoir voté à main levée l'amendement du gouvernement réécrivant l'article sans faire de référence à la binationalité, les députés ont adopté l'article 2 du projet de loi constitutionnelle par une courte majorité de 162 voix contre 148.

Celui-ci prévoit désormais que la Constitution renverra à la loi pour "les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu'elle est condamnée pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la Nation".

Les députés se prononceront mercredi après les questions au gouvernement sur l'ensemble de la révision constitutionnelle qui comprend également l'inscription du régime d'état d'urgence dans la loi fondamentale.

Tout l'enjeu sera de savoir si la majorité sera "large", comme l'espère le président du groupe socialiste Bruno Le Roux, puisque la révision constitutionnelle nécessitera non seulement un vote conforme de l'Assemblée et du Sénat, ce qui est loin d'être acquis mais aussi une majorité des trois-cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès.

Si la révision constitutionnelle est adoptée au Congrès, un projet de loi d'application précisera la mise en œuvre de la déchéance. Selon le gouvernement, la déchéance deviendrait une "peine complémentaire prononcée par un juge judiciaire". Elle pourrait être prononcée pour "des crimes d'atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation" ou des crimes terroristes, ainsi que pour les délits de terrorisme s'ils sont punis d'au moins 10 ans d'emprisonnement. Plutôt que la déchéance de nationalité, le juge pourrait prononcer une peine de déchéance "des droits attachés à la nationalité" (droits civils ou civiques tels que le droit de vote, le droit d'éligibilité, le droit d'exercer une fonction publique...).

Ni la Constitution ni le projet de loi d'application ne feront plus référence aux binationaux, rendant donc en théorie possible la déchéance d'un Français n'ayant pas d'autre nationalité. Le gouvernement s'est simplement engagé à la ratification de la convention de l'ONU de 1961 sur "la réduction des cas d'apatridie". Ce texte autorise cependant les Etats à pratiquer l'apatridie dans des cas restreints, notamment pour "un individu ayant eu un comportement de nature à porter un préjudice grave aux intérêts essentiels de l'Etat".

 

 


09.02.2016

 

NON A L’ASTREINTE AU BENEVOLAT POUR LES BENEFICIAIRES DU RSA


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Communiqué de presse de la FNARS - 8 février 2016 - RSA conditionné à une activité obligatoire : une mesure discriminante et illégale à l'encontre des plus fragiles

 

Le Conseil Départemental du Haut Rhin vient de décider d’imposer 7 heures de bénévolat hebdomadaires aux allocataires du RSA sous peine de suspension de l’allocation.

Pour la FNARS qui fédère 900 associations accompagnant l’insertion de ces personnes au quotidien, cette décision est inacceptable. Le RSA a été conçu comme le dernier filet de protection sociale inconditionnel pour les plus démunis, qui disposent (pour une personne seule) de moins de 500 €/par mois pour vivre.

Les associations de solidarité rappellent que l’augmentation du nombre d’allocataires du RSA depuis 2008 est d’abord le fait de la crise économique et de la dégradation du marché de l’emploi devenu inaccessible pour les personnes les moins qualifiées.

Cette décision est également inapplicable : certains allocataires ont des difficultés de santé, de mobilité, de logement ou de garde d’enfant qui freinent le retour à l’activité. La suspension de l’allocation pour ces personnes en situation de grande exclusion serait dramatique.

Pour toutes ces raisons, conditionner à une activité « forcée » serait une régression sociale majeure et une discrimination supplémentaire à l’encontre de ces bénéficiaires. En prenant cette décision, le Conseil Départemental du Haut Rhin choisit d’alimenter une polémique malsaine en stigmatisant des personnes en situation de pauvreté et sans emploi, laissant à penser que ces personnes seraient responsables de leur situation et qu’il faudrait les « contraindre » à exercer une activité sans autre contrepartie qu’un pécule mensuel.

La FNARS appelle donc les associations à s’opposer fermement à cette mesure et à refuser toute embauche de « bénévoles » sous la contrainte. S’il faut soutenir et accompagner le retour à l’activité des allocataires par le biais notamment de l’insertion par l’activité économique, cela n’est possible qu’à travers un projet élaboré avec les personnes.

Enfin, cette décision est manifestement illégale car les conditions d’accès au RSA sont définies par la loi pour l’ensemble du territoire et ne peuvent être modifiées de manière unilatérale par un département. La FNARS demande donc au Préfet du Haut Rhin d’examiner avec attention cette délibération dans le cadre du contrôle de légalité. Elle étudie avec les acteurs locaux la possibilité d’un recours en annulation contre cette décision.

Contact presse : Céline Figuière - 01 48 01 82 06 / 06 16 85 95 09 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


Adelheid TUFUOR

Déléguée Régionale

18 rue du 22 Novembre

67 000 STRASBOURG

Tél. :03 88 51 00 23

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Fax :03 90 24 66 36

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05.02.2016

La vraie raison de la diminution de la durée de vie

30 janvier 2016 / André Cicolella

L’espérance de vie à la naissance a reculé en France en 2015, une première depuis 1969. L’auteur de cette tribune y voit la conséquence de la crise sanitaire dans laquelle s’enfonce la France à cause de la multiplication des maladies chroniques dont les causes sont environnementales.

André Cicolella est président du Réseau environnement santé
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L’Insee vient de rendre publics les derniers chiffres sur l’espérance de vie à la naissance. Avec - 0,3 an pour les femmes et - 0,4 an pour les hommes, celle-ci connaît une baisse notable par rapport à 2014. Malgré cela, l’Insee continue de communiquer de façon rassurante en expliquant qu’il s’agit d’un phénomène ponctuel. Il y a d’abord un problème sémantique. Il serait plus exact de parler de durée de vie que d’espérance de vie. On connaît la durée de vie des générations qui décèdent aujourd’hui, mais cela ne permet pas de conclure qu’un enfant qui naît aujourd’hui aura la même durée de vie, car il naît et va vivre dans un environnement très différent de celui des générations d’avant-guerre.

En 2012, l’Insee faisait en effet le constat que « ces dix dernières années, la contribution la plus forte se fait entre 80 et 89 ans pour les femmes et entre 70 et 79 ans chez les hommes, soit dix années plus tôt ». Cela signifiait que c’était « l’espérance de vie » des générations nées avant-guerre qui tirait « l’espérance de vie » vers le haut. Logiquement cela ne devait donc pas durer car les générations d’après-guerre sont nées et ont vécu dans un environnement très différent de celui de l’avant-guerre. Changement de l’alimentation, pollution chimique généralisée, sédentarité mais aussi précarité... les facteurs de risque ont changé radicalement.

« Une catastrophe imminente » 

Il est donc plus vraisemblable que les chiffres d’ « espérance de vie » publiés aujourd’hui sont la conséquence de la situation de crise sanitaire dans laquelle la France s’enfonce depuis plusieurs années en raison de l’explosion des maladies chroniques, à l’opposé du discours angélique « sur la santé des Français qui n’a jamais été aussi bonne parce que l’espérance de vie progresse ».

Pourtant les faits sont là. Depuis plusieurs décennies, les maladies chroniques explosent. En France, le meilleur indicateur est celui des affections de longue durée (ALD) publié par la Caisse nationale d’assurance maladie. Ce dispositif créé en 1945 prend en charge à 100 % les frais médicaux lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie engendrant des coûts élevés. Depuis 1990, les maladies cardiovasculaires ont progressé 5 fois plus vite que la population, le cancer 4 fois plus, les affections psychiatriques 3 fois plus, le diabète 6 fois plus (depuis 2000)... Or la mortalité des personnes en ALD, à âge et sexe identiques, est 2,9 fois supérieure à celle des personnes non ALD et 5,8 fois plus avant 70 ans.

La précarité est un autre facteur qui diminue l’espérance de vie. En France, le nombre de bénéficiaires de la CMU a progressé de 50 % entre 2007 et 2011, passant de 1,4 à 2,2 millions de personnes. Or, ceux- ci sont en moins bon état de santé que le reste de la population. Ils sont 1,8 fois plus nombreux, à âge et sexe identique, à être en ALD et avec une surmortalité de 50 % par rapport au reste de la population en ALD (2,5 % contre 1,8 %).

La crise sanitaire engendrée par l’explosion des maladies chroniques n’est pas spécifiquement française. Le constat en a été fait lors de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 20 septembre 2011, dans une déclaration votée à l’unanimité des 184 chefs d’État et de gouvernement : « Nous, chefs d’État et de gouvernement […] reconnaissons que le fardeau et la menace que les maladies non-transmissibles représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle », défi qualifié « d’ampleur épidémique ». Margaret Chan, directrice générale de l’OMS (l’Organisation mondiale de la santé), considérait à cette occasion « l’augmentation des maladies chroniques non-transmissibles comme une catastrophe imminente pour la santé, pour la société et surtout pour les économies nationales ».

 Les lunettes roses de l’Insee

Ce constat n’a cependant suscité aucune politique à la hauteur pour faire face à ce défi. En France, la récente loi santé fait l’impasse sur ce diagnostic et se contente donc d’aménager à la marge le système de soin sans s’attaquer aux causes environnementales des maladies.

L’évolution des connaissances scientifiques permet de comprendre aujourd’hui que l’exposition pendant la grossesse conditionne largement l’état de santé des futurs adultes. Le livre blanc publié à l’occasion de la troisième conférence « Programmation prénatale et toxicité », organisée à Paris en mai 2012 par la Society of Toxicology, conclut : « Beaucoup des grandes maladies et des atteintes fonctionnelles dont la prévalence a augmenté substantiellement au cours des quarante dernières années apparaissent être liées pour partie à des facteurs de développement consécutifs à des déséquilibres nutritionnels ou des expositions environnementales aux substances chimiques : obésité, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, asthme et allergies, maladies immunes et auto-immunes, maladies neurodéveloppementales et neurodégénératives, puberté précoce et infertilité, certains types de cancer, ostéoporose, dépression, schizophrénie et sarcopénie ». Les perturbateurs endocriniens, qui sont devenus familiers depuis l’interdiction du bisphénol A dans les biberons, représentent un cas de figure de ce phénomène.

Il est temps de cesser de regarder la réalité avec des lunettes roses de l’Insee. Plus largement, il faut rompre avec cette croyance que la santé se résume au système de soin afin de construire une politique de santé qui fasse de la santé environnementale une politique majeure. S’il est important de soigner les maladies, il est tout aussi important de faire en sorte qu’elles frappent le moins de monde possible. C’est un enjeu éthique, mais aussi économique et, in fine, politique. Le coût des maladies chroniques est la cause majeure de la croissance des dépenses d’assurance-maladie ce qui met en péril l’existence même du système solidaire et donc la cohésion sociale.

Source : reporterre.net

 

 


 

Une vie pleine de risques

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03.02.2016

 

Pour découvrir la "Fraternologie"


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écouter l'interview de Roger Winterhalter lors de la Matinale de Radio MNE

 

https://www.mixcloud.com/radio-mne/fr%C3%BChs%C3%BCck-la-matinale-de-radio-mne-190-28012016/

 


01.02.2016

 

MCM

Madame, Monsieur,

Cher(e) ami(e),

Cher(e) camarade,

Je t'invite à une rencontre prévue le mardi 9 février à partir de 17h30

Au restaurant ’’ la Table de la Fonderie’’, 21 rue du Manège à Mulhouse (quartier Fonderie)

A cette occasion, je vais présenter un ouvrage intitulé: « la Fraternologie » que je viens de réaliser et qui reprend successivement

- l'aventure municipale que j'ai menée pendant presqu'un quart de siècle avec des équipes municipales successives

- l'expérience menée depuis 2002 par la Maison de la Citoyenneté Mondiale

Et… en guise de conclusion, je donnerai quelques idées sur le lien à réaliser entre la démocratie représentative et la citoyenneté active

Et pour celles et ceux qui auront envie de poursuivre la discussion, d'échanger et de partager des souvenirs ou d'évoquer le présent et l'avenir, je propose de rester sur place, et de partager à partir de 18 H.30 -19 H. un repas qui sera proposé par la Table de la Fonderie (un restaurant solidaire que nous avons lancé) au prix de 15 euros par personne.

Si cela vous intéresse je vous demande de me renvoyer avant la fin de la semaine le talon de réponse ci-joint pour permettre au cuisinier de prendre ses dispositions, sachant que le restaurant sera réservé uniquement pour nous et qu'il faudra au minimum un nombre de vingt personnes pour que le repas soit possible.

Ce sera une occasion pour rappeler quelques souvenirs aux uns et... je l'espère sera un encouragement à d'autres pour continuer à croire à l'utopie de la fraternité.

Dans l'espoir de te rencontrer à cette occasion, je te salue bien amicalement.

                                                                                         Roger Winterhalter

Maire Honoraire de Lutterbach et Animateur de la Maison de la Citoyenneté Mondiale



 

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"Refusons la déchéance de nationalité et la constitutionnalisation de l'état d'urgence" 

sortons de l'état d'urgence

N'acceptons pas la gouvernance de la peur

Exigeons la sortie de l'état d'urgence

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Signez la pétition "Nous ne céderons pas" !

 

 


 

 

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Sauver la Haute Vallée de l'Ognon

Située au coeur des Vosges Saônoises, bordée par le Plateau des Mille Étangs la Haute Vallée de l'Ognon constitue un des rares écosystèmes préservés du massif des Vosges méridionales. Son paysage composé de landes, de champs, de forêts, d'étangs et de tourbières est le témoignage d'un espace façonné par les glaciers puis par une activité des hommes respectueuses des écosystèmes. Malheureusement cet espace préservé, qui représente un potentiel touristique certain, est menacé par la volonté univoque du maire de Ternuay d'implanter à des fins uniquement financières une carrière qui détruira DEFINITIVEMENT ce paysage. Il importe de soutenir les opposants à la carrière de Ternuay afin que l'irréparable ne se produisent pas.

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La  page Facebook pour sauver la Haute Vallée de l'Ognon

https://www.facebook.com/stop.carriere

Les opposants à la carrière de Ternuay relancent la mobilisation

Par Hugo Flotat-Talon, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu Besançon 

Alors que l'enquête publique concernant le projet de carrière de Ternuay-Melay-et-Saint-Hilaire doit être lancée dans quelques semaines, les habitants opposés au projet relancent la mobilisation. Ils étaient une trentaine à distribuer des tracts ce samedi au rond-point de Mélisey.

Des appels de phares. Une fois. Deux fois. Et puis le ralentissement au rond-point à la sortie sud de Melisey sur la route de Lure. Dans le froid, une trentaine d'opposants au projet de carrière de Ternuay arrêtent les automobilistes et distribuent des tracts. _"Il y a urgence, il faut se mobiliser", clame une militante. "L'enquête publique concernant ce projet doit être lancée dans les prochaines semaines. Chacun pourra donner son avis, il faut qu'on mobilise, que les gens disent leur opposition_", ajoute Jean Webber, le co-président de l'association de sauvegarde des Mille Etangs et de la Haute Vallée de l'Oignon.

Pas de date officielle pour la consultation du coté de la Mairie, mais on confirme que la consultation sera bien lancée prochainement. "Elle permettra à tous ceux qui sont contre mais n'osent pas le dire de le faire plus discrètement", glisse Jean Weber. Le sujet est parfois sensible dans cette zone rurale et chacun ne tient pas à donner son avis publiquement.

Aux entrées du rond-point de Mélisey, les automobilistes s'arrêtent souvent volontiers, curieux, parfois surpris. "Je ne connaissais même pas l'existence du projet, alors que j'habite à quelques kilomètres", confie une mère de famille. "C'est effectivement dramatique pour l'environnement". Dans la voiture derrière une homme s'étonne : "Je croyais que c'était fini cette histoire ?". "Non, il y avait un premier projet qui avait été stoppé en 2007 mais là c'est une multinationale suisse qui veut s'implanter"_, répond Michel, un paquet de tracts dans les mains. De l'autre coté ça bouchonne. Une automobiliste n'est pas d'accord. "Ca va créer de l'emploi", assène-t-elle. "Non, il vont transférer des emplois déjà existants, donc ça ne créera pas d'emplois ici"_, répond calmement un militant. 

"Il faut être nombreux pour impressionner"

Les habitants convaincus sont invités à se prononcer lors de la consultation prochaine. Et ceux qui approuvent la démarche se voient aussi proposer d'adhérer à l'association. "Il faut être nombreux pour impressionner et donner envie aux politiques de se poser la question du bien fondé de cette carrière", estime Pascal Marchand, un des 130 adhérents de l'association. Dans les jours prochain, pour convaincre d'autres de les rejoindre, les militants iront distribuer leurs tracts aux sorties des écoles. Et ils n'excluent pas d'autres actions dans les semaines à venir.

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28.01.2016

Le hangar : une fourmilière de belles volontés

par Delphine KWICZOR

L’Auberge des migrants, face à l’arrivée massive de bénévoles, s’est mise à coordonner les bonnes volontés. Depuis, ça tourne un max

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Hallucinant. Auprès des exilés, l’investissement des volontaires venus d’Angleterre ou d’ailleurs, est hors norme, depuis des mois. Au milieu, l’Auberge des migrants joue le rouage incontournable, qui fait tourner une machine gigantesque, une espèce d’entreprise de volontariat bien huilée, basée sur le don et les valeurs humaines.

Un hangar de la zone Marcel Doret abrite une véritable petite fourmilière depuis octobre, où des bénévoles anglais, allemands, belges s’activent en musique.

En septembre après la mort du petit Aylan, la photo du corps sur une plage turque a soulevé l’émotion. Et amené des bénévoles anglais par centaines à Calais. Un ballet de camionnettes et de semi-remorques à la jungle. Des distributions pleines de bonne volonté mais faites à la sauvage ont causé des heurts, des jalousies, « beaucoup de gâ chis » aussi, précise Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants. À la jungle, les bénévoles locaux commencent alors à tenter de canaliser cela, pour que tout se passe bien. Rapidement, l’Auberge est devenue un repère, centralisant le tout, « par souci d’efficacité », souligne Christian Salomé. En octobre, ils occupent un premier hangar, zone Marcel Doret, « de 700m2 », pour entreposer les dons, les trier. « Il fallait encadrer les volontaires qui arrivaient pour être efficace. » Le hangar est vite devenu trop petit. Aujourd’hui, place à 3200m2.

D’un manque de tout à une organisation autogérée

Des chariots pleins. Un gilet jaune sur le dos, règle de sécurité oblige pour la bonne survie du lieu, les volontaires savent précisément s’ils sont en cuisine, à la construction des cabanes ou au triage de vêtements. Katie est venue d’Irlande avec « un groupe d’amis », elle trie en dansant et en chantant. Des lignées d’étagères métalliques, où s’entreposent des chaussettes rangées par tailles, des vêtements pour femmes, des produits d’hygiène par caisses complètes. Une bénévole anglaise déballe des boots d’hiver. Stefan, un Allemand de 24 ans est venu « pour quelques jours (…) La situation ici est vraiment mauvaise, il faut faire quelque chose pour que ce soit meilleur. » Pour Phil, qui a terminé ses études en juin en Angleterre, c’est l’engagement total depuis septembre. Il dort dans une caravane dans la cour du hangar avec d’autres et ne lâche pas, choisissant de donner de son temps, rappelant que les exilés « sont humains, comme nous ! » Il y a encore un an, les bénévoles de l’Auberge des migrants se rassemblaient dans le garage de leur président, pour préparer les repas avec peu de bras. Système D. Les galères du « manque de tout » étaient une triste ritournelle. Depuis cet automne, virage à 180º avec l’arrivée de centaines et centaines de bénévoles et de camions de dons dans la jungle.

La jungle, cette « mosaïque »

Sylvain, un Calaisien connu pour son répertoire de chansons, a rejoint la troupe. Désormais salarié de l’association, il joue le rôle de chef d’orchestre et ne rechigne pas sur son investissement. « On sait que l’Etat fait ce qu’il peut. N’empêche que ce n’est pas suffisant et que ça ne marche », affirme-t-il, avant de détailler leur façon de faire, de montrer leur efficacité basée sur le volontariat. « On fait pour que les gens aient moins faim, moins froid. » Et de façon digne. Une partie du hangar est consacrée à la préfabrication de cabanes, pas moins de 990 au 1er janvier. « Ensuite, on les amène aux gars. C’est du selfbuilding. Ils les font eux-mêmes, on leur amène le matos, les outils, les bâches etc. » Les exilés sont aussi impliqués dans les rouages de la fourmilière. « J’ai vu des Soudanais aider des Kurdes et des Afghans ». Sans tomber dans l’assistanat, ils créent du lien.

Des idées folles et de la dignité

La mobilisation bénévole paie, leur permet de faire ce que le cadre d’une entreprise, une ONG internationale, ne permet parfois pas. La « Pinkcaravane » : une caravane avec un volontaire présent toutes les nuits : si quelqu’un a besoin d’un sac de couchage ou autre, il sait qu’il trouvera de l’aide par là.

Les volontaires du hangar ont créé l’émulsion, les idées foisonnent. Fini les distributions de nourriture par file. De façon un peu folle, ils ont créé de nouvelles méthodes et tiennent absolument à apporter de la dignité.

« On distribue 2000-2200 repas par jour, végétariens, sans gluten, faits par des chefs anglais. » Et pas seulement. « On distribue dans les lieux communautaires, les ashram kitchen, des cuisines communautaires qui font 800 repas jour, des restos gratuits. » Ils domptent aussi l’efficacité, en s’adaptant aux habitudes des exilés, en tenant compte de leurs besoins. « Par exemple, les Syriens préfèrent qu’on leur donne de quoi se faire des sandwiches. » Ils épaulent, font avec. Mais ne jouent pas la carte de l’assistanat. Et ça fonctionne. « On s’adapte à cette mosaïque qu’est la jungle. »

Ils innovent, s’investissent à 200 %, tout le temps. « Je me suis retrouvé à pied dans la jungle, avec une Anglaise, un Kurde, un Américain, un Indien et un Néerlandais pour répertorier les points GPS des points de distribution communautaires », raconte Sylvain. Une trentaine de lieux. L’organisation est hallucinante : aujourd’hui, ils livrent avec une carte sur laquelle les lieux sont précis, avec la photo de l’exilé qui réceptionnera les sacs qui lui sont destinés et dont il gère la distribution auprès de sa communauté.

Dehors, dans la cour, le propriétaire dunkerquois du hangar confie « être surpris de l’ampleur qu’a prise la mobilisation ». Depuis janvier, il loue le hangar à l’association. « L’argent que je reçois, je m’en sers pour faire des travaux, pour qu’ils travaillent correctement. » Issue de secours, nouvelle porte, travaux d’électricité… Sa façon à lui de mettre la main à la pâte.

Dans cette fourmilière de volontaires engagés, la mobilisation se maintient. Ils ont été jusqu’à 200 la même journée. Une géométrie variable qu’ils gèrent. Une aventure humaine dont ils sortiront changés, probablement pas indemnes, mais enrichis. « Toute cette histoire, c’est une vraie richesse. Des cultures qui arrivent de partout, si on arrive à les mêler, on est sur un vrai enjeu humain de l’accompagnement de l’autre dans le respect de l’humain », confie Sylvain, dont les mots trahissent l’ampleur de son investissement sincère. « Toi, le soir, tu rentres chez toi, avec ta tablette, tes M&M’S… » Un investissement qui ne laisse pas intact, et laisse voir la vie sous un autre angle.


Source : http://www.nordlittoral.fr/calais/le-hangar-une-fourmiliere-de-belles-volontes-ia0b0n278774

 


24.01.2016

Une personne précaire sur deux ne mange pas à sa faim en France

Par AFP — 12 juin 2014 à 16:43 (mis à jour à 16:48)

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Une religieuse distribue de la soupe de poissons avec l'association Médecins du Monde à Marseille, le 27 octobre 2011. Plus de trois quarts des personnes précaires souffrent d'insécurité alimentaire pour raison financière. Photo Gerard Julien. AFP

Selon une enquête de Médecins du Monde publiée jeudi, deux tiers des personnes en situation précaire dépensent moins de 3,5 euros par jour pour se nourrir. 50% d'entre eux n'ont pas mangé pendant au moins un jour au cours du mois dernier.

  • Une personne précaire sur deux ne mange pas à sa faim en France

En France, les personnes en situation précaire, surtout immigrées, souffrent de la faim et peinent à bénéficier d’une aide alimentaire par manque d’information, affirme une enquête de Médecins du Monde publiée jeudi, pour la Journée mondiale de lutte contre la faim.

Sur les 346 patients interrogés par l’ONG, dont 97% de migrants, dans sept centres de soins en France entre avril et mai, une personne sur deux déclare ne pas manger à sa faim «souvent», ou «parfois». Et 78% des sondés sont en situation d’insécurité alimentaire pour raison financière.

Deux tiers des personnes interrogées disent dépenser moins de 3,50 euros par jour pour se nourrir, une somme qui tombe à 2 euros pour les personnes à la rue, en squat ou en bidonville.

Journées sans repas fréquentes

Pour les plus précaires, les journées sans repas sont habituelles: plus de 50% des adultes et 20% des enfants n’ont pas mangé pendant au moins une journée entière au cours du dernier mois.

Ces carences ont un effet direct sur leur santé : le jour de l’enquête, plus d’un tiers (34,5%) des patients présentaient une pathologie (chronique ou aiguë) en lien possible avec l’alimentation.

Médecins du Monde recommande de «développer des aides alimentaires adaptées et ciblées» et de faciliter l’accès à l’eau et à l’hygiène, mais aussi de «mettre fin aux arrêtés anti-glanages et anti-mendicité, qui constituent des ressources de dernier recours pour les plus précaires».

L’enjeu est aussi de «mieux informer les personnes en situation de grande précarité sur leurs droits et les dispositifs existants d’aide alimentaire». Seuls 41,9% des foyers interrogés ont bénéficié de l’aide alimentaire au cours du mois écoulé et parmi les personnes n’ayant pas bénéficié d’aide, 61% ne connaissent pas ces dispositifs.

Source : http://www.liberation.fr/societe/2014/06/12/une-personne-precaire-sur-deux-ne-mange-pas-a-sa-faim-en-france_1039478 



14.12.2015

 

COP21

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Manifestion des Chômeurs et Précaires du 5 décembre

Capture_manifCliquez sur l'image


Merci à Pili pour ce reportage !

 

https://www.youtube.com/watch?v=6VqGai2gJXw#t=25

 

 


03.12.2015

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Source : http://reporterre.net/350-interpellations-arbitraires-place-de-la-Republique-salaries-etudiants


 

TISSEUSES DE FRATERNITÉ  par Frédérique Meichler et Darek Szuster

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Elles s’appellent Aïcha, Paulette, Seyhan, Yamouna… Elles appartiennent à plusieurs générations, elles viennent de Turquie, du Maroc, du Portugal, d’Algérie ou de la région mulhousienne. Elles sont nées ici ou là-bas, elles ont été à l’école ou pas.
Un jour, elles ont convergé au centre socioculturel Papin de Mulhouse à l’invitation d’une amie, d’une voisine ou de la médiatrice interculturelle Semiha Sipahi. Cela fait vingt ans que le groupe des Femmes-relais existe au sein du quartier de la Cité qui logeait autrefois les ouvriers des filatures de Mulhouse. Et cela fait vingt ans que ce groupe basé sur l’entraide et le partage construit des projets collectifs, accueille des personnes qui arrivent dans le quartier et oeuvre pour le rapprochement des habitants. Ce livre raconte les parcours d’une quinzaine de ces femmes tisseuses de fraternité au quotidien.

Rencontre et dédicaces chez Bisey (Mulhouse), vendredi 4 décembre, de 15 à 18h.

 


02.12.2015

A l’écoute de Miss Terre de Guillaume REFFAY


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"Ayant toujours cru à la possibilité d’un monde moins divisé, l’auteur décide de partir à la recherche de ce sens de la vie que nous avons souvent perdu. Apprendre à discerner et s’imprégner des actes créateurs, telle devient sa quête.
Ainsi, il se lance dans ce qu’il a appelé une expédition sociale. Il ressent que c’est parfois dans des situations de survie que se cachent les plus grands enseignements, aussi il les provoque.
Complice des animaux et de la forêt dès son plus jeune âge, ils seront ses partenaires de voyage. Parfois, il prendra conseil auprès de ses compagnons humains chez qui il ressent les mêmes interrogations
Il souhaite, à travers cet écrit, transmettre ses expériences au plus grand nombre et trouver, avec le lecteur, le moyen d’appliquer ces apprentissages de la terre dans notre vie quotidienne.
Vous découvrirez ainsi qu’en fouillant dans notre histoire, dans nos mémoires se révèlent en nous des qualités que nous ne pouvions soupçonner. Retrouver la Terre, son écoute, c’est comme retrouver une famille loyale et sincère qui, vous laissant toute votre liberté d’expression, ne cherchera nullement à vous juger.
Fort de ces découvertes et au service des autres, Guillaume Reffay souhaite mettre en place les meilleurs moyens de partager ce qu’il apprend. Il le fait pour celle qui l’accueille, avec ceux qui l’habitent, les terriens. Ce, même si la vérité dérange parfois." 

4ème de couverture

 

Site de Guillaume REFFAY


 

Livre "à l’écoute de Miss Terre" disponible gratuitement en pdf :

https://guillaumereffay.files.wordpress.com/2011/10/livre-a-lc3a9coute-de-miss-terre.pdf

Ou en version papier à 15,15e livré en France, en commande au bas de la page ICI


 


 

La police a parqué et brutalisé des manifestants non-violents à Paris

http://www.reporterre.net/La-police-a-parque-et-brutalise-des-manifestants-non-violents-a-Paris

 

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Des incidents ont éclaté dimanche 29 novembre à l’issue de la chaine humaine pour le climat. Mais les « hommes en noir » qui les ont suscités ont rapidement disparu. Et la police a ensuite parqué et brutalisé des centaines de citoyens non-violents qui occupaient la place de la République. Reporterre était là et a filmé.

Dimanche, entre 13 h et 14 h : alors que la chaîne humaine qui a joint les places de la République et de la Nation se dissout, la tension monte place de la République. Vers 14h30, quelques dizaines de personnes cagoulées et tout de noir vêtues – pour éviter les polémiques autant que les risques d’instrumentalisation, Reporterre a décidé de ne pas catégoriser cette frange d’activistes violents – se confrontent avec la police.

Ils échangent des projectiles avec les CRS, se servant au passage allègrement auprès du mémorial au pied de la statue de la République, les bougies devenant ainsi des munitions.

Assez rapidement pourtant, les fumées des gaz lacrymogènes et les grenades assourdissantes ont mis fin aux échauffourées. Aucune vitrine cassée n’est d’ailleurs à déplorer. Les manifestants cagoulés disparaissent sans qu’apparemment aucune interpellation n’ait lieu.

La place est occupée par des centaines de personnes. Il est environ 15h30 quand le cordon policier s’organise concrètement, dans l’angle nord-ouest de la place rectangulaire de la République, à Paris. Un peu plus loin, l’entrée du boulevard Magenta est entièrement bloquée par plusieurs véhicules policiers. En quelques minutes, toutes les issues se sont refermées. C’est une prison à ciel ouvert qui attend désormais, pour plusieurs heures, ces centaines de manifestants qui chantaient et dansaient alors pour le climat.


De l’autre côté de la rangée de CRS, d’autres sont encore libres de leur mouvement, dans un périmètre pourtant très largement encadré par les forces de l’ordre. Séparés d’une cinquantaine de mètres par le cordon policier, la solidarité s’établit par chants interposés. « Libérez nos camarades » entonne-t-on du côté libre. Puis les captifs entament un « C’est à babord, qu’on gueule le plus fort » auquel le « tribord » répond immédiatement, en chœur.

L’ambiance est encore bon enfant. Des clowns et des fleurs tentent de faire résonner un autre message face aux boucliers policiers. Des jeunes et des moins jeunes s’asseoient alors en rang, du côté libre. Quelques instants plus tard, leur pacifisme ne récolte que les coups de matraque et les gaz lacrymogènes. Reporterre a pu filmer l’une de ces exactions policières.

Voir la vidéo ici

Dispersée, la foule se replie et découvre un peu plus loin un autre groupe de manifestants encerclés par les camions et les policiers. Au niveau de la rue du faubourg du Temple, une centaine de personne est ainsi parquée par les CRS. Pendant plus d’une heure, ils vont être exfiltrés un à un – pas toujours avec douceur, bien entendu – avant d’être embarqués dans de grands bus aux vitres à moitié blanchies. Hagards, sans aucun autre moyen de révolte que la sidération, les spectateurs « libres » assistent à ces interpellations inexpliquées.

Tandis que quelques caméras de télévisions étrangères filment la scène, on découvre les profils variés des dangereux suspects : des personnes à l’âge aussi avancé que les cheveux ne sont blancs, des groupes d’amis séparés violemment, des jeunes qu’on devine à peine étudiants… Pourquoi eux ? Un activiste roumain venu travailler dans le cadre des négociations partage son émotion : « Ce sont des abus très graves, il n’y a même pas eu de sommation. D’autant plus que ce ne sont visiblement que des militants climatiques ! ».

Il n’y avait dans les zones de parcage policier aucun des « hommes en noir » qui ont suscité les incidents au début d’après-midi. Peu importe, ils ont servi sur un plateau cette logique de répression non moins violente. « C’était malheureusement à prévoir, dit un organisateur de la Coalition Climat 21, qui avait justement déconseillé de manifester pour cette même raison. Il suffisait du moindre débordement, incontrôlable, pour justifier toute une ligne de sécurité et de répression ».

"Nous ne sommes pas venus pour les COPs (’flics’, en anglais), nous sommes venus pour la COP. Devons-nous les ignorer ?

Pendant plusieurs heures, trois à quatre cents manifestants ont donc été séquestrés, dans des conditions difficiles selon les différents témoignages que Reporterre a pu recueillir. « Certains ont été blessés par des grenades désencerclantes, et n’ont pas pu recevoir de soins malgré leurs plaies ouvertes. Pendant quatre heures, nous avons dû rester immobiles, dans le froid et la nuit, sans eau ni toilettes, pendant que les policiers se comportaient avec violence », dit le journaliste Gaspard Glanz, qui a filmé de nombreuses scènes de l’après-midi https://www.youtube.com/watch?v=0jYA1uATTEg&feature=youtu.be

Jointe par téléphone alors même qu’elle était bloquée dans le même périmètre, Léa Vasa, conseillère municipale du 10e arrondissement de Paris, insiste sur le sang-froid des otages : « C’est très calme et pacifiste, on joue un peu de musique en attendant de voir qui est le prochain à se faire embarquer. Cela semble totalement arbitraire ». D’autres responsables politiques, comme Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, se sont eux aussi retrouvés prisonniers, ainsi que plusieurs journalistes, français et étrangers.

Hier soir à 21h, la préfecture de police indiquait à Reporterre les derniers chiffres : 289 interpellations et 174 garde-à-vue. Un bilan qui se voulait « provisoire », avant la nuit. La liste des militants écologistes visés par la police pourrait bien encore s’allonger.


 

Communiqué du collectif de soutien aux manifestants interpellés pendant la COP 21
29 novembre 2015

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Plusieurs centaines d’interpellations et, semble-t-il, un nombre invraisemblable de gardes à vue : tel est le bilan de la journée après la participation de milliers de personnes à la manifestation interdite sur la place de la République aujourd’hui.

Le ministère de l’Intérieur fait la distinction entre ce qu’il appelle “les manifestants de bonne foi” et les autres. Sa police a mis en oeuvre cette politique en procédant à un tri arbitraire parmi ceux qu’elle avait enfermé dans des nasses ou qu’elle contrôlait, au hasard des rues et des stations de métro, dans le secteur de République, de Colonel Fabien ou de Barbès. Question de look, de regards, de sale gueule ? On ne saura pas ce qui a inspiré les cerbères de Cazeneuve. Mais ce qui est certain, c’est que le motif de la plupart de ces gardes à vue (le fait sans être porteur d’une arme de “continuer volontairement à participer à un attroupement après les sommations”) aurait pu s’appliquer à n’importe quelle personne qui se trouvait aujourd’hui dans les rues que l’état d’urgence a décidé d’interdire.

Par ailleurs, hier et aujourd’hui, plusieurs étrangers munis de papiers en régle, ressortissants de l’Union Européenne et autres, ont été placés en centre de rétention après un banal contrôle d’identité sous pretexte qu’ils ressemblent à des gens prêts à contester le discours écocitoyen sur la COP 21. Ils sont à présent menacés d’expulsion.

Témoignage sur les interpellations sur la place de la République :

“Vers 16 h 30, nous étions place de la République, qui tout à coup a commencé à être encerclée par les forces de l’ordre et arrosée de gaz lacrymos. Nous n’avons eu alors aucun moyen de sortir de la place. En quelques minutes, le cercle s’est resseré dans une nasse étroite, comme des sardines en boite, à deux cent, trois cent côté Boulevard Magenta. A partir de ce moment là, les forces de l’ordre se sont mises à “picorer” une à deux personnes à la fois, et ce jusqu’à 19 h 00 minimum. Ils ont rempli dabord trois petits fourgons blancs sans vitres, puis trois bus complets, tandis que le reste du groupe manifestait son soutien avec des slogans, des chansons et des actions symboliques : par exemple, quelqu’un est monté jusqu’en haut d’un arbre avec un drapeau de la paix multicolore. Après trois heures de ce régime là, ils ont ouvert deux couloirs qui ont permis à certains de sortir après fouilles et palpations.”

Malgré l’interdiction, des milliers de personnes manifestent à Paris contre la COP21 En bref :

En début d’après-midi, 4 000 à 5 000 personnes se sont rassemblées sur la place de la République, bloquée de toutes parts par la police. Une manifestation est partie sur l’avenue de la République malgré l’interdiction et l’armada policière. Les flics ont bloqué la manif un peu plus loin sur l’avenue, matraquant et lançant des gaz lacrymogènes et des grenades sur les manifestant-es. Des affrontements ont alors eu lieu sur l’avenue et la place de la République. Après avoir bloqué tous les accès, la police a continué à charger les manifestant-es à travers la place. Des affrontements et tentatives de départ en manif ont continué malgré tout. 22h : les personnes arrêtées sont dispatchées dans toute la région parisienne. Au moins un car a été envoyé au TGI de Bobigny. Pour au moins une personne mise en garde à vue, l’inculpation est "participation à une manifestation interdite". 19h45 : presque tout le monde a été relâché à République, après une palpation mais sans contrôle d’identité. Quelques personnes ont quand même été triées et embarquées. 19h15 : selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, il y a eu 208 interpellations et 174 gardes-à-vue ont été prononcées.

 

 


24.11.2015

« À l’Assemblée nationale, ces derniers jours, j’ai eu honte »
21 novembre 2015
Reporterre : Entretien avec Isabelle Attard

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Isabelle Attard est députée « citoyenne » du Calvados. Elle a récemment quitté EELV puis Nouvelle Donne. Elle est l’une des six députés à avoir voté contre la loi de prolongation de l’état d’urgence. Elle s’explique sur Reporterre.

Reporterre – Pourquoi avoir voté contre la loi prolongeant l’état d’urgence ?

Isabelle Attard – Tout ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui pouvait l’être sans décréter l’état d’urgence, que ce soit les perquisitions de jour ou de nuit, les assignations, les expulsions d’imams dangereux... C’est un problème de moyens : on a peu de juges en France et on ne renouvelle pas les postes, du coup tout ça prend plus du temps. Et du coup, on estime qu’il faut s’en passer pour aller plus vite encore !

Craignez-vous des déviances sur les écoutes, la surveillance, etc. ?

Vous savez, les écoutes sont déjà généralisées par la loi sur le renseignement… Mais j’estime qu’on avait encore un minimum de justice dans notre pays jusqu’au 13 novembre. Depuis, on a atteint quasiment 500 perquisitions en quatre jours. Qu’est-ce que ça veut dire ? Soit qu’on n’a absolument rien fait depuis le mois de janvier. Soit que, depuis quelques jours, on fait n’importe quoi et que les perquisitions ne concernent pas seulement le terrorisme. Et ça, malheureusement, on sait que c’est un risque. C’est très inquiétant. Depuis vendredi soir, les services de renseignement peuvent pêcher au chalut, en eau profonde, avec des filets très larges. Et avec des innocents, forcément, au milieu. Mais il faut croire que tout le monde s’en fout.

L’état d’urgence est encadré, y a-t-il véritablement autant de risques ?

Mais bien sûr, c’est évident ! Très concrètement, l’état d’urgence signifie qu’on n’a plus besoin de la validation d’un juge pour faire une perquisition, donc on enchaîne les perquisitions. Lisez les réactions du syndicat de la magistrature, des bâtonniers, d’anciens juges antiterroristes, etc : on est en train de supprimer la justice. C’est très grave.

De surcroit, la loi introduit de nouvelles possibilités, notamment dans le domaine de l’Internet et du numérique. Prenons l’association La Quadrature du Net, qui s’est souvent illustrée dans la défense des libertés fondamentales. Comme ils font la promotion de la cryptographie, ils peuvent être perquisitionnés demain, en l’absence de juges. On peut aller fouiller leurs ordinateurs, leurs clouds et autres – car ça ne concerne pas seulement le matériel physique.

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Est-ce la fin de l’État de droit ?

S’il n’y a plus de séparation des pouvoirs, vous n’avez plus la justice pour contrôler l’exécutif, c’est effectivement un danger pour la démocratie.

Mais on peut aussi considérer que l’état d’urgence a permis l’intervention mercredi 18 novembre à Saint-Denis : ne trouvez-vous aucune justification à ce dispositif ?

Je suis totalement favorable à cette mesure annoncée il y a une semaine. Aucun écologiste n’a d’ailleurs émis la moindre critique lorsque le président de la République a décrété l’état d’urgence. Quand c’est le chaos, on doit effectivement se donner les moyens d’agir très vite. Mais quand on est un responsable politique, on doit aussi réfléchir et utiliser son cerveau, non surfer sur l’émotion des gens une semaine plus tard. C’est ce que je reproche au gouvernement et au président de la République : au lieu de mettre l’émotion de côté, on tombe dans la démagogie en jouant la peur contre la peur.

Le gouvernement avait tout en main pour réagir dans l’immédiateté et rassurer les Français, sans prolonger l’état d’urgence. On n’est même pas encore dans la limite des douze jours. Il faut garder la tête froide, on ne peut pas légiférer dans l’urgence, François Hollande lui-même l’a dit. Là, on apprend qu’on va armer les policiers municipaux, sans aucune réflexion en amont, aucune étude d’impact – combien cela va-t-il coûter, est-ce efficace, qui l’a fait ailleurs ? Rien.

C’est donc la durée de cet état d’urgence qui pose problème ?

Après le 11 Septembre, le Patriot Act de Bush devait être temporaire. Il est toujours en vigueur, personne ne l’a démonté. Et à quoi a-t-il servi ? À mettre sur écoute le monde entier. À surveiller les écologistes et les associations citoyennes. Sûrement pas à lutter contre le terrorisme – le patron de la NSA l’a reconnu il y a peu devant le Congrès. On serait naïf de ne pas se faire de souci !

Chaque fois qu’il y a eu des modifications de la Constitution en France, le temporaire a eu tendance à durer très longtemps. La Constitution a été modifiée en 1962 pendant la guerre d’Algérie : on a encore la même aujourd’hui, et on en souffre.

Honnêtement, je n’ai pas un seul exemple historique à vous donner de situation où on a voté pour accorder ce genre de pouvoirs à la police et gendarmerie et où ça finit bien. Pas un seul exemple positif dans toute l’histoire de l’humanité !

Ne peut-on pas en tirer les leçons ? C’est honteux. Moi, j’ai honte pour mes collègues. On nous accuse d’être irresponsable parce qu’on n’a pas voté l’état d’urgence, mais ce sont eux, les irresponsables. Je suis atterrée par ce que j’ai entendu ces derniers jours à l’Assemblée nationale. J’ai eu l’impression de vivre des jours totalement surréalistes.

N’est-ce pas l’ « Union nationale »…

Une union nationale ? Au nom de quoi, pour quoi faire ?! Pour lutter contre le terrorisme, oui ! Mais pas pour faire n’importe quoi ! On a un cerveau, quand on est député, on ne le perd pas à l’entrée de l’Assemblée.

Et justement, que fait-on pour lutter contre Daech ?

Il faut assécher son financement. Il faut de la coopération internationale à l’ONU pour les services de renseignement. Surtout, il faut en finir avec l’hypocrisie de nos relations avec les émirats arabes. On sait que ce sont des mécènes des pays du Golfe qui financent Daech. Et nous, on continuerait à accueillir sur notre sol les Émirats, le Qatar, l’Arabie saoudite, parce qu’ils ont de l’argent, dans le cadre de relations commerciales et militaires ? Tout en détournant notre regard du financement de Daech ? La Suède a arrêté sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite au mois de mars. Et nous, on fait quoi ? J’attends une réponse claire du président de la République à ce sujet.

Quid d’une intervention militaire, aérienne ou au sol, en Syrie ?

C’est l’intervention militaire américaine en Irak qui a créé Daech ! Ce sont les prisons américaines qui ont donné naissance à l’État islamique ! Comment cautionner, alors, une intervention militaire ? Pour créer un monstre militaire pire que Daech ? Non, je ne suis pas d’accord avec l’intervention militaire sur place.

Mais à court-terme, n’y a-t-il pas besoin d’affaiblir Daech ?

Il faut plus de coopération internationale, plus de moyens pour la justice, plus de juges et de magistrats… Il faut faire exister une coalition internationale, non pas pour faire la guerre, mais pour clore les relations financières avec les émirats. Et vous verrez que dans six mois, quand Daech aura moins d’argent pour acheter des armes, on aura moins d’attentats. C’est un travail collectif, mais il faut le décréter.

Je suis horrifiée d’entendre des propos guerriers inutiles. On va rassurer les Français en allant faire la guerre en Syrie ? C’est irresponsable, et ceux qui tiennent ces propos savent très bien comment l’État islamique est né. La gesticulation intempestive des torses bombés et va-t-en-guerre au son du « nous sommes la France et dans trois mois, c’est terminé », on a connu ça en 1914 et en 1939. On a vu ce que ça donnait.

On se doit d’être honnêtes avec les gens : contre les kamikazes, on ne peut rien faire, par contre, on peut se battre collectivement pour empêcher les kamikazes d’acheter des armes. Ce n’est pas utopique de dire ça. Ce n’est même pas être pacifique, c’est juste être réaliste.

- Propos recueillis par Barnabé Binctin

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18.11.2015

 

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Lettre ouverte aux " bisounours "

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Pour les citoyens vigilants des environs de Fessenheim  
Lucien Jenny

Une fois de plus l’impensable nous a surpris, indigné, révolté.
L’ obscurantisme nous a déclaré la guerre et a frappé de façon imparable Paris, symbole s’il en est un de notre pays: la France.
Personne, ni l’armée, ni la police, ni la gendarmerie, ni la DGSI, ni les services secrets, absolument personne n’a pu empêcher ce massacre, pourtant prévisible.
Des kamikazes décidés, faisant fi de toute sommation, prendraient sans grandes difficultés possession de cet autre symbole qu’est le site de la centrale nucléaire de Fessenheim; la suite est laissée à l’imagination du lecteur et le pire serait à craindre. 
S’il n’y avait la difficulté d’ établir un « Califat » sur un site radioactif ( comme Tchernobyl ou Fukushima ), la  chose serait entendue et notre belle région serait rayée à jamais de ces endroits sur terre où il fait encore bon vivre.
Notre défiance ne peut que grandir vis à vis d’un Etat, incapable de protéger ses citoyens , malgré les  moyens dont il dispose et la bonne volonté de tous ses services.
Les derniers scandales ( Fifa, PIP, Volkswagen  Mediator, EPR,… ) nous montrent que les organismes officiels de contrôles se font très souvent  «rouler dans la farine» par les contrôlés, ce qui n’est déjà pas rassurant.
Les terroristes, eux s’affranchissent radicalement de tout obstacle qui se trouve sur leur chemin, et cela devient intolérable pour nous car nous habitons à côté de cette potentielle "bombe à retardement ».
Les quelques élus qui se retranchent encore derrière un avis de l’ASN se trompent lourdement car le terrorisme ne relève absolument pas de la compétence de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.
De par sa vulnérabilité et sa dangerosité la fermeture de cette centrale est une urgence absolue et ce d’autant plus qu’elle est inutile (c’est RTE qui le dit) et que la  plupart du temps elle est déficitaire (notre étude de rentabilité, non contestée à ce jour, le démontre incontestablement avec les chiffres officiels disponibles).

La fermeture c’est maintenant et pas après la promulgation d’une loi imprécise ou d’un décret aléatoire dont le premier terroriste venu se fiche royalement.





 

 


 

Attentats de Paris : reculer sur nos libertés, ce serait capituler

La logique de "guerre", martelée par Hollande, ne doit faire oublier que la lutte contre Daesch passe avant tout par la défense de nos valeurs: liberté, ouverture, non-discrimination, respect de la vie privée, présomption d’innocence. 

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15 novembre 2015, fleurs et bougies devant le Carillon, bar du 10e, victime de l'attaque terroriste du 13 novembre à Paris.

(AFP / BERTRAND GUAY)


Le mot "guerre" est passé dans le vocabulaire. Il s’est répandu dans les médias, il est entré dans les têtes et dans les conversations. Nous sommes en guerre. 

François Hollande a répété lundi le mot, tout au long de son discours solennel devant le Congrès. Un discours dur, martial, sans un mot pour la cohésion du pays, pour le vivre ensemble, pour la démocratie. Un discours de chef de guerre.

Certes, ce que Paris a vécu vendredi est une situation de guerre, effroyable. Les blessures sont "de guerre". Les frappes en Syrie sont des actes, elles aussi, "de guerre". Pourtant, faut-il déclarer la "guerre contre Daech" ? Comme le remarque le "Guardian", c'est un cadeau fait à l'organisation terroriste. C'est considérer Daech comme un Etat, ce qui est précisément ce que ses dirigeants attendent. 

Daech n’est pourtant pas une puissance souveraine, c’est un groupe terroriste. Il faut certes l’éradiquer militairement sur le terrain en Syrie, mais la France ne fera rien seule : elle devra s’appuyer sur les pays arabes, les kurdes, les alliés et surtout sur un intense travail diplomatique pour mettre d’accord Russes, Américains, Iraniens et Saoudiens.

Le piège de George W.Bush

Je me souviens de la visite de Jacques Chirac à Washington, une semaine après les attentats du 11-Septembre 2001. Dans le bureau ovale, Bush et Chirac, assis côte à côte devant une table basse, commentaient leur rencontre devant la presse. Un journaliste américain demande à Chirac : "Dans cette guerre, vos citoyens se battront-ils au côté des nôtres?" "Je ne sais pas s'il faut employer le mot de guerre...", avait tiqué Chirac, promettant une "détermination sans réserve" pour se battre contre le "mal absolu qu'est le terrorisme". Les diplomates américains l’avaient mal pris. Ils avaient tort, Chirac avait compris le piège.

Le piège s’est refermé sur les Etats-Unis et le reste du monde : du Patriot Act à la guerre en Irak, les décisions de l’administration américaine, toutes marquées par l’obsession de la guerre, ont été catastrophiques. Car on ne combat pas le terrorisme, fût-il le plus organisé et monstrueux, par la guerre, mais par des opérations de police et par une concertation internationale serrée.

François Hollande, qui propose de réviser la constitution, est-il en train de tomber dans le même piège qu'avant lui George W.Bush ? Dans son discours devant le Congrès, certes, il a souligné la nécessité de préserver les libertés publiques, de ne pas abîmer la déclaration des droits de l'homme, de se battre pour que l'on puisse continuer à vivre dans un Etat de droit. Cette insistance est rassurante, et montre qu'il a conscience du danger de ce qu'il entreprend. Mais la société française devra rester très vigilante sur les réformes qui vont maintenant être engagées dans le sillage de ce discours et sur les nouveaux pouvoirs que l'exécutif souhaite pour mener cette "guerre".

Revendiquons nos valeurs

Le problème de la guerre, c’est qu’elle éclipse tout le reste. Notamment certaines vertus chères à une nation comme la France : l’ouverture (aux réfugiés, notamment), la liberté, la non-discrimination, la fraternité... Autant de valeurs qui sont précisément dans la mire des terroristes. Ils veulent les détruire et ne s’en cachent pas. Pour leur répondre, il serait absurde de les mettre martialement en veilleuse.

Lutter contre Daech, c’est rester debout, ferme sur ces valeurs que les terroristes honnissent. Ne pas brutalement fermer les frontières aux réfugiés. Ne pas restreindre la liberté d’aller et venir des habitants. Ne pas empiéter sur leur vie privée. Ne pas écorner la présomption d’innocence. Surtout ne pas stigmatiser les musulmans : rien ne ferait plus plaisir à l’Etat islamique qui ne rêve que d’une chose, attiser ces tensions françaises pour mieux destabiliser le pays - et pour mieux recruter.

Ce n’est pas en transformant la France en "pays en guerre" qu’on résistera contre la menace des fanatiques : c’est au contraire en restant solides sur nos modes de vie et sur nos principes. Reculer, ce serait d'entrée de jeu donner la victoire aux terroristes.

Pascal Riché

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151116.OBS9589/attentats-de-paris-reculer-sur-nos-libertes-ce-serait-capituler.html

 

 


 

16.11.2015


 

Femmes de rue, récit d’une nouvelle errance parisienne

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Depuis plusieurs mois, nombre de réfugiés fuient les bouleversements géopolitiques du Moyen-Orient. Les conditions de vie des migrants débarqués, souvent déplorables, retiennent l’attention de l’opinion médiatique française, au risque d’éclipser la précarité, profondément nouvelle, qui demeure sur le territoire. Parmi les publics les plus vulnérables, les femmes.

 

Quartier du Maine – Montparnasse, à proximité de la gare. Les Parisiens arpentent les rues, vaquent à leurs préoccupations. Pour la plupart, les trottoirs de la capitale sont le théâtre des itinérances quotidiennes. Mais pour d’autres, la rue est l’issue fatidique des individus en mal de logement. Selon une étude menée conjointement par l’Insee et l’Apur (L’Atelier Parisien d’Urbanisme), Paris regroupe en tout près de 43% des sans-abri du pays.

 

Le nombre de personnes sans domicile fixe était estimé à 28 800 en 2012, soit une hausse de près de 84% depuis 2001. Outre un accroissement de la pauvreté, les profils touchés sont de plus en plus différents. Près de 23% des sans-abri recensés ont moins de 30 ans, et presque 41% sont des femmes. Mustapha Djellouli, Chef du pôle Accompagnement Social Personnalisé aux Petits Frères des Pauvres (XIème Arrondissement) constate une présence accrue du public féminin dans les structures d’aides sociales au logement.

 

L’errance féminine, une misère invisible

 

« On assiste à une hausse des publics féminins, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années ». Pourtant, l’errance des femmes est souvent qualifiée d’invisible. Pour le chef du pôle accompagnement, cette invisibilité est ce qui permet aux femmes de se protéger. « On remarque généralement plus un homme qu’une femme à la rue. Les femmes cherchent à taire leur misère et à effacer les stigmates de la rue pour se sécuriser. Parfois, elles ne se lavaient plus de façon à devenir repoussantes, à se protéger de la loi des hommes ». Une souffrance muette, qui commence seulement à se faire entendre. « Il y a cinq ans, très peu de structures accueillaient les femmes » remarque Mustapha.

 

Ainsi, de plus en plus de structures proposent des dispositifs réservés aux femmes. Elles semblent bien plus réceptives que les hommes aux services proposés par les associations. La Fondation les Petits-Frères des Pauvres a ainsi mis en place un « Espace Femmes » depuis près de 2 ans. Le dernier étage de l’hôtel leur est exclusivement réservé, « ce qui leur permet d’être entre elles et de ne pas être importunées par les hommes dans l’hôtel » explique Mustapha Djellouli. L’association propose aussi des séjours de vacances et de relaxation. De simplement se retrouver en petit groupe chaque semaine pour échanger avec des spécialistes, comme des nutritionnistes ou des gynécologues.

 

« Un moyen pour les femmes de s’aider et s’épauler entre elles » affirme Mustapha Djellouli. Si l’errance féminine peut découler de causes très diverses (maladie mentale, divorce, violences physiques…), la crise économique de 2008 a contribué à la précarisation de certaines situations individuelles. La hausse du taux de chômage, corrélée à l’accroissement du prix de l’immobilier, semble produire ce mécanisme d’éviction. Selon l’Insee, entre 2000 et 2010, les prix des logements anciens ont plus que doublé et les loyers ont augmenté de 29 % en France. Quant au taux de chômage, la France compte fin septembre 2015, 6 111 300 chômeurs, toutes catégories confondues. Parmi les publics les plus touchés : les jeunes. Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est passé de 19,8% en 2005 à 24,1% en 2015, soit une augmentation de 4,3 points de pourcentage.

 

Cette situation, c’est celle qui a été vécue par Jeanne (le prénom a été changé), une jeune femme énergique de 27 ans. Je la rencontre dans une rue non loin de la gare. Assise avec ses deux chiens, près d’un fast-food, je lui demande si je peux déjeuner avec elle, ayant avec moi deux sandwichs. Elle accepte avec un large sourire. Ses chiens grognent un peu lorsque je m’assieds par terre, mais ils finissent par m’accepter, eux aussi. Les pas se pressent à côté de nous et les passants nous ignorent respectueusement.

 

Elle me prévient seulement : « Si mon copain arrive, tu dis que tu es un ancien collègue du taf ». Puis elle commence à me raconter, sans pudeur, sa vie à la rue. « Ça fait trois mois que je suis à la rue. J’avais un taf avant. Je bossais à la mairie du 78. Mais je me suis fait virer du boulot, je pouvais plus payer le loyer. Le proprio a pété un câble, il m’a virée et il a balancé toutes mes affaires, mes papiers et tout, même mon portable ! ». Puis elle m’explique la difficulté du premier mois, notamment par la solitude et l’omniprésence du danger. J’ose la question : « Pourquoi c’est dangereux ? ».

 

Elle marque une pause, avant de me répondre : « Bah quand t’es une femme, tu peux te faire violer ou marbrer ». Marbrer, c’est-à-dire se faire tabasser. Elle me fait part des méandres administratifs – violents – avec son proprio, qui réclame l’argent de son loyer. Ses démarches – vaines – qu’elle entame pour faire jouer l’assurance perte et récupérer un téléphone.

 

« Je voulais porter plainte contre le proprio, mais le commissariat a dit que ma demande n’aboutirait jamais, parce que je suis SDF. Pour le téléphone, c’est la même chose. Je dois passer par mon frère, qui doit déclarer l’agression et la perte à son nom pour faire jouer l’assurance ». Elle me décrit aussi la violence policière lors d’un accrochage entre SDF près de la gare. « Un des potes de Ted (son copain) a eu la côte fêlée. La police arrive et nous ordonne de bouger. On refuse, parce qu’il peut à peine bouger. Elle nous menace d’embarquer tous les chiens, avant de nous disperser en nous balançant des lacrymo ». Jeanne m’explique que Ted l’a prise « sous son aile », et que depuis, ils sont cinq. Ils se protègent mutuellement, et ils font tous la manche. « On met tout en commun, comme ça chacun peut passer une nuit en foyer avec un ou deux chiens, et on se relaie » commente-t-elle.

 

Pas facile, quand elle avance qu’une nuit en foyer coûte 75 euros par tête, 15 euros par chien (pour les lieux qui les acceptent). Et qu’elle gagne en moyenne 2 euros par heure mendiée. Ted arrive. Je me lève pour lui serrer la main. Il me jauge – je suis l’ancien collègue de travail – son visage est tuméfié, couvert de coquards. Il demande à Jeanne si ça va, puis il repart « faire un tour sur le boulevard ». Je demande ce qu’il va faire, et elle me répond : « Il va voir s’il n’y a pas les mecs d’hier. T’as vu son visage ? On s’est fait marbrer avant-hier. Ouais, ici en plein après-midi ».

 

Quand je lui demande pourquoi elle ne va pas dans une structure pour femmes, elle me dit qu’elle ne peut pas « lâcher » Ted, qui aimerait aussi la voir là-bas. « Et puis, ils n’acceptent pas les chiens. Je n’abandonne pas mes chiens » affirme-t-elle. Le chien, ami précieux, pour combattre la férocité de la rue.

 

 

 

Plus tard, je croise une autre femme, plus âgée, seule, dans des mitaines très sales. Je lui propose un café, mais elle refuse « Non ça va, et puis je n’ai pas d’argent ». J’insiste doucement pour lui venir en aide. « Non, non, ça va, merci ». Puis elle rassemble ses affaires et repart errer ailleurs.

 

 

 

Cette femme, comme des centaines d’autres à Paris, n’a pas la chance d’être soudée à un groupe comme Jeanne, ou prise en charge par une structure sociale. Où les places sont généralement restreintes. Bien que l’errance féminine (Cf.1) soit moins importante que l’errance masculine (Cf.2), les femmes restent un public plus vulnérable et fragile, où la crainte du viol est omniprésente. Et leur impose de renier féminité et singularité du corps, pour espérer survivre à la rue.

 

Reportage réalisé par Julien Percheron


Source : http://www.radiovl.fr


 



Le Promeneur d'Alep

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Suite aux attentats de vendredi dernier, la librairie strasbourgeoise "Quai des Brumes" propose de nourrir notre réflexion avec la lecture d'un écrivain syrien. "Nous ne voulons pas ajouter de la tristesse à la tristesse. Mais écoutons Niroz Malek, écrivain syrien refusant de quitter son appartement d'Alep. Il refuse de partir en laissant derrière lui ses livres, ses vinyles, sa table de travail...son âme écrit-il. Dans "Le promeneur d'Alep" (ed. Le Serpent à plumes), il nous confie ce que nous voyons plus - cette guerre civile qui entame sa cinquième année. Il nous la confie en un murmure doux et glaçant.

Ecoutons le :

A un ami de retour à Alep :
- " Dis moi. Quelle bêtise de quitter la France et de rentrer !
Très surpris, il m'a dévisagé :
- A ce point-là ! Si toi tu dis ça, c'est que tout le pays est en ruine.
- Pas tout le pays, mais ça ne va pas tarder, ai-je dis tristement.
J'ai poursuivi :
- La plupart des connaissances et des amis se sont dispersés, ce sont désormais des expatriés, des bannis, des migrants, des exilés. Et puis, il y a ceux qui sont morts de toutes les manières possibles".
- Et toi ? a-t-il questionné après un long silence.
Pour toute réponse, je lui ai lancé un regard de moribond.
- Mon Dieu ! a-t-il fait avec étonnement.
Puis, il a tourné le visage vers la vitrine du café. L'esprit ailleurs, il a fixé le dehors et il a gardé le silence tout comme moi."

Ne soyons pas désinvolte devant la souffrance."

 



TABLE_FONDERIE

 

la Fabric'à Projets

L’équipe de la Fabric'à Projets vous invite mercredi 18 Novembre à 19h à la Table de la Fonderie, 21 rue du manège à Mulhouse à sa soirée mensuelle autour du thème «  La solidarité transnationale et l’économie solidaire ».

Si la solidarité vous interpelle, que vous soyez acteur ou non, cette soirée est faite pour vous.
La solidarité doit-elle être à sens unique (du Nord au Sud) ?
ou prendre en compte la notion du don et contre don ?

Nos projets ne doivent il pas donner naissance à des activités économiques permettant de pérenniser la démarche ? L’économie solidaire est-elle une réponse à ces questionnements ?

Autant de questions auxquelles diverses associations dont Roots France et Humanis tenteront de répondre en présentant leurs actions et leurs expériences. 

Venez rencontrer ces associations et partager vos propres expériences et souhaits. 

Participation libre et à discrétion.

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
http://www.table-fonderie.fr/
https://www.facebook.com/fabricaprojets

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10.11.2015

Des livres pour comprendre les "Frontières" et les migrations

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Le musée national de l'Histoire de l'immigration explore le monde des "Frontières" et des migrations dans une exposition qui débute le 10 novembre. 

Le musée de l'Histoire de l'immigration accueille l'exposition "Frontières" du 10 novembre 2015 au 29 mai 2016. Le parcours de cette exposition retrace l'histoire des barrières physiques et naturelles qui se sont imposées à l'Homme, qui a voulu, soit marquer son territoire, soit se protéger de "l'autre".

Les murs-frontières - aux Etats-Unis, en Inde, en Israël ou en Corée -, l'Europe des frontières qui a connu d'importantes transformations avec les guerres, les annexions, les exodes, ou encore les frontières de la France, composent le parcours de la visite. Entre repli identitaire, nationaliste ou religieux et aspiration naturelle à la mobilité, ces "lignes imaginaires" construisent notre monde actuel.

A travers des objets, des photographies, des spectacles, des films, des couvertures de livres et des œuvres d'art (Tomi Ungerer, Plantu, Bruno Boudjelal, Javier Martinez Pedro...), le musée situé dans le Palais de la Porte dorée tente de matérialiser cet "espace de l'entre deux".

Magellan & Cie publie le catalogue, coordonné par les deux commissaires de l'exposition, Catherine Wihtol de Wenden et Yvan Gastaut, avec, notamment, une vingtaine d'articles de spécialistes et des images de l'exposition et des témoignages inédits.

A cela s'ajoutent les nombreux ouvrages des deux commissaires. La semaine dernière Catherine Wihtol de Wenden avec Camille Schmoll et Hélène Thiollet a publié Migrations en Méditerranée chez CNRS éditions. La sociologue et géopolitologue a également écrit récemment Faut-il ouvrir les frontières (Presses de Sciences Po, 2014), l'Atlas des migrations: un équilibre mondial à inventer (Autrement, 2012, et en version numérique depuis 2013) et Les nouvelles migrations: lieux, hommes, politiques (Ellipses, 2013). L'Historien Yvan Gastaut a participé au livre co-écrit avec Renaud Dély, Claude Askolovitch et Pascal Blanchard, Les années 30 sont de retour: Petite leçon d'histoire pour comprendre les crises du présent (Flammarion, 2014).

Par ailleurs, l'OCDE publiera le 18 novembre son document annuel Perspectives des migrations internationales.

Enfin, notons que le président du musée national de l'Histoire de l'immigration, Benjamain Stora, publiera le janvier un livre coécrit avec Alexis Jenni: Les mémoires dangereuses: de l'Algérie coloniale à la France d'aujourd'hui (Albin Michel), dont l'avant-critique est parue vendredi 6 novembre dans Livres Hebdo.




09.11.2015

D’une société coloniale à une société barbare, par Michel Warschawski

Où sont les opposants israéliens à la politique sanguinaire de Benyamin Netanyahou ?, interroge Michel Warschawski. Article paru dans Politis n° 1375

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Une confession. Il y a exactement quinze ans, le 13 octobre 2000, j’ai eu un moment de doute au sujet de mon engagement dans le combat pour les droits des Palestiniens. Des centaines de Palestiniens en colère venaient de lyncher et de tuer deux soldats israéliens égarés dans les Territoires. Le lynchage, que ce soit dans l’Oklahoma ou à Ramallah, a toujours été à mes yeux l’expression de la barbarie qui anéantit notre humanité.
La barbarie de l’occupation coloniale israélienne avait-elle déteint sur les victimes palestiniennes au point de leur faire perdre à elles aussi toute humanité ? Le conflit colonial peut-il ainsi se dégrader jusqu’à sombrer dans la barbarie la plus insupportable ? Et si tel est le cas, puis-je encore avoir une place dans ce conflit ?
Mais, après un certain temps, la raison l’emporte sur les sentiments : l’occupation coloniale d’Israël demeure la mère de toutes les barbaries tandis que le comportement sauvage des victimes est tout simplement un effet secondaire.
Quinze ans plus tard, nous voici face à un nouveau lynchage, cette fois dans la ville israélienne de Beer Sheva. Une foule d’Israéliens frénétiques a battu à mort Habtom Zarhum, un réfugié érythréen qui a eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
« Nous avons pensé qu’il était arabe », ont affirmé les passants en guise d’excuse. Comme si on avait le droit (et peut-être le devoir ?) de lyncher un Arabe.
À ce jour, le 18 octobre 2015, nous sommes passés d’une société coloniale à une société barbare. Une société potentiellement génocidaire qui devrait être bannie du concert des nations civilisées.
À la tête de cette société, Benyamin Netanyahou et son équipe de tueurs ont, pendant des semaines, incité la population israélienne à s’armer, pour tirer et pour tuer. Leurs appels répétés au meurtre ont été si efficaces que des policiers ont déjà ouvert le feu sur d’autres policiers et sur des passants. Israël est devenu l’Ouest sauvage, avec son shérif sanguinaire, Netanyahou.
La seule façon d’avancer, pour les Israéliens qui rejettent la barbarie dans laquelle nous sombrons, est d’arrêter immédiatement le shérif et ses sbires. Des centaines de milliers de manifestants devraient occuper la rue. Mais où sont-ils ? Vivent-ils cachés à l’ombre de la barbarie – certes, leurs mains ne sont pas couvertes de sang, mais ils sont occupés à regarder ailleurs, loin de ce lieu où Habtom Zarhum a été massacré ?
Nota Bene : Michel Warschawski Militant anticolonialiste israélien. Cofondateur de l’Alternative Information Center. Ce texte est paru en anglais sur le site alternativenews.org. Traduction Denis Sieffert, Politis.fr
Source : http://alternatifs81.fr/?p=16380



02.11.2015

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Lanceurs d'alerte et porteurs d'espoir

 

 Le Collectif des Associations Citoyennes a pour objet de « mettre en lien les associations et les personnes qui contribuent à l'intérêt général et au bien commun, sont attachées aux fondements et à la pratique d'une citoyenneté responsable et concourent, de ce fait, à l'émergence d'un monde à finalité humaine ».

 

Pour cette raison, le Collectif s'est constitué pour combattre la circulaire Fillon et a fait des propositions pour une nouvelle circulaire dont beaucoup ont été aujourd'hui entendues, ce dont on peut se féliciter. Il s'est également battu pour dénoncer les conséquences de la baisse des financements publics et les dangers de l'émergence des financements privés par un marché des obligations associatives. Ce combat est nécessaire et il doit être poursuivi. C'est pourquoi nous avons écrit à l'ensemble des député-e-s et sénatrices/teurs pour les alerter sur les conséquences dramatiques du projet de budget 2016, et pour demander qu'une partie des rentrées fiscales qui naîtront d'une lutte plus efficace contre la fraude et les paradis fiscaux soit affectée à la reconstruction des services publics et à la vie associative.  [LIRE la suite dans l'Echo N°11]

 

Version PDF de l'Echo ICI


 



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Le frontisme est-il un fascisme ?

La caractérisation politique exacte d’un parti comme le Front national soulève souvent des questions, allant au-delà des problèmes d’ordre purement étymologique ou sémantique. « Mal nommer les choses, c‘est ajouter au(x) malheur(s) du monde », selon la célèbre citation d’Albert Camus. Mais au-delà de ce risque, il y a pire : choisir un mauvais terme pour une caractérisation fondamentale d’un phénomène politique, cela peut induire des erreurs d’analyse et de stratégie importantes. Surtout, bien sûr, pour celles et ceux qui feraient preuve d’un certain fétichisme du vocabulaire… croyant avoir déjà analyse un phénomène social ou politique en y ayant collé le terme « correct ».

Le FN, une force fasciste ?

Le premier constant qui s’impose est que le FN français, au moment de sa fondation, se place lui-même clairement dans une filiation avec le fascisme historique, italien plutôt que français d’ailleurs. Alors que le FN est créé en octobre 1972, l’extrême droite française est plutôt groupusculaire. Or, dans l’Italie voisine, il existe un parti relativement puissant – qui pèse environ 10 % des voix -, le MSI (« Mouvement social italien »). Ce dernier donnera toute son aide, militante et financière, à la création du FN en France.

Au cours des premières années de son existence, le FN ne dissimule pas ses liens avec le passé fasciste en Europe, et ses racines sont clairement plongées en partie dans cette expérience historique. Le premier idéologue en chef du FN (entre 1973 et sa mort violente en 1978), François Duprat, édite parmi d’autres publications la « Revue d’histoire du fascisme ». Il ne s’agit ni d’une publication dépassionnée ni scientifique. Personne, ni amis ni adversaires, doute du fait qu’il s’agit là – de son point de vue – de montrer « notre » histoire, à travers cette publication.

Pendant les premières années suivant ses succès électoraux initiaux (en 1983/84), il peut être observé que le FN se comporte avant tout comme une force électorale. Il noue des alliances, à partir de 1983 sur le plan local (Dreux) puis au plan régional à partir de 1986 (Montpellier, Marseille), avec la droite parlementaire RPR/UDF.

Cependant, le comportement du FN change dans la période qui s’ouvre au début des années 1990, suite aux prémices du tournant « national-social ». Le FN cherche maintenant à s’ériger en alternative à la gauche ET à la droite classique à la fois, se positionnant (au même par le verbe et le discours) « contre le système ». Il se place lui-même dans l’optique qu’après avoir gagné 10 à 15 % de l’électorat venu de la droite classique, il gagnera encore au moins autant venant cette fois-ci de la gauche. Cela suite à la prétendue « mort du marxisme » et de toute alternative à gauche – une croyance qui s’est répandue dans le FN suite à la chute du mur de Berlin. Les stratèges du FN croient ainsi arriver, seuls contre tous les partis politiques de « l’establishment », à un niveau autour de 30 %, et de pouvoir suivre la trajectoire du parti nazi allemand de 1930 à 32. Or, dans la période de 1995 à 1998, ils doivent se rendre au constant que cela ne marche pas tout à fait comme prévu. En réaction à l’échec partiel de cette stratégie, ils accélèrent la cadence en cherchant maintenant à créer des relais en dehors des institutions de l’Etat bourgeois : des prétendus « syndicats » (créés en 1995 et 96, mais interdits par la Justice d’utiliser le qualificatif de syndicat, à partir de 1998), des associations de locataires dans les HLM, une foultitude d’associations-satellites.

Ici, la dynamique que le parti d’extrême droite cherche à mettre en place à cette période – avec un succès relatif et des défaites, d’ailleurs – ressemble plutôt à celle des mouvements fascistes historiques. Cependant, le tout se situe à une échelle bien plus modeste, et on reste loin des centaines de milliers de prolétaires enrôlés dans les SA du parti nazi allemand, autour de 1930. Des cadres et des dirigeants useront toutefois parfois d’une rhétorique se voulant « révolutionnaire », prétendant qu’ils sont en mesure de défier « le système ». En octobre 1996, à la sortie d’une réunion publique tenue dans la salle Wagram à Paris, Bruno Gollnisch participe ainsi à une tentative de militants FN de procéder à un dépôt de gerbe (non autorisé) sous l’Arc de Triomphe. Un policier en faction est soulevé par des militants s’extrême droite et chassé manu militari. « C’est ainsi que commencent les révolutions !» s’écrie alors Gollnisch sur la voie publique, alors qu’on n’aurait pas spécialement pris l’homme pour un révolutionnaire. Quatre jour plus tard, à Montceau-les-Mines (Bourgogne), le service d’ordre du FN – le désormais fameux DPS – attaque une contre-manifestation avec une violence considérable. On peut ainsi observer des germes d’un comportement qui mime une vraie dynamique fasciste. Même si les conditions historiques ne se prêtent alors pas à une tentative de renverser la République bourgeoise, par l’extrême droite.

Le fait que la stratégie n’aboutisse pas réellement contribuera d’ailleurs, parmi d’autres facteurs, à la grande scission du FN, pendant l’hiver 1998 /99 (suite à la bataille pour le pouvoir entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret) et à la véritable implosion de son appareil militant.

Ce n’est qu’après avoir résolu la question de la succession de Jean-Marie Le Pen, au tournant 2010/11, que le parti réussira à reconstruire un appareil plus puissant. Pour des raisons tactiques – liées à sa démarche dite de « dédiabolisation » -, la nouvelle présidente Marine Le Pen cherche à éviter de actions qui rappellent trop apparemment le fascisme historique. Cependant, la nouvelle dirigeante a aussi remis au goût du jour des éléments de stratégie visant à (ré-)implanter le FN notamment dans le FN et dans les quartiers populaires, même si la méthode suivie reste pour l’instant avant tout liée aux mécanismes électoraux. En attendant, le FN continue aussi à attirer des militants qui semblent avant tout fascinés par l’idée ou le rêve éveillé d’une résurgence d’éléments du fascisme.

On pourrait résumer en constatant que le FN est sorti d’une filiation historique avec le fascisme, et qu’il continue à porter en lui des germes d’une telle dynamique politique… qui serait de nature fasciste si elle arrivait à se réaliser pleinement. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas ; et pour des raisons de réalisme politique, la direction du FN inscrit sa démarche de (re)construction du parti avant tout dans le jeu électoral. Soulignons aussi, cependant, que le FN fait mine de refuser activement – et non pas uniquement parce que les autres grands partis refusent de s’allier à lui – toute logique de participation à une alliance visant à la gestion « banale » des institutions bourgeoises. Néanmoins, il serait nécessaire d’observer comment il se comporterait si le refus d’une alliance par les autres partis (notamment du côté de l‘UMP devenue LR) tombait explicitement, et si l’opportunité de participer à une coalition s’offrait réellement à la direction du FN. Des déchirements stratégiques ne seraient alors pas à exclure, d’ailleurs.

Populisme ?

Pour remédier à la difficulté résultant du constant que les partis en question ne développaient pas tous les traits d’une dynamique véritablement fasciste, certains politologues ou journalistes ont proposé un terme alternatif : celui de « populisme ». Aux contours assez flous, ce vocable est censé décrire des partis politiques qu’on serait incapables de classer comme fascistes, mais qu’on pourrait qualifier par certains traits distinctifs qui les distingueraient des partis bourgeois plus « ordinaires ».

Or, le remède est ici pire que le mal, ce dernier résidant dans l’insuffisance explicative du terme de fascisme pour décrire le comportement actuel de ces partis. L’alternative proposée explique, cependant, encore moins que le terme initial.

« Le populisme » se caractériserait, ainsi, par une attitude du recours systématique au « peuple », opposé aux gens « d’en haut », aux petits contre les « gros » ; par la volonté de coller aux ambiances, aux courants d’opinion constatés dans la société ; par l’exploitation plus ou moins éhontée de tous les mécontentements. Or, expliquer la nature politique de partis politiques tels que le FN français par ces (prétendus) comportements, c’est – au mieux – confondre la forme d’apparition avec la nature profonde, le conjoncturel avec la substance.

Il est évident qu’un parti comme le Front national, placé dans l’opposition (au moins à l’échelle nationale) depuis sa création et bénéficiant ainsi d’un « bonus de l’opposant » qui n’a aucun bilan gouvernemental à défendre, utilise une rhétorique qui se nourrit des échecs de l’« establishment ». Il est quasiment naturel qu’il cherche, dans cette optique, à utiliser les mécontentements vis-à-vis de l’ordre existant ou vis-à-vis de certains de ses aspects, pour les tourner contre les autres partis. Tout cela est d’ailleurs propre, à des degrés divers, à tous les partis et mouvements d’opposition. Ceux et celles qui utilisent de façon systématique le terme de « populisme », vu comme une pseudo-explication d’un comportement politique, collent cette étiquette d’ailleurs souvent à des forces d’opposition sociale (« populisme de gauche ») tout autant qu’à des forces réactionnaires et racistes (« populisme de droite »). Le terme perd ainsi toute force explicative, et devient un simple étiquetage de combat contre les forces situées en dehors de l’ « Arc républicain » du moment qui réunirait, lui, les formations politiques « propres », raisonnables, intelligentes.

Bien pire encore : le terme, et le concept, de « populisme » n’explique en rien le comportement politique d’un parti tel que le FN, non plus. Croire que le comportement « populiste » (qui consisterait à coller aux mouvements de mécontentement dans l’opinion publique) serait le facteur explicatif de la dynamique de ce parti, c’est confondre une méthode qu’il utilise avec sa nature profonde.

Evidemment, le simple souhait de coller aux mécontentements et de « s’adresser au peuple contre les gens d’en haut » n’explique en rien les changements stratégiques profonds dans l’histoire du FN. A titre d’exemple : quand Jean-Marie Le Pen décide de rompre radicalement, en 1990, avec la traditionnelle orientation pro-occidentale (et pro-US) du FN en matière de politique internationale… pour prendre la défense du régime de Saddam Hussein en Irak, cela reste largement incompris dans l’opinion publique. Y compris au sein de l’électorat du FN, dans lequel ce positionnement de Jean-Marie Le Pen pendant la « crise du Golfe » de 1990-91 ne récolte l’approbation que d’une minorité. Cela n’avait rien de « populiste », leur nouveau positionnement étant précisément… assez impopulaire. Ce n’était pas moins un revirement politique extrêmement important dans l’histoire du FN.

Pour résumer, on pourra dire que l’utilisation du terme de « populisme » relève plutôt de l’enfumage que de l’explication politique. Ce terme doit être laissé aux commentateurs bourgeois qui se contentent de dénominations simplistes, mais ne cherchent pas à analyser la dynamique des choses. Il n’explique rien, il n’analyse aucune dynamique, il ne permet aucun pronostic : ce vocable est bon pour les poubelles de l’Histoire.

Le FN représente une variante du fascisme modernisée, et qui s’est adaptée au contexte actuel : celui d’un système parlementaire stabilisé, et d’une société qui connaît une crise sociale mais moins de secousses violentes que dans les années 1930. Un fascisme modernisé et adapté au contexte qui sait, au nom de ses intérêts stratégiques, une stratégie électorale au détriment de la mobilisation de rue et de la violence. Mais remplacer le terme de fascisme, parce qu’il serait trop historiquement connoté, par celui de « populisme » ne résout aucun problème d’analyse : il ne faut en aucun cas céder à cette « mode » académique et journalistique.

Source : http://colantifa09.neowordpress.fr



14.10.2015


17 octobre 1961


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RASSEMBLEMENT « PLACE DU 17 OCTOBRE 1961 »

A STRASBOURG AU BOUT DE LA RUE DE LA DOUANE

 LE 17 OCTOBRE 2015 A 17H

 avec les SURVIVANTS, les enfants, les amis des victimes,

 les associations algériennes et toutes et tous ceux

 qui souhaitent s’y associer.


 

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Nous ne pouvons pas construire la démocratie sur des mensonges

et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps aussi :

- que l'Etat français reconnaisse sa responsabilité pendant la guerre d'Algérie dans l'internement arbitraire d'Algériens dans des camps. Un film est réalisé.

- que l'Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l'abandon des harkis, et l'enfermement dans les camps en France en 1962.

Nous demandons la vérité et la justice !


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Le massacre commis par la police française le 17 octobre 1961 a été occulté, mais jamais depuis le 17 octobre 1961, des témoins, des historiens, des associations, des syndicats, des partis politiques, des journalistes, des personnalités n’ont cessé d’exiger la vérité sur ces massacres et la reconnaissance de ce crime par l’Etat.

Ces massacres du 17 octobre 1961 concernent tout un chacun, pour qu’ils soient reconnus comme crime d’Etat. Pouvons-nous regarder la réalité ou tourner une page avant qu’elle ne soit lue ?


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+ Comité de Strasbourg du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples : mrap-strasbourg.org

+ Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la Guerre 4acg : http://www.4acg.org/-Qui-sommes-nous-Contacts-Adhesion-

 

Pour ne pas oublier : 

* La page Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_17_octobre_1961
* La page dédiée des archives du MRAP avec de nombreuses publications de l'époque : http://archives.mrap.fr/index.php/Dossiers_th%C3%A9matiques_-_Massacre_d'alg%C3%A9riens_le_17_octobre_1961


 



Vélorution transfrontalière


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A quelques semaines de la COP 21, Alsace Nature, en collaboration avec deux associations allemandes de protection de la nature et de l’environnement, le BUND (Rhénanie Palatinat et Bade Wurtemberg) et la Bürger Initiative Umweltschutz de Kehl, ainsi qu’avec plusieurs associations et collectifs régionaux (ASTUS, LPO Alsace, Vélostation, SINE, CADR67, Stop Fessenheim, GCO non merci, …), organise deux événements transfrontaliers, samedi 17 octobre à Kehl et à Strasbourg :
• une « vélorution » au départ de Kehl à 10 heures (Marktplatz),
• un colloque franco-allemand à la Maison de la Région à Strasbourg, à partir de 14 heures.

Ces deux événements, qui rassembleront des bénévoles français et allemands, sont ouverts à tous !

Après le départ de la Marktplatz de Kehl à 10 heures, la vélorution, ou « Convergence à vélo », empruntera la passerelle Mimram vers 10h15, puis rejoindra la place de l’Etoile à Strasbourg, où elle fera une halte devant la statue de Gandhi à 10h45. Elle finira sa course place Kléber, où elle sera accueillie par l’orchestre des Furieuz Casrols (wold music).
Un stand interassociatif sera installé place Kléber à partir de 11 heures et jusqu’à 15 heures. Plusieurs associations régionales seront présentent (Alsace Nature, la Chambre de consommation d’Alsace, Alter Alsace Energie, …) et proposeront des ateliers et des moments d’échanges sur le thème du changement climatique.




12.10.2015

« La grande région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine peut-elle être cohérente ? »


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Une fusion qui pose question, une façon originale d'en débattre : ce jeudi 15 octobre dans le hall de la Fonderie, c'est vous qui aurez la parole !

Un débat mouvant, késako ? Tout simplement un débat ouvert à tous, qui part d'une question claire devant laquelle chacun doit se positionner en « pour » ou en « contre ». Un animateur demande à chaque camp d'avancer ses arguments mais attention : langue de bois, répétitions, discours trop longs et mauvaise foi sont interdits ! Et comme ils n'y a que les cornichons qui ne changent pas d'avis, il est toujours possible de changer de camp au cours de la discussion…

Quelle est la pertinence de la création de cette nouvelle région ? Quelle sera la participation citoyenne dans les prises de décisions ? Faut-il organiser une consultation populaire sur ce redécoupage territorial ?

Le débat a commencé sur les pages web du site indépendant d’informations l'Alterpresse 68 avec une série de questions envoyée aux partis politiques en lice pour les élections régionales de décembre. Animé par l’association des étudiants TerESStre et radio MNE, ce débat mouvant sera retransmis en direct sur les ondes (107,5 FM) et en streaming (radiomne.com).

 

Jeudi 15 octobre à 18h00

Hall du campus de la Fonderie

Université de Haute Alsace

Mulhouse

 

Bien sûr, l’entrée est libre.

Venez nombreux !



 

Le Salaire à Vie (Bernard Friot)

 

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                                                                              (cliquez sur l’image pour voir la vidéo)                              

Alors que l'idée d'un revenu de base commence à faire son chemin, et si on en profitait pour essayer d'aller encore plus loin dans la critique du marché du travail ? Et si on essayait carrément de penser contre le capitalisme ? D'ailleurs, si on sortait du capitalisme, on mettrait quoi à la place ? 

Si vous voulez soutenir l'émission et son indépendance, voici sa page tipeee :

https://www.tipeee.com/usul-mes-chers-contemporains

 



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Forum de jeunes de l’OFAJ « Prends ta planète en main »

« Prends ta planète en main ! », c’est le mot d’ordre du Forum de jeunes, organisé par l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), qui s’est tenu du 9 au 13 septembre à Hambourg.

Quelques semaines avant la COP21, 100 jeunes, venus de France, d’Allemagne et du Maroc, âgés de 16 à 25 ans, ont réfléchi aux défis posés par le changement climatique. Avec des experts, ils ont élaboré 10 recommandations, remises à des responsables politiques et les présenteront lors de la Conférence des Jeunes, COY11, qui aura lieu du 26 au 28 novembre, près de Paris.

Retrouvez d’ici peu le témoignages des participants, sur le blog dédié "Volontaires et climat".


Source




30.09.2015

 

Les plus pauvres vivent en centre-ville

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Ce n’est pas en banlieue mais au cœur des centres-ville que les niveaux de pauvreté sont le plus élevés en France. Selon le panorama publié par l’Insee début juin, le taux de pauvreté atteint 20 % dans les centres des grandes aires urbaines alors que le pays compte en moyenne seulement 5 % de personnes sous le seuil de pauvreté (établi à 987 euros par mois). En centre-ville, « le taux de pauvreté atteint quatre fois celui des couronnes périurbaines », relève l’Institut de statistiques. Ainsi à Mulhouse, le centre-ville compte 30 % de personnes en situation de pauvreté contre 4 % dans le reste de l’agglomération. Les disparités de niveaux de vie le plus marquées sont relevées par l’Insee en Île-de-France, particulièrement dans les départements des Hauts-de-Seine, ainsi qu’en Haute-Savoie. En moyenne, au niveau national, les couronnes accueillent à peine plus de 10 % des personnes pauvres alors qu’elles regroupent 20 % de la population française. En revanche, une dizaine de villes, dont Paris et Lyon, échappent à une forte pauvreté puisque beaucoup de ménages très aisés résident en cœur de ville. En zone rurale, une grande pauvreté est observée dans les communes isolées avec 17 % de personnes pauvres en moyenne, et ce taux peut atteindre 25 % dans les petites communes de Corse et de Languedoc-Roussillon. À la campagne, les retraités disposent également d’un niveau de vie médian légèrement inférieur à celui de l’ensemble de la population. Les jeunes ménages, les familles monoparentales et de plus de cinq enfants sont les plus touchés par la pauvreté. À l’inverse, les couples, en particulier ceux qui n’ont pas d’enfant, sont beaucoup moins exposés à la précarité monétaire.

Florine Galéron

Anne-Thérèse Aerts, Sandra Chirazi et Lucile Cros, « Une pauvreté très présente dans les villes-centres des grands pôles urbains », Insee première, n° 1552, juin 2015.

 

Source : http://www.scienceshumaines.com/les-plus-pauvres-vivent-en-centre-ville_fr_34886.html

 


 

A semer des monstres, on finit par récolter l’horreur. Nous y sommes !

 

Si l’on n’avait pas Daech, il faudrait l’inventer

 

Le capitalisme fabrique des monstres (hier Ben Laden, aujourd’hui Daech), qui lui servent ensuite à étendre sa domination, à s’accaparer les richesses mondiales, à dicter son « ordre » (devenu chaotique), à diviser et exploiter les peuples jusqu’à la dernière goutte de sang et de sueur, à prôner « l’union sacrée »...

Ces Janus sans vergogne nous jouent aujourd’hui la rengaine de la compassion, de la pitié, après avoir eux-mêmes provoqué l’effondrement de l’Etat en Afghanistan, en Syrie, en Irak, en Lybie, et la catastrophe humanitaire. Il fallait prétendument « libérer » ces pays à forte odeur de pétrole. Les satrapes qui gouvernaient ont été longtemps soutenus par la France, en sous-main ou ouvertement, en vendant à ces « imprésentables » des armes à gogo... tout en entraînant, finançant et armant également leurs oppositions, tout aussi « imprésentables ». Assez de double jeu ! A semer des monstres, on finit par récolter l’horreur. Nous y sommes !

Il a fallu le traumatisme, déclencheur médiatique et humain à la fois, une photo insupportable, pour qu’ils fassent semblant d’être sensibles à la misère du monde, et qu’ils acceptent d’entrebâiller la porte cadenassée d’une Europe Bunker. Mais où étaient-ils avant la terrible photo, malheureusement si ordinaire et révélatrice de leur monde « mondialisé » ? Ils s’en contrebalançaient et attisaient les brasiers...

On ne peut que se réjouir de la mobilisation populaire et généreuse soulevée par ce petit gamin syrien échoué, mort sur la plage... Il aurait pu être palestinien (oui, palestinien, des photos comme celle-là, il y en a eu des centaines), kurde, malien, libyen, iraquien... Les réactions à la photo ont confirmé, si besoin était, qu’il y a chez les peuples des trésors de solidarité qui ne demandent qu’à s’exprimer sans être manipulés... Ces élans humanistes ne sauraient dédouaner les Etats « occidentaux », maîtres du monde, mais géants aux pieds d’argile, de leur historique dette envers « le sud », et de leur devoir : contribuer à un nouvel ordre du monde, de partage, de justice, de paix, par simple humanité. L’humanité n’a d’avenir que solidaire.

Le président Français a fait le minimum, comme d’hab, contraint et forcé par l’opinion publique... accueillir 24 000 migrants. Il pourrait proposer à l’ex-patron d’Alcatel, à Total, de subvenir à leurs besoins... Une chose est sûre : F. Hollande ne rentrera pas dans l’histoire au « rayon » des « grands présidents », mais à celui des « petits télégraphistes » des Etats-Unis et de l’Allemagne. Ah ! « le couple franco-allemand » ! Il en a de bonnes... Ils nous jouent aujourd’hui les pleureuses hypocrites et par derrière parlent de « quotas », de « camps de rétention » hors Europe, avant que les pauvres hères ne traversent la Méditerranée ; ils parlent de « trier » les migrants économiques des politiques, comme si les deux choses n’étaient pas liées. La France de François Hollande s’apprête à bombarder chirurgicalement, au millimètre près, Daech, en épargnant évidemment la Syrie. Faux-jeton ! La France des Droits de l’Homme, abaissée comme jamais, s’apprête à s’embringuer dans un nouvel engrenage de violences, dans une logique de guerre aussi mortelle qu’inefficace. Il n’y aura des mirages que dans le ciel, à réaction, pour bombarder qui ? quoi ? avec quel mandat ?, et de nouvelles rafales de haine, enfantant de nouveaux monstres, dont on se servira pour instrumentaliser l’émotion au service toujours de la déprédation capitaliste. Si l’on n’avait pas Daech, il faudrait l’inventer !

Jean Ortiz

 



23.09.2015


Réfugiés

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21.09.2015

Actualité

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La Fabric' à Projets

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La prochaine soirée de la Fabric'à Projets aura lieu le 30 septembre autour de la thématique du bénévolat et sera animée par Razida YAMOUN d'HUMANIS.Comment recruter des bénévoles, comment les accueillir, les fidéliser ? Qu'est-ce que m'apporte le bénévolat, qu'apporte-t-il à la société ? Autant de questions auxquelles Yazida essaiera de répondre au cours de cette soirée qui sera suivie d'une petite collation qui nous permettra de continuer les échanges.Vous êtes cadre d'association, simple membre, vous voulez vous investir quelque part, cette soirée est faite pour vous. RDV le 30 septembre à 19h00 au restaurant la Table de la Fonderie, 21, rue du manège à Mulhouse.Participation libre et à discrétion.
 
L'équipe de la Fabric'à Projets

Pour nous contacter : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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14.09.2015

LAISSEZ PASSER


Voici un gilet de sauvetage appartenant à l’une des 15 000 personnes secourues en méditerranée par #MSF depuis le mois de mai. Cette protection dérisoire est souvent la seule sur laquelle peuvent compter ceux qui traversent la mer Méditerranée. Appelons les dirigeants européens à prendre les mesures nécessaires afin de permettre à ceux qui le souhaitent d'entrer en Europe sans mettre leur vie en danger.


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Cette année, 380 000 personnes ont déjà risqué leurs vies pour échapper à la guerre et 2 500 personnes ont perdu leurs vies. Ces personnes traversent la mer Méditerranée avec un gilet comme celui-ci comme seule protection. Elles y inscrivent leurs noms et des messages destinés à leurs proches au cas où le voyage tourne mal.


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Lettre ouverte de MSF au Président de la République à propos des réfugiés.




09.09.2015

 

Quand les Français ouvrent leur porte aux réfugiés

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Face à la tétanie politique, les citoyens européens se mobilisent. En France, le site Aider les réfugiés ou l’association Singa proposent des actions concrètes et immédiates pour venir en aide aux demandeurs d’asile.

 

Ils se pressent aux frontières de l’Europe depuis plusieurs semaines, fuyant la guerre et la terreur. Près de 30 000 réfugiés sont arrivés en Allemagne ces trois derniers jours. De son côté, la France s’est timidement déclarée prête à accueillir « 24 000 personnes sur deux ans ». Alors que les gouvernements se déchirent quant à la réponse à apporter à cet afflux sans précédent, les citoyens se mobilisent en masse.

 

Un élan d’empathie incroyable

 

Un élan d’empathie « incroyable », pour Julien Bayou. Jeudi dernier, suite à l’émotion suscitée par la photo de l’enfant noyé sur une plage de Turquie, il décide de créer avec une amie une plate-forme « pour faciliter le passage à l’acte ». « Nous avons senti une forte envie d’agir, mais les gens ne savaient pas comment faire », explique l’activiste. Quelques heures plus tard, le site Aider les réfugiés reçoit ses premiers clics. Celui-ci recense les initiatives locales ou associatives en faveur des migrants, et répertorie les « bénévoles de réserve ». Très vite, c’est l’emballement. « Nous sommes à plus de 170 000 visites, c’est complètement fou », observe-t-il. Sur le site, les posts d’internautes se succèdent : « Je suis producteur de légumes bio et je proposerais bien d’en donner, comment s’organise-t-on ? »

 

Même constat chez Singa (http://singa.fr/). L’association propose de mettre en relation des réfugiés avec des familles françaises prêtes à les loger. En quelques jours, ils ont reçu 3600 offres d’accueil, et des milliers de messages. Du berger corse au jeune cadre parisien, les Français ouvrent grand leur porte. « Nous avons dû doubler nos effectifs pour répondre à l’afflux », constate Nathanaël Molle.

 

Accueillir des réfugiés, mode d’emploi

 

« Comme à la maison » (Calm), c’est le nom du dispositif mis en place par Singa en juin dernier. « L’idée, c’est que les réfugiés se sentent chez eux, et qu’une relation de long terme se construise avec la famille », explique Guillaume Capelle, directeur de l’ONG. Une plate-forme web, un formulaire d’inscription où chacun précise ses passions et ses restrictions (cigarette, animaux), puis une formation. « Il faut acquérir des réflexes pour faire face aux traumatismes qu’ont souvent vécus les migrants », insiste Guillaume Capelle. « Fermer une porte peut faire ressurgir une claustrophobie chez d’anciens détenus, discuter en face à face peut rappeler un interrogatoire. »

 

Dernière étape avant la première rencontre, le « matching » : mettre en contact une famille et un réfugié qui partagent des centres d’intérêt. Cuisine, yoga, cinéma. « Je suis resté trois mois chez une famille, ce sont des amis proches à présent », raconte Foday Janneh, Sierra-léonais d’origine. Arrivé en 2011 en France, il rencontre rapidement l’équipe de Singa. Avec eux, il trouve un logement, un stage en comptabilité, il apprend le français et prend des cours de salsa. Mais surtout, il s’intègre vite : « Grâce à Singa, je suis entré en contact avec la société française. »

 

Les réfugiés, « une opportunité pour nos sociétés »

 

Aujourd’hui Foday Janneh est président de l’association. À son tour, il va au devant des réfugiés. « Je les rassure, je leur explique qu’il faut de la patience, du courage, et des projets à construire en France. » En plus de la plate-forme Calm, Singa accompagne les migrants dans leur projet professionnel.

 

« L’asile est une formidable solution, une opportunité pour construire une société meilleure », soutient Guillaume Capelle. « Les réfugiés apportent un regard différent et nous poussent à innover, à trouver des nouveaux moyens de vivre ensemble. »

 

Appel aux politiques

 

Mais pour construire cette société conviviale, encore faut-il que l’élan citoyen ne retombe pas dès la prochaine attaque terroriste. Pour Julien Bayou, il s’agit donc de « transformer cette prise de conscience salutaire en quelque chose de plus durable. »

 

« Nous avons demandé à l’État que les familles accueillantes soient dédommagées à hauteur de 300 à 400 € par mois », explique Nathanaël Molle. « Ça coûte moins cher que l’hôtel et ça facilite l’intégration. » Une proposition qui rencontre pour le moment un écho mitigé, à quelques semaines de la présentation du budget 2016. « On nous a rebattu les oreilles avec la France du repli, mais la tétanie vient du politique, pas des citoyens », conclut Julien Bayou.

 

Les initiatives solidaires se multiplient

 

Le journal La Croix recense d’autres associations organisant l’accueil des réfugiés :

 

• La branche strasbourgeoise de l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) participe à la plate-forme téléphonique du réseau international « Watch the Med », qui tient un numéro d’urgence pour les migrants qui font naufrage en Méditerranée.

 

• Le programme « Welcome » du Service jésuite des réfugiés propose un hébergement à des demandeurs d’asile dans une quinzaine de villes. Contact de la coordinatrice : Marcela Villalobos Cid, 06.81.05.92.22.

 

• Le Secours catholique dispose de 250 équipes locales partout en France, entièrement consacrées à l’accueil des migrants. Contact : 01.45.49.73.00.

 

La Cimade recherche en permanence des bénévoles dans 75 groupes locaux répartis dans 13 régions. Contact : 01.44.18.60.50.

 

• Le Secours populaire vient d’ouvrir un « fonds d’urgence migrants-réfugiés », et mobilise ses donateurs sur cette question.

 

La Fondation Raoul-Follereau, qui propose un soutien logistique aux chrétiens d’Orient réfugiés au Kurdistan irakien, lance un « mini-site » dédié aux messages de soutien moral. Chacun peut y déposer un mot de fraternité et d’espoir qui sera traduit en arabe pour que les principaux intéressés puissent les comprendre. http://www.messagespourlirak.com/

 

Lorène Lavocat (Reporterre)

Source : http://reporterre.net/Quand-les-Francais-ouvrent-leur-porte-aux-refugies



 



Où il est question du terrorisme

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Ségolène Royal annonce que la fermeture de Fessenheim est reportée à 2018

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La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé mardi la fermeture pour 2018 de la centrale nucléaire de Fessenheim. L'objectif "reste" toutefois une fermeture à la fin du quinquennat, a toutefois précisé dans la soirée une source gouvernementale.

Début septembre, EDF avait repoussé le démarrage de l'EPR de Flamanville "au quatrième trimestre 2018". Puis il faudra "quelques semaines à quelques mois" pour raccorder le réacteur au réseau, avait précisé Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe public, alors que plusieurs anomalies techniques ont été révélées ces derniers mois. Autre conséquence : le report de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Ségolène Royal l'a confirmé mardi. "Il y a l'application de la loi, c'est assez simple maintenant puisque effectivement il y a un plafonnement de la production d'énergie nucléaire", a relevé la ministre de l'Ecologie, en marge d'une visite à Strasbourg. "Ce qui veut dire que quand Flamanville ouvrira, Fessenheim devra fermer. Donc, Flamanville va ouvrir d'ici à 2018. Et donc en effet, Fessenheim devra fermer", a-t-elle admis.

En effet, la loi sur la transition énergétique - définitivement adoptée en juillet dernier - impose à l'électricien de ne pas dépasser le plafond de puissance des 58 réacteurs actuels (soit 63,2 gigawatts). D'où l'idée d'arrêter Fessenheim - la loi ne cible pas de site en particulier - lors de l'ouverture de Flamanville pour ne pas franchir cette limite. Mais inversement, si Flamanville n'ouvre pas, pas besoin de fermer un autre site. "Quand de nouvelles centrales vont ouvrir, les anciennes centrales, les plus chères, devront fermer", expliquait déjà Ségolène Royal en juillet 2014.

"Une fermeture d'ici à la fin du quinquennat reste l'objectif"

Source :  JDS du 8 septembre




07.09.2015

CAMPAGNES SOLIDAIRES : MENSUEL DE LA CONFEDERATION PAYSANNE

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Fermes-usines, crise de l'élevage, dérèglement climatique... Quand l'agriculture s'interroge sur son avenir, souvent avec inquiétude, il est essentiel de disposer d'une source d'informations et de réflexion indépendante de l'agro-industrie, et proposant des réponses alternatives au productivisme. L'avenir est bien à l'agriculture paysanne.

CAMPAGNES SOLIDAIRES, le mensuel de la Confédération paysanne, est un espace de débats et de propositions sur des sujets de société tels que la souveraineté et la sécurité alimentaires, la mondialisation, la juste rémunération des producteurs, les OGM, les plantes mutées, la brevetabilité du vivant, la protection de la biodiversité, des ressources naturelles et des savoirs paysans...

CAMPAGNES SOLIDAIRES tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes.

Vous pouvez télécharger le dernier numéro au format pdf en suivant ce lien :

http://www.confederationpaysanne.fr/sites/1/cs/documents/CS_complets/Campagnes-Solidaires-309-septembre-2015.pdf

Vous trouverez toutes les formules d’abonnements –papier ou numérique- ici :

http://www.confederationpaysanne.fr/campagnes_solidaires.php?type=AB

On peut même s'abonner en ligne !

L'équipe de Campagnes solidaires

 


 

Trente ans après, l’agent de la DGSE qui a coulé le Rainbow Warrior s’excuse

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Le Rainbow Warrior, coulé le 10 juillet 1985 en baie d'Auckland, est amarré dans le port de la ville le 14 août 1985 (Photo PATRICK RIVIERE. AFP)

 

DROIT DE SUITE

Trente ans après le naufrage, le nageur de combat de la DGSE s'excuse dans une vidéo publiée sur «Médiapart».

 

Le nageur de combat de la DGSE qui a posé la charge explosive ayant fait couler le Rainbow Warrior présente ses excuses dans une interview diffusée trente ans après ce fiasco retentissant de la présidence Mitterrand. Dans cet entretien diffusé dimanche par le site d’information Mediapart, le colonel Jean-Luc Kister s’explique à visage découvert sur les détails de cette opération au cours de laquelle un photographe de Greenpeace, Fernando Pereira, fut tué.

Le 10 juillet 1985, des agents français coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, un chalutier reconverti par l’association écologiste pour perturber les essais nucléaires français dans le Pacifique. «Trente ans après les événements, avec les passions qui se sont apaisées, et aussi le recul que j’ai par rapport à ma vie professionnelle, j’ai pensé que c’était une occasion pour moi d’exprimer à la fois mes profonds regrets et mes excuses», dit Jean-Luc Kister, interrogé par le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel.

Il faisait partie de la «troisième équipe»: avec Jean Camas, il était chargé de poser les explosifs pour faire couler le navire. Le capitaine Gérard Royal, frère de la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, devait recueillir ses deux collègues en Zodiac. Jean-Luc Kister adresse, ému, ses excuses à la famille de Fernando Pereira, aux membres de Greenpeace qui étaient à bord et au «peuple néo-zélandais». «J’ai la mort d’un innocent sur la conscience et ça pèse.»

«Nous ne sommes pas des tueurs de sang froid, ma conscience me dictait de faire des excuses et d’expliquer», ajoute celui qui était un agent de l’unité des nageurs de combat du service Action de la direction général de la sécurité extérieure (DGSE).

 «Haute trahison»

Il juge que la «riposte» dont ont été chargés les douze agents qui ont participé à l’opération commanditée par le ministre de la Défense Charles Hernu était «disproportionnée» et affirme que les autres scénarios - comme endommager l’arbre d’hélice du navire pour l’empêcher de naviguer - ont été refusés par le pouvoir politique. «Il y avait une volonté à un haut niveau de dire: "Non, non, il faut que ça cesse définitivement, il faut une mesure plus radicale". On nous dit: "Non, il faut le couler". Alors là c’est simple, pour couler un bateau, il faut faire un trou dedans. Et là il y a des risques» liés à l’emploi d’explosifs.

Pour le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, ces «excuses tardives» rappellent que «Fernando Pereira était un innocent sacrifié au nom d’une absurde raison d’État» et que «cet attentat était un crime et non un accident». Elles «démontrent que la réponse violente ou répressive des États face à la société civile ne sert à rien», ajoute-t-il, appelant le gouvernement à «cesser de durcir les peines ou d’amplifier la surveillance des militants».

Dans l’interview, l’ex-agent accuse de «haute trahison» les autorités politiques qui ont fait fuiter son nom (avec une faute d’orthographe, Kyster au lieu de Kister) après les faits. «C’est pas aux journalistes que j’en veux, c’est au pouvoir politique. Si on avait été aux États-Unis, d’autres têtes seraient tombées», estime-t-il.

Deux jours après la tragédie, deux agents ayant participé à l’opération, Alain Mafart et Dominique Prieur, qui se faisaient passer pour un couple de touristes suisses – Sophie et Alain Turenge - étaient arrêtés et démasqués. Le ministre Hernu devait démissionner deux mois plus tard. Depuis, Paris a présenté des excuses officielles, versé des indemnités et les essais atomiques ont cessé en 1996.

Edwy Plenel, qui avait révélé dans Le Monde l’implication de nageurs de combat chargés de déposer les explosifs, se sent comme un «vieux shérif» en réalisant cette interview. «Lui est du côté du secret d’État, nous du droit de savoir. Et trente ans après, qui trouve-t-il pour laver son honneur? Nous», dit-il à l’AFP. Pour lui, il ne reste qu’une «petite part de mystère»: le niveau de connaissance de François Mitterrand, qui était au courant de l’opération selon l’amiral Pierre Lacoste, patron à l’époque de la DGSE. «A quel point savait-il que l’opération allait être si violente?».

AFP

Source : Libération, 6 septembre 2015.

 



Idée de lecture : "La transition fulgurante"

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L'hypothèse avancée par cet essai est la suivante : plus qu'une crise, nous vivons une transition fulgurante d'un ancien monde vers un monde nouveau. Personne n'est en mesure de prévoir avec exactitude la nature de cette transformation, tant sa vitesse est sans précédent. Cette fulgurance provient de la combinaison d'une nouvelle révolution techno-scientifique, d'un nouveau paradigme des modes de coopération entre les hommes et les machines, et d'une transition vers une économie plus créative.
Pierre Giorgini décrit avec clarté les articulations de cette transformation, les effets de cette « fulgurance » sur nos modes de vie et de pensée. Mais ce livre est avant tout orienté vers l'espoir d'un monde nouveau, dans lequel certes la place de l'homme sera brutalement modifiée mais en même temps chacun sera appelé à se faire co-responsable du changement notamment en tant qu'acteur de différentes communautés interconnectées.
Ce monde digital, mondialisé, aux connexions ultra rapides, dans lequel les tâches de gestion rationnelle des données seront de plus en plus automatisées, peut non seulement conduire à une productivité considérable mais surtout à donner une importance jamais égalée aux tâches mobilisant créativité et innovation.
« L'homme n'est plus seulement client de serveurs de données et d'informations, il est à la fois source et destinataire de celles-ci. La notion même de société organisée est déplacée. L'exercice de la subjectivité et de l'imaginaire pourrait être bouleversé et poser également la question du devenir du sujet. »


Pierre Giorgini, ingénieur, spécialiste des télécommunications, est président-recteur de l'Université catholique de Lille. Il a été auparavant directeur délégué de France Télécom Recherche et Développement, à la tête de 4000 chercheurs.


 

"La transition fulgurante", Pierre Giorgini, Editeur : Bayard, Date de parution : 18/09/2014, Ean : 9782227487604,19 x 14.5 cm, 408 pages.






02.09.2015

Non, les migrants ne sont pas un fardeau !


migrants

Une Syrienne et sa fille, à leur arrivée à Lesbos, en Grèce, le 18 juin. (Photo Louisa Gouliamaki. AFP)

C’est parce que l’extrême droite a réussi à imposer l’idée que l’immigration était un problème que les migrants sont rejetés par les Européens. Et si l’on changeait d’angle et qu’on y voyait plutôt une force ?

L’arrivée massive de migrants s’impose comme l’une des questions majeures dans l’Europe des années à venir. Les journaux s’affolent, les compteurs explosent, les bureaux d’études s’inquiètent : cette année, le nombre de migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l’Europe pourrait même atteindre le chiffre de 100 000. Cent mille personnes qui arrivent sur un territoire peuplé de 500 millions d’habitants… Et ce serait un problème que d’accueillir une personne pour 5000 habitants, dans l’Europe d’aujourd’hui ?

Si nous percevons cette question comme un problème, c’est parce que nous sommes aveuglés par les thèses des partis d’extrême droite. Depuis plusieurs décennies, ils ont réussi à instiller dans tous les esprits - y compris hélas dans ceux des hommes politiques de tous bords aveuglés par l’enjeu de court terme de la prochaine élection - une vision faussée des migrants, nourrie par la peur.

Que s’est-il donc passé au cours des trois dernières décennies pour que notre regard change à ce point ? Avons-nous oublié la mobilisation pour les boat people et la démarche conjointe, en juin 1979, des philosophes Sartre et Aron, réconciliés autour de cet enjeu, lorsqu’ils vinrent demander au président Giscard d’Estaing un accueil décent pour les réfugiés du Vietnam ?

Certes, la situation économique a bien changé depuis les années 70, et la montée du chômage de masse a contribué à alimenter la peur de l’immigration. Pourtant, craindre ainsi l’arrivée des migrants, c’est ignorer que, dans les sociétés modernes, les ressources ne sont pas un gâteau à partager, mais qu’elles sont bien plutôt créées par les hommes, à partir de leurs propres idées, de leurs propres inventions, de leurs propres besoins : les terres d’immigration sont bien souvent des terres d’avenir - que l’on songe à la Californie.

Non, les migrants ne viennent pas nous envahir, ni manger notre pain, ni prendre notre travail, ni piller nos ressources. Ce sont des êtres humains dignes, extraordinairement courageux, qui ont dû abandonner leur pays d’origine, face à la situation désespérée qui y a été créée par la guerre ; ce sont donc très majoritairement des hommes et des femmes confiants dans nos démocraties, et des adversaires résolus de ces obscurantistes qui, chez eux, alimentent les conflits qui les font fuir. De plus, à l’instar des précédentes générations de migrants qui ont enrichi notre pays au cours des siècles précédents, ils représentent, pour l’Europe de 2050, un immense potentiel d’idées, de volontés, d’énergies et de ressources. Est-il besoin de rappeler le nom de tous ces immigrés qui ont construit la France d’aujourd’hui et dont la liste prendrait des volumes ? On y trouve des scientifiques comme Marie Curie, Georges Charpak, Alexandre Grothendieck, des écrivains tels que Samuel Beckett ou Milan Kundera, des artistes comme Pablo Picasso ou Marc Chagall, sans parler des chefs d’industrie, des sportifs, des hommes politiques, et tous ceux qui, sans faire la une des journaux, ont su créer leur propre territoire d’insertion.

Les chercheurs le savent bien : face à une question difficile, c’est bien souvent grâce à une modification radicale de l’angle d’approche que commence à naître une voie vers la solution. Ainsi, modifier le regard que nous portons sur ces migrants, et considérer qu’ils ne sont pas un fardeau à subir ou à partager, mais bien plutôt une force pour l’Europe, tel me semble être le point de départ indispensable aujourd’hui. Alors, seulement, pourra être initiée la complexe mise en place de structures d’accueil pour ces hommes et ces femmes, en leur faisant confiance, en les laissant travailler et s’organiser. C’est en éliminant cette vision faussée sur l’immigration - tel un poison qui a pénétré à notre insu au cœur des pays européens - que nous ouvrirons un futur à nos sociétés. Ainsi peut-être parviendrons-nous alors à leur donner à nouveau un sens et redeviendrons-nous également un peu plus humains. Il y a urgence.

Marc MÉZARD Physicien

Source : http://www.liberation.fr/societe/2015/07/13/non-les-migrants-ne-sont-pas-un-fardeau_1347380




01.09.2015


Soutien à Alain Noël Njiokem Nkwatchou et Bernard Fondjio

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Communiqué de l'Assemblée des Citoyens du Monde

 

Alain Noël Njiokem Nkwatchou, âgé de 39 ans, est un citoyen du monde très actif de nationalité camerounaise. Depuis le 24 avril 2015, il est privé de liberté, incarcéré à la prison centrale de Nkongsamba.

 

Dans le cadre d'une activité en lien avec une entreprise sise à Washington, un différend administratif et commercial avec un ou plusieurs clients a abouti à une plainte déposée contre Messieurs Alain Noël Njiokem Nkwatchou et son associé Bernard Fondjio.

 

L'Assemblée des Citoyens du Monde n'est pas concernée par cette affaire, mais a néanmoins été interpellée par plusieurs Citoyens du Monde de Nkongsamba.

 

Au cours de ces quatre mois, malgré diverses initiatives, l'Assemblée des Citoyens du Monde n'a eu accès à aucune pièce du dossier que ce soit des forces de l'ordre, de la magistrature ou des avocats, si bien que l'institution a été empêchée de contribuer utilement et efficacement à la défense.

 

Informé de la condamnation à de lourdes peines prononcée contre les inculpés,

 

l'Assemblée des Citoyens du Monde dans le respect de l'état de droit et de la fierté du peuple Camerounais :

 

  • souhaite que l'entreprise sise à Washington prenne toutes dispositions utiles et nécessaires pour soutenir un éventuel appel des condamnés pour un nouveau procès et agisse pour que les temps d'incarcération soient les plus brefs possible ;
  • apporte son soutien moral aux condamnés ainsi qu'à leurs familles ;
  • prie l'administration pénitentiaire de Nkongsamba, malgré ses faibles moyens, de veiller à la santé et à la sécurité de Messieurs Alain Noël Njiokem Nkwatchou et Bernard Fondjio ainsi que de leurs codétenus ;
  • réaffirme sa confiance envers ses membres collaborateurs ;
  • encourage les Citoyens du Monde, les associations, les territoires et les journalistes qui ont reçu des responsables locaux des citoyens du monde les messages de citoyenneté, de fraternité et de solidarité de poursuivre le travail et les efforts qui se réfèrent à ces valeurs de la citoyenneté mondiale ;

 

Fait en France, le 22 août 2015
signé : Roger Winterhalter
Porte-parole de l'Assemblée.


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